L'important est que le Liban ne perde pas !
L'initiative courageuse de Meerab, quoique bien tardive (Geagea l'avait combattue quand elle était encore possible au temps du flirt Aoun-Hariri !), a certes répandu un air d'euphorie dans certains milieux chrétiens. On y a perçu l'espoir de retrouver une efficience perdue du rôle des chrétiens dans la vie nationale et politique du pays, pouvant leur permettre de rejouer leur rôle historique dans la pérennité du Liban-message.
Cependant, la réalité est que le Liban se trouve dans une situation extrêmement dangereuse : son entité est menacée et son État risque de ne plus exister.
Pas d'exagération. Point d'intimidation. Cette perception de la réalité qui est la mienne n'est pas nouvelle. Je l'avais exposée à maintes reprises aussi bien dans des articles précédemment publiés que dans mes prestations télévisées ou radiodiffusées.
Ainsi, pour moi, le critère principal pour juger cette initiative se résume par la question suivante : est-elle une planche de salut pour sortir le Liban de son statut de non-État qui lui permettrait de reconstruire un pouvoir étatique à travers le compromis du possible ? Le but ultime étant de permettre au Liban de perdurer face aux dangers de l'intérieur et de l'extérieur.
Je réponds sans hésiter par ce qui suit : ni les sunnites, ni les chiites (en dépit des allégations du Hezbollah), ni les druzes accepteraient Michel Aoun en tant que président de la République.
Il est clair aussi que l'équation Frangié, président de la République, et Hariri, chef du gouvernement, est la seule possible dans la conjoncture actuelle, et reflète au mieux le véritable rapport de force, nonobstant les positions manœuvrières émanant d'un parti ou d'un autre.
De plus, les puissances étrangères et régionales sont trop engagées dans l'initiative Hariri pour opérer aussi allègrement un changement de cap.
Ainsi, il est exigé des deux leaders chrétiens Aoun et Geagea de s'ouvrir sur les autres forces chrétiennes pour les rassurer d'une alliance qui ne viserait pas à asseoir leur hégémonie sur la scène politique chrétienne.
Plus important encore : les deux leaders devraient utiliser le momentum de leur initiative pour appuyer l'équation Frangié-Hariri et sceller un accord avec Sleiman Frangié, dans le but de conforter une participation effective et paritaire des chrétiens au sein de l'État et par suite de leur permettre de rejouer leur rôle historique dans la sauvegarde de l'entité libanaise.
D'aucuns s'étonneront de ma naïveté politique, l'essence de la politique étant la lutte pour le pouvoir.
À cela, ma réponse peut paraître simpliste : si Aoun ne se démet pas de lui-même de sa candidature à la présidence de la République – qui est son droit naturel et tout à fait légitime – et s'il ne le troque pas contre le rôle bien plus difficile et prestigieux de sauveur du Liban, si Geagea continue de barrer la route au compromis possible sans présenter une alternative réelle et réalisable, le pays du Cèdre finira par ne plus exister en tant qu'État et entité. Par conséquent, la participation chrétienne au pouvoir sera dénudée de son essence. Ni Geagea, ni Aoun, ni quiconque ne serait alors en mesure de jouir de n'importe quel pouvoir étatique. Ils en seront de facto écartés.
Toufic HINDI


Ainsi la solution serait Frangieh ! Et pourquoi pas alors aSSad aussi, mais pour la Syrie ? C'est c'la, non ? Merci.
09 h 44, le 23 janvier 2016