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Des rebelles syriens traversent la frontière turque pour combattre les Kurdes

Syrie

L'armée a repris Kinsaba, un fief des rebelles dans le nord de la province de Lattaquié, permettant au régime de se rapprocher de la ville stratégique de Jisr al-Choughour dans la province d'Idleb.

OLJ/AFP
18/02/2016

Quelque 500 rebelles syriens se préparaient jeudi à rejoindre la ligne de front dans la province septentrionale d'Alep après avoir franchi la frontière turque pour renforcer les rangs des insurgés face aux forces kurdes.

Ces combattants se trouvaient en milieu de journée à Azaz, bastion rebelle situé près de la frontière, après avoir pénétré mercredi en Syrie par le poste-frontière de Bab al-Salama, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Ils devraient se retrouver bientôt face aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde largement dominée par les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui se sont emparées de plusieurs localités qui étaient contrôlées par les rebelles dans le nord de la province d'Alep. L'avancée des FDS a alarmé la Turquie qui les bombarde depuis samedi.

La province d'Alep est désormais partagée en plusieurs bandes depuis la frontière turque: les rebelles sont au nord, talonnés par les kurdes plus au sud, puis ensuite se trouvent les prorégime qui contrôlent la majorité sud de la province, alors que le groupe jihadiste Etat islamique (EI) contrôle des secteurs à l'est. La ville d'Alep est partagée entre insurgés et forces gouvernementales.

 

(Lire aussi : Erdogan : « Pas question d'arrêter » les frappes contre les milices kurdes de Syrie)

 

Selon l'OSDH, les nouveaux combattants munis d'armes appartiennent à une mosaïque de groupes rebelles et islamistes notamment à Faylaq al-Cham (Légion du Levant).
"En fait ils sont venus de la province (mitoyenne) d'Idleb et de l'ouest de la province d'Alep. Ils ont pénétré en Turquie par le poste-frontière d'Atmé pour revenir en Syrie par Bab al-Salama afin d'éviter les territoires tenus par les kurdes ou le régime", a expliqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Pour l'expert sur la Syrie, Thomas Pierret, Faylaq al-Cham est la "branche militaire officielle des Frères musulmans, proche de la Turquie". Selon lui, ils vont pouvoir renforcer Azaz mais il leur sera difficile de reprendre les secteurs pris par les FDS.
"Ces renforts peuvent contribuer à empêcher la chute d'Azaz, mais eu égard à l'appui aérien russe dont bénéficient les YPG, je doute que ces derniers puissent être chassés de l'essentiel des positions conquises ces derniers jours", a-t-il dit à l'AFP.

Même si les FDS nient coordonner leurs opérations avec les russes, il est clair que les frappes russes les aident considérablement tout comme elles assistent de manière déterminante le forces du régime dans leur offensive plus au sud. Les Kurdes essaient de s'emparer de toute la bande frontalière au sud de la Turquie pour établir une région autonome au grand dam d'Ankara.

 

(Lire aussi : « Une intervention terrestre turque en Syrie serait pour Erdogan une erreur fatale »)

 

Par ailleurs, les FDS, qui ont lancé mardi une offensive dans la province de Hassaké (nord-est), se sont emparées de 15 villages aux mains des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et ne se trouvent plus qu'à une trentaine de km de Chadadi, un fief des extrémistes dans cette région désertique, selon l'OSDH.

Ils ont coupé deux routes importantes utilisées par l'EI pour transporter des munitions et des hommes: l'une reliant Chadadi à Mossoul en Irak et l'autre entre Chadadi et Raqqa, capitale de facto du "califat" autoproclamé de l'EI. En outre, face à cette avancée, les familles des combattants de l'EI quittent Chadadi vers Deir Ez-Zor au nord-est, selon l'OSDH.

Ailleurs dans le pays en guerre, la télévision d'Etat syrienne a annoncé que l'armée avait repris Kinsaba, un fief des rebelles dans le nord de la province de Lattaquié (ouest), une avancée qui permet au régime de se rapprocher de la ville stratégique de Jisr al-Choughour, dans la province d'Idleb, perdue en avril.

Selon une source militaire syrienne sur le terrain, depuis octobre, grâce à l'appui de l'aviation russe, les forces du régime ont pris le contrôle de 750 km2 dans le nord de la province de Lattaquié et il ne reste aux rebelles que 135 km2 soit 18% de ce territoire.

 

 

 

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