La Commission européenne a légèrement abaissé jeudi ses prévisions économiques pour 2016, pointant des risques accrus, comme le ralentissement dans les pays émergents, dont la Chine, et s'inquiétant d'une suspension généralisée de l'espace Schengen en raison de la crise migratoire.
Dans ses prévisions d'hiver, la Commission table désormais sur une croissance de 1,7 % cette année dans la zone euro, après 1,6 % en 2015. Le 5 novembre dernier, dans son rapport d'automne, elle prédisait 1,8 % en 2016. Pour 2017, sa prévision reste inchangée : 1,9 %. Pour l'ensemble de l'UE, elle table désormais sur une croissance de 1,9 % en 2016 et de 2,0 % en 2017, soit un peu moins bien qu'à l'automne (2,0 % en 2016 et 2,1 % en 2017).
« La croissance modérée que connaît l'Europe est de plus en plus confrontée à un nombre croissant de vents contraires émanant du ralentissement des marchés émergents, tels que la Chine, de la faiblesse des échanges mondiaux et des tensions géopolitiques dans le voisinage de l'Europe », a analysé le Letton Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission. « L'économie européenne parvient à surmonter de nouveaux défis cet hiver, grâce à un pétrole bon marché, au taux de change de l'euro et à la faiblesse des taux d'intérêt. Néanmoins, la dégradation du contexte mondial constitue un risque face auquel nous devons redoubler de vigilance », a renchéri le Français Pierre Moscovici, commissaire pour les Affaires économiques.
Dans son rapport, la Commission met aussi en exergue les risques de la fin de la libre-circulation dans l'espace Schengen où les contrôles aux frontières sont normalement abolis pour les voyageurs dans 26 pays, dont 22 de l'UE. Cette libre-circulation est remise en cause par une crise migratoire sans précédent depuis 1945. « Une suspension plus généralisée de Schengen et des mesures mettant à mal les réalisations du marché intérieur pourraient avoir potentiellement un impact perturbateur sur la croissance économique », prévient-elle.
Quant à l'inflation dans la zone euro, la Commission se montre également plus pessimiste qu'à l'automne 2015 : elle mise désormais sur 0,5 % en 2016, contre un pronostic de 1 % en novembre dernier (elle avait été nulle en 2015).
Ce chiffre est bien en deçà de l'objectif d'un peu moins de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE) qui s'efforce pourtant depuis des mois de relancer la croissance et les prix.
Jeudi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a d'ailleurs mis en garde contre le risque pour son institution « d'agir trop tard » pour faire repartir l'inflation en zone euro, alimentant les spéculations sur l'imminence d'un nouveau geste.
En 2017, selon la Commission, « l'inflation devrait progressivement remonter et atteindre 1,5 %, lorsque la hausse des salaires, l'augmentation de la demande intérieure et une progression modérée des prix du pétrole accentueront les tensions sur les prix ».
Sur le front de l'emploi, la situation continue de s'améliorer, même si les taux de chômage devraient diminuer plus lentement qu'en 2015, selon la Commission : après 11 % en 2015, le chômage tombera à 10,5 % en 2016 et 10,2 % en 2017. Dans l'UE, il devrait passer de 9,5 % l'an passé à 9,0 % cette année et 8,7 % en 2017.
(Source : AFP)
Économie - Conjoncture
Pourquoi Bruxelles s’inquiète pour la croissance européenne
OLJ / le 05 février 2016 à 00h00


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