L'environnement plus que « la malchance » à blâmer dans le cancer
Des facteurs environnementaux, tels que le soleil ou le tabac, sont responsables de plus de cancers que les mutations aléatoires de l'ADN, selon des chercheurs, contestant ainsi d'autres études accusant « la malchance ». Une étude qui a suscité un vif débat, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'étant déclarée en désaccord avec les conclusions de ce travail.
L'étude, publiée dans le journal Nature, a été menée à la suite d'un article particulièrement controversé publié en janvier dans la revue américaine Science, qui avançait que des erreurs inévitables dans le codage humain étaient la principale cause du cancer.
La dernière étude, basée sur plusieurs analyses mathématiques, conclut qu'« à l'évidence », les erreurs aléatoires apparaissant lors de la division des cellules contribuent « seulement modérément » au développement de nombreux cancers. Les chercheurs attribuent ainsi 70 à 90 % des cancers aux facteurs environnementaux (rayonnement des ultraviolets, etc.).
D'autres experts se montrent quant à eux circonspects. Giles Hooker de l'Université Cornell à New York estime ainsi que les conclusions de cette nouvelle étude sont basées sur « un modèle très simpliste de la mutation des cancers » et les chiffres « devraient au mieux être considérés comme des estimations approximatives ».
« En prenant en compte seulement le risque de cancer le plus faible et en supposant que les taux de mutation sont identiques pour tous les tissus, l'étude maximalise le risque attribué aux facteurs environnementaux, écrit-il dans une note. Cependant, nous ne savons pas comment les tissus diffèrent dans leur taux de mutation intrinsèque. »
« Ces découvertes n'ont aucune incidence sur le traitement des cancers, mais nous disent que la plupart des cancers pourraient être évités si nous connaissions les risques extrinsèques », souligne de son côté Paul Pharaoh, professeur épidémiologiste à l'Université de Cambridge.
L'étude de Science avait suscité un vif débat, l'hypothèse avancée étant que « la faute à pas de chance » dans la mutation de l'ADN pouvait expliquer 75 % des cas de différents cancers, induisant qu'une vie saine ne pouvait pas empêcher ces cancers.
Le dépistage systématique du cancer de l'ovaire pourrait réduire la mortalité
Le dépistage systématique du cancer de l'ovaire pourrait réduire la mortalité à long terme de ce cancer peu fréquent mais grave, souvent diagnostiqué à un stade avancé, selon une vaste étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.
« Les résultats de l'étude font état d'une réduction de mortalité attribuable au dépistage allant de 15 à 28 % », précise le Pr Ian Jacobs, de l'University College de Londres, qui a dirigé l'étude réalisée sur plus de 200 000 femmes britanniques âgées de 50 à 74 ans. Recrutées entre 2001 et 2005, elles ont été suivies jusqu'en 2014 dans treize centres répartis à travers tout le Royaume-Uni.
La moitié d'entre elles ont bénéficié d'un dépistage : un peu plus de 50 000 ont été surveillées grâce à une échographie pelvienne transvaginale annuelle tandis que 50 000 autres ont été soumises à un dosage annuel d'un « marqueur » spécifique du cancer de l'ovaire appelé CA-125 en plus de l'échographie. Les 100 000 autres femmes n'ont fait l'objet d'aucun dépistage.
À l'issue du suivi, d'une durée moyenne d'une dizaine d'années, 1 282 femmes avaient développé un cancer de l'ovaire, dont 649 en sont mortes. En comparant les décès, les chercheurs ont montré une mortalité légèrement inférieure (allant de 11 à 15 %) chez les femmes qui avaient bénéficié d'un dépistage. Ils ont surtout découvert qu'une détection précoce du cancer grâce au dépistage permettait de réduire la mortalité « de manière significative » à long terme avec une mortalité réduite de 28 % au-delà de sept ans de suivi, contre seulement 8 % avant sept ans.
« C'est la première preuve (...) que le dépistage peut réduire le nombre de décès par cancer de l'ovaire », relève le Pr Ushah Menon, coauteur de l'étude. Il souligne que « la découverte est importante compte tenu des progrès limités » réalisés dans le traitement de ce cancer au cours des trente dernières années.
Les auteurs de l'étude britannique insistent pour leur part sur la nécessité d'un suivi à plus long terme et la mise en place de tests plus sensibles avant de pouvoir se prononcer sur l'intérêt d'un dépistage dans la population générale.
(Source : AFP)
Des facteurs environnementaux, tels que le soleil ou le tabac, sont responsables de plus de cancers que les mutations aléatoires de l'ADN, selon des chercheurs, contestant ainsi d'autres études accusant « la malchance ». Une étude qui a suscité un vif débat, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'étant déclarée en désaccord avec les conclusions de ce travail.L'étude, publiée dans le journal Nature, a été menée à la suite d'un article particulièrement controversé publié en janvier dans la revue américaine Science, qui avançait que des erreurs inévitables dans le codage humain étaient la principale cause du cancer.La dernière étude, basée sur plusieurs analyses mathématiques, conclut qu'« à l'évidence », les erreurs...


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