Été 2015. Des étudiants de différentes nationalités, inscrits au programme d’arabe intensif de la LAU, au cours d’une visite aux ruines romaines de Baalbeck.
Plus de 5 000 jeunes universitaires en provenance des États-Unis ont étudié la langue arabe au Moyen-Orient en 2014, un chiffre en net progression par rapport aux années précédentes, selon le dernier rapport Open Doors publié fin 2015 par l'Institut de l'éducation internationale (IIE). Un sondage mené par le sérieux Journal of Studies in International Education, revue publiée par l'Association d'études en éducation internationale, montre que la grande majorité de ces étudiants partagent la même motivation : celle d'améliorer leurs compétences linguistiques dans la langue d'al-Moutanabbi, langue qui occupe la huitième place parmi les langues les plus étudiées aux États-Unis, selon le Modern Language Association (MLA).
En transfert des Universités de New York, de Texas, du Michigan, du Minnesota, de Boston ou d'autres établissements d'enseignements supérieurs américains, ces étudiants, le plus souvent en licence, proviennent de différentes filières : sciences, génie, technologie, mathématiques, gestion, sciences sociales, langues ou relations internationales. Ils ont quitté leur environnement habituel, certains pour quelques semaines, d'autres pour un été ou un semestre, afin de suivre une partie de leur formation universitaire dans des facultés partenaires à Amman, Dubaï, Doha ou Beyrouth.
Apprendre une langue, c'est découvrir une nouvelle culture
« Cette région est à la une de nos journaux. On en parle tout le temps dans nos médias », indique une jeune Américaine diplômée de l'Université d'Arizona en 2015 et qui a suivi un programme d'été intensif en arabe en 2014 pour expliquer son engouement envers le Moyen-Orient et « ses populations ». Pour d'autres, « apprendre une autre langue » leur permet d'acquérir « un autre regard sur le monde » et de « se doter des moyens pour résoudre les conflits interculturels ». « Démolition de barrières », « construction de ponts » ou « rapprochements de cultures » sont des expressions qui reviennent souvent dans les propos de ces jeunes étudiants et étudiantes en échange au Liban, au Qatar ou au Maroc. Des termes constructifs aux antipodes de la violence des discours racistes et des commentaires haineux qui inondent les réseaux sociaux. À travers les programmes d'échange, « les étudiants ont l'occasion d'interagir avec les gens dans les pays d'accueil et de voir les similitudes culturelles qui sont beaucoup plus importantes que les différences », estime Anne Marie-Skye, directrice de l'Institut de langue arabo-américain au Maroc. C'est en découvrant les autres de leurs propres yeux que les étudiants arriveront à surmonter les préjugés.
À Beyrouth, l'Université libano-americaine (LAU) offre l'occasion aux étudiants étrangers de suivre un riche programme d'immersion linguistique et culturelle. Chaque année, depuis un peu plus de seize ans, quelques dizaines d'apprenants en provenance des quatre coins du monde intègrent le Summer Institute for Intensive Arabic Language and Culture (Sinarc) à la LAU. Leur but ? Apprendre l'arabe ou parfaire leurs connaissances, mais aussi découvrir la culture libanaise. Des vingt heures hebdomadaires d'enseignement de langue arabe en classe intensive, cinq sont consacrées au dialecte libanais. Le programme comprend également des conférences sur des sujets et des thèmes multiples : de la politique arabe et libanaise à l'histoire, en passant par la société et la culture. Il compte des cours de danse et de cuisine, et une variété d'activités culturelles, sportives et touristiques pour favoriser l'immersion des apprenants dans des situations authentiques. C'est en vivant la langue arabe que ces étudiants vont l'apprendre.

