Ce soir, il va nous manquer quelqu'un. Non pas un cher disparu ni un absent dont les circonstances auront laissé la place vide à notre table. Ceux-là nous manquent tout le temps. Mais pour ce soir, ce sera surtout une voix. Cette voix qui, par le petit écran, dans presque tous les pays du globe, la veille de l'An neuf, s'adresse solennellement à la nation et dit « chers compatriotes ». Elle dit « vous » et les spectateurs entendent « nous ». Elle a ce pouvoir performatif de faire exister et de souder un peuple, avec ses différences, avec sa solidarité et ses aspirations. Elle a ce pouvoir, quand bien même dépourvue de pouvoirs réels, de donner à l'année écoulée, en montrant le chemin parcouru et les réalisations accomplies, valeur et densité.
Ce soir, nulle figure emblématique ne viendra, en habit de cérémonie, nous présenter ses vœux. Nul ne viendra nous expliquer la ligne d'action de ce gouvernement en perpétuelle expédition d'affaires courantes ni les exploits de ce Parlement honteusement autoreconduit pour préserver les apparences et maintenir sa propre inaction. Nul ne nous dira où en est la dette publique, ni ce qui sera fait pour la réduire, ni pourquoi l'eau et l'électricité continuent à manquer, ni ce qui est envisagé pour y pourvoir. Personne ne nous présentera d'excuses pour l'interminable crise des ordures et la révolte qu'elle a engendrée ni ne nous expliquera en toute transparence la voie de règlement qui a été trouvée. Personne ne nous dira si une quelconque décision a été prise sur les réserves d'hydrocarbures offshore, manne maudite qui semble autant responsable du blocage présidentiel que de cette fameuse dette appelée à s'alourdir, tant que ce gaz hypothétique donnera au Liban l'illusion d'être bancable. Non, personne ne nous dira rien.
Personne ne dira en notre nom notre fierté d'avoir donné au monde, cette année encore, des chercheurs, des entrepreneurs, des médecins, des ingénieurs, des musiciens, des créateurs, des artistes, des écrivains, des gens qui contribuent à faire avancer l'humanité depuis leur pays qui recule. Nul ne nous félicitera d'avoir accueilli, en toute bonne volonté, un nombre de réfugiés équivalent au quart de notre population actuelle, ce qui, en comparaison avec le reste du monde, est proprement admirable. Personne ne remerciera l'armée qui s'épuise en un combat sans gloire contre le harcèlement de la guérilla islamiste sur nos frontières orientales.
Tandis que s'échangent sur les réseaux sociaux les pauvres photos de jeunesse d'un Liban qui ne se reconnaît plus, en cette année qui s'achève, personne ne nous dira ces mots que nous avons tant besoin d'entendre : que le Liban n'est pas un pays de nostalgie, mais un pays d'espérance. Ce soir, au moins pour un soir, nous aurions aimé avoir un président. À défaut, attachons-nous à être un peuple. Que l'aurore nouvelle nous apporte l'envie de changer et le courage d'y parvenir.
Ce soir, nulle figure emblématique ne viendra, en habit de...


10/02/2016 Une nouvelle jeunesse pour le Liban Voici pourquoi. je ne fais que le repeter depuis dix ans, tout doit commencer par le commencement. Le taux moyen des interets sur la Dette Publique doit etre ramene de deux pour cent, a quatre et demi pour cent en moyenne. Une fois le principe d'une telle mesure adopte, le reste suivra tout naturellement et toutes les reformes "logiques"suivront. En deans quinze ans le Liban aura recupere sa sante financiere, economique et sociale, et le pays sera ainsi dote d'un systeme de gouvernance participative reellement democratique.Dans la foulee, le systeme logique de recuperation des dechets "de tous genres"sera adopte, et le pays connaitra eventuellement une "nouvelle jeunesse".
08 h 06, le 10 février 2016