L’envoyé spécial de l’Onu Ismaïl Ould Cheikh Ahmad lors d’un discours, hier, à son arrivée à l’aéroport de Sanaa. Mohammad al-Sayaghi/Reuters
Un missile a touché hier un centre médical utilisé par Médecins sans frontières (MSF) au Yémen, faisant quatre morts et 10 blessés dans le nord de ce pays ravagé par la guerre, a indiqué l'organisation. Dans un communiqué, MSF a affirmé que le centre se trouvait à Razeh dans la province de Saada, une zone contrôlée par les rebelles chiites houthis en guerre contre les forces gouvernementales soutenues par une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite.
Deux membres du personnel MSF figurent parmi les blessés et sont dans un « état critique », a-t-elle ajouté, laissant entendre que le bilan pourrait s'alourdir avec la possibilité de personnes prises dans les décombres de plusieurs bâtiments qui se sont effondrés.
Raquel Ayora, qui dirige les opérations de MSF au Yémen, a indiqué dans le communiqué que son organisation fournissait régulièrement aux belligérants les positions GPS de ses installations. « Il n'y a aucune possibilité pour ceux qui ont des capacités de lancer des raids aériens ou de tirer des missiles d'ignorer » ce fait, a-t-elle souligné. Après avoir condamné l'attaque, elle a appelé à nouveau les protagonistes à la « nécessité de respecter les patients et les installations médicales ». Il s'agit de la troisième attaque contre des installations de MSF, selon le communiqué.
L'émissaire de l'Onu à Sanaa
Ailleurs dans le pays, un colonel des services de renseignements Ali Saleh al-Nakhibi a été abattu par balle par des inconnus qui ont réussi à prendre la fuite à Aden, la grande ville du Sud reprise par les forces gouvernementales, a indiqué un responsable de sécurité.
Sur le plan politique, l'émissaire de l'Onu au Yémen Ismaïl Ould Cheikh Ahmad est arrivé à Sanaa pour tenter de convaincre les rebelles et leurs alliés, les partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, de reprendre les négociations de paix avec le gouvernement, selon un correspondant de l'AFP sur place.
L'émissaire onusien doit rencontrer à cet effet les dirigeants des rebelles et des responsables de l'entourage de M. Saleh.
De son côté, la coalition arabe a démenti hier utiliser des bombes à sous-munitions dans ses opérations contre Sanaa, comme l'ont suggéré une organisation de défense des droits de l'homme et les Nations unies. « Nous démentons utiliser des bombes à sous-munitions à Sanaa », a déclaré à l'AFP le général de brigade saoudien Ahmad al-Assiri, porte-parole de cette coalition. Le général Assiri réagissait à un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié jeudi qui cite des habitants de Sanaa parlant de bombes à sous-munitions dans une attaque de la coalition menée le 6 octobre.
Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon avait fait état vendredi d'« informations troublantes » sur l'utilisation de bombes à sous-munitions dans une attaque sur Sanaa et a averti que l'usage de telles armes pour bombarder des zones peuplées « pourrait constituer un crime de guerre ».
Le général Assiri a rappelé que la coalition avait admis dans le passé l'usage de bombes à sous-munitions de type CBU-105 contre des véhicules de rebelles houthis. « Actuellement, ils (les rebelles) n'ont plus de véhicules et nous n'en utilisons plus », a-t-il dit.
Le général a estimé que le rapport d'HRW était « très faible » et « n'apporte aucune preuve » tangible sur l'utilisation de bombes à sous-munitions dans la capitale yéménite. Selon lui, HRW a évoqué un type de bombes à sous-munitions « qui ne fait pas partie des stocks » de la coalition.
Enfin, le HRW a également accusé hier les houthis de détenir « arbitrairement » des dizaines de personnes à Sanaa. HRW précise dans un communiqué avoir documenté entre août 2014 et octobre 2015 les cas d'au moins 35 personnes détenues de « manière abusive » et dont 27 restent encore emprisonnées. Selon l'ONG, la plupart des personnes arrêtées appartiennent au parti islamiste sunnite d'al-Islah, rival des houthis.
(Source : AFP)


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