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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Clinton et Sanders jouent le sérieux contre l’épouvantail Trump

Une petite phrase de la candidate démocrate sur la Syrie a enflammé les républicains.

Hillary Clinton, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et l’ex-gouverneur du Maryland Martin O’Malley se sont retrouvés à Manchester, dans le New Hampshire, pour le troisième débat démocrate de l’année. Jewel Samad/AFP

Hillary Clinton, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et l'ex-gouverneur du Maryland Martin O'Malley se sont retrouvés à Manchester, dans le New Hampshire, pour le troisième débat démocrate de l'année, à 43 jours du début des primaires. Comme lors des deux joutes précédentes, l'ex-secrétaire d'État n'a jamais paru en danger, jamais vraiment décontenancée par des attaques auxquelles des années de politique l'ont préparée.
Avec 56 % des intentions de vote en moyenne, la candidate a consolidé son avance depuis le mois charnière d'octobre, dont elle est ressortie renforcée après d'excellentes prestations aux débats, une audition antagoniste mais réussie au Congrès et le renoncement du vice-président Joe Biden à se présenter aux primaires. Bernie Sanders plafonne à environ 31 %.
Dans la foulée de l'attentat de San Bernardino, perpétré par un couple musulman radicalisé, la moitié du débat a été consacrée au terrorisme et à la stratégie de lutte contre l'organisation État islamique (EI).
Trump « est en train de devenir le meilleur recruteur de l'EI », a déclaré Hillary Clinton, en affirmant que les jihadistes utilisaient les discours antimusulmans du milliardaire dans leurs vidéos de recrutement, une assertion nouvelle. Donald Trump a vite réagi en disant qu'elle mentait, et plusieurs médias, dont le New York Times, ont indiqué n'avoir trouvé aucune preuve étayant cette accusation.
« Je suis inquiète que la rhétorique des républicains, surtout de Donald Trump, envoie le message aux musulmans aux États-Unis et dans le monde entier qu'il y a un choc des civilisations et qu'il y a une sorte de complot occidental ou de guerre contre l'islam », a dit l'ex-secrétaire d'État. Les candidats ont associé les outrances du milliardaire à celles des autres candidats républicains.
« Même dans nos mauvais jours, nous avons plus à offrir que nos adversaires extrémistes de droite », a fait valoir Bernie Sanders.

« Tout le monde devrait m'aimer »
Pour marquer le contraste avec la virulence des débats républicains, où les invectives fusent, Hillary Clinton et Bernie Sanders ont redoublé de civilité. Le sénateur l'a félicitée pour son rôle de Première dame (1993-2001). Bernie Sanders s'est même excusé pour une querelle qui les opposait depuis deux jours. Un collaborateur du sénateur, depuis licencié, a profité d'une faille informatique pour récupérer des données électorales confidentielles de l'équipe Clinton.
« J'apprécie sincèrement ce commentaire, Bernie », a répondu Hillary Clinton, semblant déclarer l'affaire close. Les deux candidats ont néanmoins affiché des différences sur l'interventionnisme à l'étranger, les armes à feu et la politique économique, même si elles portaient plutôt sur des priorités que des divergences idéologiques.
Concernant la Syrie, Hillary Clinton défend une zone d'interdiction aérienne et le départ rapide de Bachar el-Assad. « Bien sûr qu'Assad est un terrible dictateur », a dit Bernie Sanders. « Mais ce n'est pas Assad qui attaque les États-Unis, c'est l'État islamique. » Il n'a pas non plus manqué de rappeler aux téléspectateurs qu'Hillary Clinton avait voté en 2002 pour autoriser George W. Bush à envahir l'Irak. « Je ne suis pas aussi fan qu'elle des politiques de changement de régime. » Et Bernie Sanders a continué à attaquer Hillary Clinton sur ses liens avec Wall Street.
Est-ce que les grandes entreprises doivent aimer Hillary Clinton ? a demandé le journaliste de la chaîne ABC. « Tout le monde devrait m'aimer », a répondu Hillary Clinton, avec un immense sourire. « Les patrons des grandes multinationales aimeront peut-être Hillary. Ils ne m'aimeront pas », a ensuite répliqué le sénateur. Rare contraste, Hillary Clinton fut la seule à s'engager à ne pas augmenter les impôts de la classe moyenne.
Son mari Bill Clinton a aussi fait une apparition, dans une question posée sur son futur rôle en cas d'élection de sa femme en novembre 2016. « Avec tout le respect que je dois à mon mari, je pense que je continuerai probablement à choisir les fleurs et la porcelaine pour les dîners d'État », a dit Hillary Clinton, mais « je me tournerai certainement vers lui, comme les anciens présidents, pour des missions spéciales et des conseils ».
Le rythme de la campagne électorale devrait maintenant se réduire, chez les républicains comme chez les démocrates, jusqu'après le Nouvel An. « Que la force soit avec vous », a conclu Hillary Clinton, en ce premier week-end de sortie de Star Wars aux États-Unis.

« C'est incroyable... »
Par ailleurs, une petite phrase d'Hillary Clinton sur la Syrie a enflammé les républicains. « Nous sommes enfin là où nous devons être, nous avons une stratégie et un engagement contre l'EI, qui pose un danger pour nous ainsi que pour la région, et nous avons enfin une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu pour rassembler le monde autour d'une transition politique en Syrie », a déclaré Hillary Clinton samedi soir.
Les candidats aux primaires républicaines Jeb Bush et Carly Fiorina ont cité la première partie de la phrase, « Nous sommes enfin là où nous devons être », en affirmant qu'Hillary Clinton semblait se satisfaire de la situation en Syrie, où les jihadistes de l'EI ont établi leur base. Mais la réponse d'Hillary Clinton concluait un long échange avec les deux autres candidats du débat, Bernie Sanders et Martin O'Malley, sur la stratégie à adopter en Syrie. Hillary Clinton insistait sur la nécessité de mener deux fronts simultanés, contre l'EI et contre Bachar el-Assad, et soulignait que la résolution adoptée vendredi par le Conseil de sécurité devait permettre ce double front, puisque la résolution prévoit un cessez-le-feu, des négociations politiques, un gouvernement de transition et des élections dans les 18 mois.
Selon elle, les rebelles syriens anti-Assad ne s'en prendront efficacement à l'EI qu'avec l'assurance que le président syrien quittera le pouvoir. « Non, Hillary Clinton, nous ne sommes pas là où nous devons être dans le combat contre l'EI », a écrit sur Twitter Jeb Bush, candidat en queue de peloton aux primaires républicaines. « C'est incroyable, elle pense franchement qu'une résolution de l'Onu sur la Syrie nous met là où nous devons être ? », a dit Carly Fiorina, une autre candidate, sur Fox News hier. « Cela reflète la conviction de Barack Obama et d'Hillary Clinton que notre politique étrangère doit être définie par d'autres. »

(Source : AFP)

Hillary Clinton, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et l'ex-gouverneur du Maryland Martin O'Malley se sont retrouvés à Manchester, dans le New Hampshire, pour le troisième débat démocrate de l'année, à 43 jours du début des primaires. Comme lors des deux joutes précédentes, l'ex-secrétaire d'État n'a jamais paru en danger, jamais vraiment décontenancée par des attaques auxquelles des années de politique l'ont préparée.Avec 56 % des intentions de vote en moyenne, la candidate a consolidé son avance depuis le mois charnière d'octobre, dont elle est ressortie renforcée après d'excellentes prestations aux débats, une audition antagoniste mais réussie au Congrès et le renoncement du vice-président Joe Biden à se présenter aux primaires. Bernie Sanders plafonne à environ 31 %.Dans la foulée de l'attentat de...
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