Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Présidentielle US

Le GOP prend un coup lors du dernier débat républicain

Les outsiders ont le vent en poupe auprès d'un électorat las de l'establishment en place.

De gauche à droite : Ben Carson, Donald Trump et Ted Cruz, lors du débat à Las Vegas. Ethan Miller/Getty Images/AFP

L'establishment du Parti républicain a froid dans le dos face aux avancées de l'électron libre Donald Trump, candidat à la présidentielle, tout comme les autres candidats qui, cependant, font campagne sous sa bannière. Tous se sont ainsi affrontés et l'ont affronté, avant-hier, lors d'un débat (le cinquième) qui s'est déroulé à l'hôtel The Venetian, à Las Vegas, diffusé par la chaîne de télévision CNN.

Donald Trump mène toujours dans les sondages et multiplie les attaques et contre-attaques, suivi, cette fois, de près par le sénateur du Texas Ted Cruz. Ce dernier a d'ailleurs été pris pour cible par un autre jeune sénateur (de Floride), Marco Rubio, également originaire de Cuba. Contrairement à son habitude, Jeb Bush a pu se tailler une éventuelle place au soleil alors que le sénateur du Kentucky, Paul Rand, avait bien aiguisé ses armes, notamment contre ses deux collègues.

(Lire aussi : Pour le prince Al-Walid, Trump est "une honte" pour l'Amérique)

 

Priorité à la sécurité
Le problème de la sécurité du pays et le combat contre l'État islamique (EI) ont dominé ce débat qui sera le dernier avant la primaire de l'Iowa. Bien entendu, l'administration Obama a été critiquée avec virulence pour n'avoir pas utilisé à fond les moyens technologiques dont elle dispose pour se défendre contre le terrorisme, et ce, au nom du politiquement correct.

De son côté, Donald Trump a été encore plus loin que son refus de permettre aux musulmans d'entrer dans le territoire US : il veut couper toute communication Internet avec les pays d'où opèrent les extrémistes, les bombarder là où ils se trouvent et même s'en prendre à leurs familles. Son argument ? C'est de cette manière qu'ils opèrent après tout... Quant à Chris Christie (gouverneur de New Jersey), il a voulu jouer sur le registre émotionnel en rappelant qu'on en était arrivé au point de terroriser les enfants et leurs parents ; sinon, comment lire autrement la fermeture (due à des menaces) des écoles de Los Angeles ?

La candidate Carly Fiorina (ancienne PDG de Hewlett-Packard) a conseillé à l'administration, qui utilise des moyens désuets pour ses enquêtes, d'emprunter le savoir du secteur privé en matière de nouvelles technologies, afin de détecter les menaces sécuritaires. Quant aux autres, Ben Carson (chirurgien à la retraite) et John Kashis (gouverneur de l'Ohio), ils étaient égaux à eux-mêmes, n'opérant aucune ouverture nouvelle.

 

(Lire aussi : Ces petits arrangements avec la vérité des candidats à la Maison-Blanche... )


D'ailleurs, selon les analystes, ce débat a défié les prédictions et les attentes, mettant en évidence que l'expérience en matière de gouvernance s'était laissé dépasser, dans l'opinion publique, par des vents nouveaux. Le Washington Post en donne l'image suivante : « Les républicains alignés sur le podium étaient l'expression d'une base ayant rejeté la classe gouvernante au profit des outsiders. Trump et Carson, deux non-politiques, et Cruz, un sénateur antiestablishment, sont le symbole même de la colère de l'électorat contre l'ordre établi. »

À noter que l'hôtel où s'est déroulé avant-hier le débat appartient au milliardaire américain Sheldon Adelson, promoteur immobilier, propriétaire de casinos et huitième fortune mondiale. Il est connu pour soutenir les candidats républicains à la première magistrature car il voit en eux les meilleurs avocats de l'État israélien. C'est là son grand souci. En 2012, il avait misé (avec une donation de plus d'une centaine de millions de dollars) sur le candidat républicain Mitt Romney, qui avait été battu par le président Barack Obama, lequel enregistrait ainsi sa seconde victoire présidentielle. Cette fois, Sheldon Adelson n'est pas prêt à se précipiter aveuglément dans le soutien financier de son poulain, en l'occurrence Marco Rubio, avant que celui-ci ne soit bien engagé dans la voie de la nomination. Or depuis le débat d'avant-hier, Marco Rubio est apparu, pour les électeurs républicains, comme le nominé adéquat en cas d'un échec de Donald Trump.

 

Lire aussi
Pour beaucoup de républicains, Trump parle vrai

Rubio et Cruz, novices en politique, experts en démagogie

Aux États-Unis, la diatribe de Trump renforce le malaise des musulmans

En Occident, un discours antimusulman décomplexé et d'une violence inédite

« Tout le monde met Rubio sur leur liste des "peut-être" »

L'establishment du Parti républicain a froid dans le dos face aux avancées de l'électron libre Donald Trump, candidat à la présidentielle, tout comme les autres candidats qui, cependant, font campagne sous sa bannière. Tous se sont ainsi affrontés et l'ont affronté, avant-hier, lors d'un débat (le cinquième) qui s'est déroulé à l'hôtel The Venetian, à Las Vegas, diffusé par la...
commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut