En discussion depuis des années, la taxe sur les transactions financières (TTF) a obtenu une nouvelle chance de voir le jour, dix pays de l'UE ayant promis mardi de s'entendre d'ici à fin juin sur les points encore en suspens. Ils risquent toutefois de buter sur l'opposition de Londres, vent debout contre ce projet.
La mise en place d'une telle taxe était initialement prévue pour janvier 2016 mais les discussions sont très difficiles au sein du petit groupe de pays décidés à la mettre en oeuvre, désormais au nombre de dix (l'Estonie a quitté les discussions hier), ainsi qu'avec les autres pays européens, qui craignent des retombées sur leurs économies. « Aujourd'hui, on a franchi un pas sans pour autant que l'histoire soit terminée », a estimé Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques. « Nous sommes tout à fait dans l'esprit qu'un accord doit être trouvé avant l'été prochain », a-t-il ajouté, alors qu'un nouveau texte a été mis sur la table lors d'une réunion hier des ministres des Finances de l'UE qui décrit les « caractéristiques fondamentales » de cette taxe.
« Une étape essentielle vient d'être franchie », s'est félicité le ministre français des Finances, Michel Sapin. « Cela faisait des mois, voire des années que nous essayions d'avancer pour définir les caractéristiques essentielles de cette taxe sur les transactions financières », a-t-il insisté.
Ce texte « ouvre la voie à un accord », mais « cela ne veut pas dire que nous avons réglé la question de la mise en œuvre », a toutefois tempéré Hans-Jörg Schelling, le ministre autrichien, dont le pays pilote les discussions. « L'objectif est de clarifier toutes les questions encore ouvertes pendant le premier semestre 2016 et ensuite chaque pays va décider s'il veut continuer ou pas », a-t-il ajouté.
Cette nouvelle étape a néanmoins suscité la colère de Londres. « Nous pouvons aller devant la Cour de justice de l'Union européenne », a menacé George Osborne. « Nous n'allons en aucun cas approuver un document » de ce type, a martelé le ministre britannique.
Du côté des ONG et des mouvements altermondialistes, l'heure était à la déception, après ce report. « Les quelques mois de délai que se sont accordés les dix États européens doivent être mis à profit pour trouver un accord complet incluant l'affectation de cette taxe aux enjeux mondiaux du changement climatique et de la pauvreté. Sans cela, elle ne sera qu'une coquille vide de sens », a réagi l'organisation ONE dans un communiqué.
(Source : AFP)
Économie - Union Européenne
Taxe sur les transactions financières : un sursis de 6 mois pour s’entendre
OLJ / le 09 décembre 2015 à 00h00


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