Les lourdeurs de l'administration grecque sont à l'origine des retards dans la mise en place des réformes dictées à Athènes par ses créanciers en échange d'une nouvelle aide financière, a jugé samedi le dirigeant du Fonds de soutien de la zone euro (MES), Klaus Regling, dans les colonnes du journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.
« Les retards trouvent leur origine principalement dans la faiblesse de l'administration grecque qui est souvent dépassée par la mise en application concrète des réformes », a-t-il ajouté. « C'est la tâche d'une génération tout entière de la mettre au niveau normal européen », a-t-il estimé.
Athènes et ses créanciers internationaux étaient parvenus à s'entendre en juillet sur l'octroi d'une nouvelle aide financière de 86 milliards d'euros à une Grèce au bord de la banqueroute. En échange, le gouvernement du leader de la gauche radicale, Alexis Tsipras, avait dû accepter un programme de réformes drastiques, assorti d'un calendrier serré. Depuis, le Parlement grec a adopté à une cadence soutenue une série de changements législatifs. Mais la mise en place de ces réformes, qui vont d'une refonte du système de retraites à un vaste plan de privatisations, a pris du retard et le dossier des retraites, potentiellement explosif, ne devrait être ouvert qu'en 2016, par exemple.
M. Regling a néanmoins pris la défense du Premier ministre grec, assurant que son gouvernement de coalition était « décidé à faire des réformes ». Le mécanisme européen de stabilité (MES), dirigé par M. Regling, est un instrument mis en place pour répondre aux demandes d'assistance financière de la part d'États membres de la zone euro.
Économie - Union Européenne
Le chef du MES fustige la Grèce
OLJ / le 21 décembre 2015 à 00h00

