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À La Une - France

Plus de trois ans après sa défaite, Sarkozy fait son mea culpa

L'ex-président de droite fait l'inventaire de ses années au pouvoir et admet des "erreurs", dans un livre à paraître lundi.

La défaite de 2012 "me conduit à analyser ce que j'aurais dû faire différemment, à la fois dans la conduite des réformes et dans l'exercice de la fonction présidentielle", reconnaît l'ex-président français, Nicolas Sarkozy. AFP / PASCAL GUYOT

Plus de trois ans après avoir quitté le pouvoir, l'ex-président français de droite Nicolas Sarkozy fait l'inventaire de son mandat dans un livre où il admet des "erreurs", un mea culpa qui intervient sur un chemin semé d'obstacles pour la présidentielle de 2017.

La défaite de 2012 face au socialiste François Hollande "me conduit à analyser ce que j'aurais dû faire différemment, à la fois dans la conduite des réformes et dans l'exercice de la fonction présidentielle", explique l'ex-chef de l'Etat (2007-2012) dans cet ouvrage intitulé "La France pour la vie" (éditions Plon) dans lequel il avance aussi des propositions pour "redresser" la France.

En difficultés depuis son retour en politique fin 2014, le chef du parti Les Républicains, bientôt 61 ans, tente depuis des mois de convaincre son camp qu'il est l'homme providentiel pour 2017. Avant cette échéance, il sera cependant confronté fin 2016 à une primaire voulue par ses rivaux, notamment l'ex-Premier ministre Alain Juppé, favori et dont la popularité en France surpasse la sienne.
"Avec ce livre, Nicolas Sarkozy ne rédige pas ses Mémoires, il propose un examen de soi en vue d'un éventuel retour au pouvoir", souligne vendredi le quotidien conservateur Le Figaro.

Côté politique, l'ex-président dit regretter "d'avoir retardé des réformes qui auraient dû être engagées dès les premiers jours de (son) quinquennat". Il évoque ainsi la modification du temps de travail hebdomadaire réglementaire fixé à 35 heures, qu'il avait résumé d'une formule contestée : "Travailler plus pour gagner plus".

Côté personnalité, Nicolas Sarkozy, jugé clivant par ses détracteurs, regrette d'avoir "cédé à la colère" lorsqu'il avait lancé à un homme qui l'avait insulté un retentissant "casse-toi pauvre con". Cette phrase avait été perçue comme un affaiblissement notoire de la fonction présidentielle.

 

(Pour mémoire : Le "ni fusion, ni retrait" de Sarkozy contesté jusque chez les Républicains)



Affaires judiciaires
"Lorsque l'on veut devenir président, on se doit de considérer, de respecter et de s'intéresser à chacun", reconnaît-il dans son livre à paraître lundi, qui vient concurrencer plusieurs ouvrages récemment publiés par plusieurs ténors de son camp.

Nicolas Sarkozy regrette aussi d'avoir fêté sa victoire en 2007 dans l'un des restaurants les plus huppés de la capitale et être parti en vacances tout de suite après son élection sur le yacht luxueux d'un ami milliardaire. Ces choix avaient été très mal perçus dans une France en crise économique.
Il explique aujourd'hui avoir pensé à l'époque d'abord "au sauvetage de (sa) famille", c'est-à-dire de son couple formé avec Cécilia, qui divorcera peu après. "J'aurais dû anticiper, me méfier, faire passer mon nouveau statut présidentiel avant toutes choses", admet celui qui fut aussi critiqué ensuite pour avoir étalé sa vie privée avec la chanteuse et mannequin Carla Bruni.

S'il franchit avec succès le cap de la primaire, son chemin vers le prochain scrutin présidentiel pourrait toutefois être contrecarré par une série d'affaires judiciaires dans lesquelles son nom est cité.
Il est notamment inculpé pour corruption et trafic d'influence actifs dans un dossier où il est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir fin 2013-début 2014 des informations couvertes par le secret auprès d'un magistrat contre promesse d'un poste de prestige.

Dans son livre, Nicolas Sarkozy évoque un autre dossier: citant Bygmalion, cette entreprise de communication qui s'est occupée de sa campagne présidentielle et dont les surfacturations ou fausses factures valent à plusieurs de ses proches d'être inculpés, l'ex-président assure qu'il ne "connaissait rien de cette société".
Le temps de la justice n'étant pas toujours le temps politique, Nicolas Sarkozy se place dans la perspective d'une non-reconduction de François Hollande en multipliant dans son livre les propositions (Europe, immigration, fiscalité, retraite...) pour redresser la France.

Evoquant les débats en France aujourd'hui, notamment sur la déchéance de nationalité pour tous les binationaux, il se targue d'avoir anticipé les orientations actuelles : "Avoir raison avant l'heure n'est pas nécessairement avoir tort".

Parmi les premières réactions, François Bayrou, président du parti MoDem (centre-droit) s'est néanmoins interrogé vendredi: "Est-ce qu'il suffit de dire +Je me suis trompé à peu près sur tout+ pour avoir raison à peu près sur tout?"
Certains responsables socialistes ont mis en cause de leur côté la "sincérité" de l'ex-président qui n'a pas eu "la moindre contrition" après sa défaite.

 

 

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commentaires (2)

La MEA n'as pas cette destination...

M.V.

12 h 55, le 23 janvier 2016

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Commentaires (2)

  • La MEA n'as pas cette destination...

    M.V.

    12 h 55, le 23 janvier 2016

  • Si comme le veulent les décideurs pour la France et on sait qui ils sont, il faudrait que le pouvoir fasse la navette entre gens du système bonnet blanc et blanc bonnet, il serait souhaitable que Sarkozy revienne aux affaires parce que malgré tout il a une liberté d'expression et d'action que tous les autres n'ont pas , surtout le chauve de Bordeaux.

    FRIK-A-FRAK

    13 h 04, le 22 janvier 2016

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