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Campus - Portrait

Mohammad Alameh, l’enseignement comme vocation

Mohammad Alameh et ses élèves.

Diplômé en génie mécanique de l'AUB, Mohammad Alameh s'est engagé, pendant deux années, à enseigner aux enfants les plus défavorisés en utilisant de nouvelles techniques d'apprentissage.
Rien ne le destinait à devenir professeur pourtant, une fois son diplôme en poche, Mohammad Alameh décide de suivre en 2014 les formations proposées par « Teach for Lebanon » (TFL), une ONG fondée en 2008, qui lutte sur le plan local contre l'inégalité scolaire. « Le programme de TFL propose à de jeunes diplômés, provenant de différents milieux universitaires, d'être cadrés pendant six semaines pour pouvoir enseigner pendant deux années dans des écoles défavorisées, réparties sur différentes régions libanaises », explique le jeune homme. Mohammad Alameh, 24 ans, va, à la grande surprise de son entourage, quitter Beyrouth, où il a toujours vécu, pour être professeur de mathématiques à plein temps à la Saida Generations School et devenir bénévole à la Sidon Orphan Welfare Society. « J'ai toujours aimé apprendre des choses aux autres et, même si je n'ai pas entrepris des études universitaires pour devenir professeur, je me suis senti capable, grâce à ma formation, de faire du bon travail dans une école », ajoute Mohammad Alameh. Une fois sur place, il va prendre très à cœur son nouveau métier qu'il exerce auprès d'enfants faisant face à des difficultés scolaires, sociales et économiques. « Il m'a fallu du temps pour prendre mes marques et apprendre à gérer ma classe, avoue-t-il. Ce qui me porte, c'est la volonté d'œuvrer pour donner à mes élèves le goût et les moyens d'apprendre. »

L'innovation dans l'éducation
« Malgré le défi personnel et professionnel que représentait le fait de travailler avec mes classes, j'étais déterminé à saisir l'opportunité d'apporter un changement positif dans la vie de ces jeunes vivant dans des conditions précaires et parmi lesquels il y a plusieurs orphelins », confie Mohammad. Créatif, motivé et à l'écoute des autres, le jeune homme décèle chez ses élèves un intérêt pour la technologie. Il décide alors, en plus des cours de mathématiques qu'il assure, de lancer un club d'initiation à l'ingénierie mécanique à l'Orphan Welfare Society où il accueille ses élèves en dehors des horaires scolaires. « The Mechanical Engineering Club », un projet éducatif pour les écoliers, unique en son genre au Liban, est né. « Les membres et moi-même avons défini notre mission et les valeurs du club. Nous avons réparti les tâches afin de finaliser des projets à temps, de suivre notre calendrier. Les élèves ont également conçu leur propre logo et réclamé une salle d'activités privée à l'orphelinat », souligne Mohammad. Cette initiative va jusqu'à séduire les élèves les plus réticents, âgés de 8 à 13 ans, qui commencent, au fil des semaines, à s'intéresser de près aux activités proposées par leur professeur.
Au programme, construire d'abord un jeu de plateau électrique avec une ampoule qui s'allume lorsqu'une correspondance est établie entre deux éléments, comme lorsque l'enfant associe correctement l'image d'un organe du corps humain à son nom. Ensuite, Mohammad a voulu sensibiliser son groupe au problème du réchauffement climatique. « J'ai demandé à mes élèves de faire des recherches afin que l'on puisse concevoir et construire ensemble des modèles de moulins à vent, de producteurs d'hydroélectricité et de fours solaires. Ces projets ont été très difficiles pour eux, mais ma détermination à poursuivre le travail leur a donné le sentiment que rien n'est impossible », ajoute le jeune homme.
Ce travail au sein du club de génie mécanique, Mohammad le fait bénévolement. Il donne de son temps et de son budget pour apporter une partie du matériel et transmettre sa passion à ses élèves. Les proches, les parents et le personnel de l'orphelinat ont tous été surpris par tout ce que ces élèves, pour qui ils n'avaient pas de grands projets, ont été en mesure d'accomplir. Ces derniers sont fiers de pouvoir partager leurs nouvelles connaissances et leurs expériences avec leur entourage, et certains formulent déjà le projet d'aller à l'université une fois leur scolarité achevée.

Une expérience de vie
« Je suis ravi de voir que les priorités de mes élèves ne sont plus de jouer au football et aux jeux vidéo ou de traîner dans les quartiers dangereux de Saïda, mais d'acquérir des connaissances et de devenir de jeunes inventeurs », raconte avec émotion Mohammad. Le jeune homme note également que ce club leur a appris à se respecter les uns les autres et à réaliser qu'il faut acquérir des compétences et travailler pour pouvoir réaliser leurs rêves. « Tous les jeunes diplômés qui ont intégré Teach for Lebanon ont cette même mission, permettre aux écoliers défavorisés d'accéder à une éducation de qualité pour qu'à long terme les inégalités soient éliminées », rappelle l'enseignant.
Cette année, avec les membres du club d'ingénierie mécanique, Mohammad a décidé d'explorer le monde de la robotique. Il compte sur les dons attribués à TFL pour se procurer le matériel dont il a besoin. Le club continuera à exister à Sidon Orphan Welfare Society lorsque la mission du jeune professeur touchera à sa fin en juin 2016. Les élèves les plus âgés vont assumer des rôles de leaders et enseigner aux nouveaux membres ce qu'ils auront appris pendant deux ans. Face au succès de sa démarche, plusieurs établissements scolaires et organismes ont sollicité Mohammad Alameh afin qu'il donne des ateliers auprès des professeurs, et le journal d'information Huffington Post l'a contacté pour faire part au grand public de son
expérience.
Une année après le début de sa mission, Mohammad a l'impression d'avoir acquis une profonde compréhension de l'autre et apporté un changement positif dans la vie de ces élèves auprès de qui il a également appris beaucoup de choses. « Je suis certain que ces deux années d'enseignement seront extrêmement bénéfiques pour ma carrière professionnelle d'ingénieur. Ce que j'ai expérimenté a fait de moi une personne plus sensible, compétente, patiente et mature », conclut le jeune homme qui a le cœur sur la main. À la fin de sa mission, Mohammad Alameh bénéficiera d'une bourse pour poursuivre ses études. Il pense cette fois-ci s'orienter vers une formation relative à l'éducation.

Pour faire un don à Teach for Lebanon :
https://interland3.donorperfect.net/weblink/weblink.aspx ? name=tflus&id=1.

Diplômé en génie mécanique de l'AUB, Mohammad Alameh s'est engagé, pendant deux années, à enseigner aux enfants les plus défavorisés en utilisant de nouvelles techniques d'apprentissage.Rien ne le destinait à devenir professeur pourtant, une fois son diplôme en poche, Mohammad Alameh décide de suivre en 2014 les formations proposées par « Teach for Lebanon » (TFL), une ONG fondée en 2008, qui lutte sur le plan local contre l'inégalité scolaire. « Le programme de TFL propose à de jeunes diplômés, provenant de différents milieux universitaires, d'être cadrés pendant six semaines pour pouvoir enseigner pendant deux années dans des écoles défavorisées, réparties sur différentes régions libanaises », explique le jeune homme. Mohammad Alameh, 24 ans, va, à la grande surprise de son entourage, quitter...
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