Le gouvernement grec a dévoilé hier son projet de réforme du système des retraites, qu'il a transmis à ses créanciers.
Cette réforme d'un système que le Premier ministre Alexis Tsipras a décrit comme au bord du gouffre est l'une des conditions posées par les bailleurs de fonds (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) au déblocage, convenu le 13 juillet dernier, d'un nouveau prêt de 86 milliards d'euros (92 milliards de dollars) sur trois ans au pays. L'examen de cette réforme par le Parlement grec, qui doit débuter à la mi-janvier, le gouvernement espérant le vote d'une loi début février, s'annonce difficile pour la coalition au pouvoir, qui n'a que trois sièges de majorité à la Vouli.
Le projet, dévoilé par une source gouvernementale, vise à garantir la viabilité d'un système de retraites à bout de souffle et à soulager les caisses de l'État en comblant son déficit actuel de 800 millions d'euros (859 millions de dollars), selon le gouvernement.
Il prévoit de réduire les plafonds des retraites les plus hautes à 2 300 euros (2 471 dollars) par mois contre 2 700 (2 901) pour les pensions uniques, et de 3 680 euros (3 954 dollars) à 3 000 ( 3 223) pour les bénéficiaires de plusieurs retraites. Il instaure une pension nationale de 384 euros (412 dollars) pour les assurés ayant au moins 15 ans de cotisations, à laquelle s'ajouteront les retraites versées en fonction de la vie professionnelle, avec un taux de remplacement d'environ 60 % pour ceux partant à 67 ans avec 40 annuités.
Le gouvernement veut également fusionner les six grandes caisses de retraite et augmenter les contributions d'un point de pourcentage pour les employeurs et de 0,5 point pour les employés.
Sous pression pour faire adopter cette réforme, avec une majorité de 153 députés sur 300, le Premier ministre grec de gauche, Alexis Tsipras, avait prévenu dimanche qu'il ne céderait pas à des « exigences déraisonnables et injustes » de la part des créanciers. Mais il avait reconnu que le système de retraites était « au bord de l'écroulement ». « Le gouvernement s'efforce d'éviter l'effondrement du système de sécurité sociale (...). Les partis d'opposition doivent soutenir cet objectif national », a dit la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovassili, accusant les précédents gouvernements d'avoir drastiquement réduit le montant des versements. « La pension moyenne (mensuelle) était de 1 480 euros (1 590 dollars) en 2010 et a fini à 863 euros (927 dollars) quand Nouvelle Démocratie (conservateur) et le Pasok (socialiste) nous ont remis le pouvoir (début 2015) », a-t-elle souligné.
Tous les partis de l'opposition ont critiqué le projet gouvernemental, qui doit permettre d'économiser l'an prochain un point de pourcentage de PIB par an, soit 1,8 milliard d'euros (1,9 milliard de dollar). « Nous sommes contre la hausse des contributions sociales, a déclaré l'ancien ministre conservateur du Travail, Yannis Vroutsis, sur l'antenne de Skai TV. Cela réduirait la croissance et augmenterait le chômage. » « On peut discuter des modalités, mais il y a des paramètres qui doivent être respectés. D'ici à la fin du mois de janvier, il faut qu'il y ait cette réforme des retraites », a déclaré lundi le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Selon les médias, les divergences principales entre Athènes et ses créanciers portent notamment sur le taux de remplacement, que les créanciers voudraient ramener autour de 50 %, et sur les conditions d'attribution de la retraite nationale, qu'ils voudraient durcir.
(Sources : agences)
Économie - Dette
Le gouvernement grec présente sa réforme des retraites
OLJ / le 06 janvier 2016 à 00h00

