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Nos lecteurs ont la parole - Prof. Jean-Marie Megarbané

De 1975 à 2016 : 41 ans et le Liban va de mal en pis...

À l'heure où le Liban de la civilisation a transformé le langage de l'homme en coups de canon ; à l'heure où le Liban de l'ouverture est refermé sur ses propres frontières amputées ; à l'heure où le Liban de la paix et du dialogue est déchiqueté dans ses entrailles par la haine ; à l'heure où le Liban de la culture et de la science est bafoué par la médiocrité que certains lui imposent ; à l'heure où le Liban de la jeunesse a exporté une grande partie de ses forces vives sans pouvoir les importer à nouveau ; à l'heure où le Liban du tourisme est privé de la manne humaine étrangère nécessaire à la survie de ses établissements ; à l'heure où le Liban des finances tente de retrouver son équilibre à travers une restructuration économique ;
à l'heure où le Liban du droit et de la justice fait partie d'un mythe que tout un peuple veut revivre ;
à l'heure où le Liban de l'Exhortation apostolique s'efforce d'être un message que des axes régionaux lui refusent ; à l'heure où le Liban de la citoyenneté est transformé en poubelle géante renfermant aussi bien des hommes que leurs déchets ; à l'heure où le Liban de la transparence se trouve envahi par une corruption imposée par certains et sans cesse boulimique ; à l'heure où le Liban de la mémoire a sacrifié sur l'autel de l'oubli des milliers de victimes innocentes résultant de guerres intestines ; à l'heure où le Liban de la gouvernance erre comme un bateau ivre, à deux doigts du naufrage, sans commandant à bord ; à l'heure enfin où le Liban de la convivialité profite d'une sympathie internationale rarement autant exprimée : nous avons voulu publier ce texte, fruit d'une cogitation, en 1989, de deux mois dans une cave pour s'abriter d'une guerre fratricide et qui prouve une fois de plus que non seulement rien n'a changé mais que le pire peut encore arriver et nous guette sans cesse.

Photo Abbas Sabbagh

Plaidoyer d'un citoyen indépendant au-dessus de tout soupçon en quête de... dépendance

Il était une fois un petit lopin de terre dite « d'encens et de miel » dont l'appellation – Phénicie-Mont-Liban-Petit Liban ou Liban tout court – ne cessa de subir des variations tout au long de son histoire tumultueuse au fur et à mesure que les diverses armées des plus barbares aux plus civilisées y débarquaient. Malgré les massacres et les avatars de chaque invasion, ses habitants, les Libanais, profitaient de chaque situation pour en tirer le meilleur tels le mélange des races et des cultures, l'apprentissage des langues, l'émigration, la facilité d'adaptation, le
commerce.
Après tout ce déferlement passager d'étrangers sur cette terre bénie, pays du Cèdre, les autochtones libanais mus par un sens profond de nationalisme crièrent à l'indépendance et ils l'eurent.
À l'époque, une célèbre phrase avait résumé la situation du Liban indépendant : « Deux négations ne font pas une nation. » Les seigneurs du Liban des deux négations, mais indépendant quand même, organisèrent une grande fête avec un énorme gâteau à la taille du pays qu'ils se partagèrent avec leurs partenaires de tout acabit plus ou moins équitablement en prenant bien soin d'en avoir assez jusqu'à leurs enfants, petits-enfants et
arrière-petits-enfants.
Les citoyens ordinaires, quant à eux, étaient déguisés dans cette grande fête en pâtissiers ad vitam aeternam. Certains citoyens, grâce à leur superpouvoir d'adaptation, finirent par comprendre quand même les règles du jeu : pour manger du gâteau, il fallait utiliser soit les armes, soit la ruse, soit un mélange savamment dosé de tout cela. Il y avait de plus en plus de seigneurs et de moins en moins de citoyens. La fête risquait de prendre fin : c'est alors que les seigneurs anciens et nouveaux décidèrent de s'éliminer, les parts du gâteau devenaient trop petites. La célèbre phrase de l'indépendance se trouvait largement dépassée, et on pourrait surenchérir aujourd'hui en disant : « Une douzaine de négations ne font pas une nation.» Ou mieux encore: «Une douzaine de nations en font une négation. » Les enchères sont encore largement ouvertes...
Et les citoyens dans tout cela ?
Terres dans des abris de fortune sans électricité, sans chauffage, sans eau, sans nourriture, sans téléphone, ils subsistent grâce une radio (dernier modèle) qui les relie tour à tour à « La voix du Liban de la liberté et de la dignité » (et les autres ?), à « La voix du Liban libre » (libre de quoi ?), à « La voix de la montage » (est-ce la voix de son maître ?), à « La voix de la vérité » (quelqu'un l'a-t-il trouvée ?), à « La voix du peuple » (lequel ?), à « La voix de la nation » (a-t-elle jamais existé ?) et enfin aux deux voix « légales » de la radio libanaise. Version 1 : (à l'Ouest, relique du Liban d'antan), sous protectorat. Version 2 : (à l'Est, la dernière-née) soi-disant 100 % indépendante.
Bref, une situation où les voix radiophoniques se multipliaient de plus en plus jusqu'à contribuer avec les différentes chaînes de télévision et grâce aux groupes électrogènes à créer un spectacle grandiose de « son, image et lumière ». Certes ! Si toutefois cette multiplication de voix, selon qu'elle soit dominée par la voix tonitruante des canons ou par la voix cristalline des vitres, n'engendrait pas une équation mathématique ahurissante et unique en son genre, à savoir une soustraction totale ou partielle du citoyen dit indépendant.
Et la démocratie alors ? Terrés dans des abris de fortune, sans électricité, sans chauffage, sans eau, sans nourriture, sans téléphone, les Libanais survivent... avec leurs 6 000 ans d'histoire et de civilisation, leur alphabet exporté ainsi qu'un passé qui a transformé les qualités en défauts et les défauts en qualités. Et si l'individualisme, l'affairisme, le mercantilisme, le m'enfoutisme et l'exhibitionnisme sont les qualités-défauts qui peuvent faire de la majorité des citoyens libanais des indépendants, elles n'en font pas moins de la « nation libanaise » une anarchie totale.
En tout état de cause et après avoir soufflé la 25e bougie d'anniversaire des événements du Liban et qu'il s'agisse d'une guerre des Libanais entre eux ou d'une guerre des autres au Liban jusqu'à la résolution complète des conflits du Moyen-Orient, une seule recette quant à moi subsiste : « Les Petites
Annonces ».
« Peuple en détresse, soi-disant indépendant, mais otage de fait, recherche d'urgence nation civilisée au vrai sens du terme, démocratique de préférence, ayant déjà fait ses preuves avec certificat de garantie pour prise en charge et adoption immédiate jusqu'à... maturité. »

Plaidoyer d'un citoyen indépendant au-dessus de tout soupçon en quête de... dépendance
Il était une fois un petit lopin de terre dite « d'encens et de miel » dont l'appellation – Phénicie-Mont-Liban-Petit Liban ou Liban tout court – ne cessa de subir des variations tout au long de son histoire tumultueuse au fur et à mesure que les diverses armées des plus barbares aux plus civilisées y débarquaient. Malgré les massacres et les avatars de chaque invasion, ses habitants, les Libanais, profitaient de chaque situation pour en tirer le meilleur tels le mélange des races et des cultures, l'apprentissage des langues, l'émigration, la facilité d'adaptation, lecommerce.Après tout ce déferlement passager d'étrangers sur cette terre bénie, pays du Cèdre, les autochtones libanais mus par un sens profond de nationalisme...
commentaires (3)

"Peuple en détresse, soi-disant indépendant, mais otage de fait, recherche d'urgence nation civilisée au vrai sens du terme, démocratique de préférence, ayant déjà fait ses preuves avec certificat de garantie pour prise en charge et adoption immédiate jusqu'à... maturité." ! Pourquoi pas un Nouveau Mandat.... Français ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

15 h 10, le 29 janvier 2016

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Commentaires (3)

  • "Peuple en détresse, soi-disant indépendant, mais otage de fait, recherche d'urgence nation civilisée au vrai sens du terme, démocratique de préférence, ayant déjà fait ses preuves avec certificat de garantie pour prise en charge et adoption immédiate jusqu'à... maturité." ! Pourquoi pas un Nouveau Mandat.... Français ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 10, le 29 janvier 2016

  • LE BORDEL DE MADAME CLAUDE ÉTAIT PLUS ORGANISÉ !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 59, le 29 janvier 2016

  • "Malgré les les avatars de chaque invasion, ces Libanaiiis(h) profitaient de chaque invasion pour en concocter le pire tels le mélange des genres (il n'y a qu'une seule humaine race), le baragouinage des langues, l'émigration, l'opportunisme et surtout le commerce etc." ! Oui, bon, mais quid de la "bâtardise" ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    14 h 39, le 29 janvier 2016

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