En extraterrestre dans The man who fell to earth, son premier rôle au cinéma pour Nicolas Roeg en 1976, en prédateur pour Toni Scott en 1983 dans The Hunger, donnant la réplique à Catherine Deneuve, mais aussi posant la question du désir dans Furyo en 1983, et en devenant roi des Gobelins pour Jim Henson en 1986, David Bowie aura, tout comme dans sa carrière de chanteur, joué les métamorphoses. Certes, le rôle d'Andy Warhol lui va comme un gant en 1997 dans le film Basquiat, mais qui aurait cru que pour Martin Scorsese il enfilerait la toge de Ponce Pilate dans Last Temptation of the Christ ?
David Bowie, l'artiste à part entière, aura fait le tour de soi-même sur les ondes et l'écran et aura fait découvrir aux auditeurs ainsi qu'aux spectateurs ses mille et une facettes. Ce n'est donc pas étonnant que l'énigmatique Chris Nolan, celui qui, à travers tous ses films, de Batman Begins à Memento, a développé la théorie de l'illusion et a mené les spectateurs vers différentes pistes. Ce n'est donc pas étonnant que ce cinéaste des temps modernes ait choisi David Bowie pour lui confier le rôle de Nikola Tesla dans son film The Prestige. Il y a des rôles, même très courts au cinéma, qui donnent toute leur signification au film tout en amplifiant le mystère.
Qu'est ce que le prestige? « C'est le dernier acte d'un tour de magie. Après la promesse, qui présente une situation a priori banale, puis le renversement qui renverse cette situation d'une façon stupéfiante, le prestige est le moment du retour inexpliqué à la normale. » Telle est la définition du prestige que donne Nolan dans son film. Pour le cinéaste, David Bowie, grand illusionniste et marchand de rêves et d'étoiles, aura incarné et personnifié toute la beauté de cet acte de « prestige ». N'est ce pas également un acte de prestige que d'avoir mimé sa mort et sa résurrection dans le clip de Johan Renck, Lazarus ?


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