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Diaspora - Interview

« Nous avons voulu améliorer la vie spirituelle dans nos paroisses »

Mgr Paul-Marwan Tabet, évêque des maronites du Canada, révèle les détails de son parcours et parle des changements qu'il a engagés dans l'éparchie, comme par exemple la traduction des textes liturgiques.

Mgr Tabet, cinquième évêque à la tête de l’éparchie du Canada.

En 1982, le saint pape Jean-Paul II décrète la création d'une éparchie (évêché) pour les maronites du Canada, qui porte le nom de Saint-Maron et dont le siège est à Montréal. Le quatrième évêque à la tête de cette éparchie est Mgr Paul-Marwan Tabet, membre de la Congrégation des missionnaires maronites libanais et ancien secrétaire général des Écoles catholiques au Liban. Il a pris ses fonctions le 24 février 2013.
Mgr Tabet est né à Bhamdoun le 20 juillet 1961. « J'étais paroissien de l'église Saint-Élie dans cette même ville, se souvient-il. Cette église a été démolie pendant la guerre, puis rebâtie avec la même architecture. Notre curé était le père Youssef Assaf. »
Pour son premier contact avec la Congrégation des missionnaires maronites, il fallait attendre l'école, notamment celle de la Sainte-Famille, qu'il a fréquentée dans sa ville d'origine. « Après cela, j'ai fait mes études secondaires au Collège des Apôtres à Jounieh qui est dirigé par les missionnaires, poursuit-il. C'est là que j'ai découvert ma vocation : j'ai donc rejoint les Missionnaires. Après des études à l'Université Saint-Esprit de Kaslik (en philosophie et en théologie), j'ai été ordonné prêtre en 1986. J'ai effectué plusieurs séjours à l'étranger dans le cadre mon activité missionnaire, notamment dans des paroisses maronites aux États-Unis et en Afrique du Sud, où j'ai complété un doctorat en éducation, pour revenir ensuite enseigner au Liban. »
L'évêque souligne que l'éparchie du Canada compte actuellement 17 paroisses et 21 prêtres, y compris les moines des différents monastères (de l'ordre antonin maronite et de l'ordre libanais maronite). « Des moniales libanaises y exercent aussi, notamment des membres de l'ordre Antonin, souligne-t-il. De nouvelles paroisses sont en train de naître, comme la mission Saint-Jean-Apôtre à Pierrefonds (ouest de l'île de Montréal) ou la paroisse Saint-Charbel de
Mississauga. »

Une « Convention maronite » pour les jeunes
Interrogé sur ses réalisations trois ans après avoir pris ses fonctions, Mgr Tabet précise avoir commencé par faire une évaluation de la situation de l'éparchie. « J'ai veillé à ne pas annuler les réalisations de mes prédécesseurs, mais à bâtir là-dessus, affirme-t-il. J'ai essayé de répondre aux besoins actuels. J'ai ainsi travaillé sur deux volets : le volet spirituel et le volet administratif. »
Et d'ajouter : « Du point de vue spirituel, nous voulions améliorer la vie spirituelle dans nos paroisses, permettre aux fidèles de mieux comprendre les parties de la messe et y participer. Nous avons traduit les textes liturgiques de la messe de l'arabe en français. Ainsi, nous avons commencé à diffuser une version bilingue des prières dominicales pendant la messe sur des écrans. Par ailleurs, nous avons pour les jeunes une place particulière dans notre Église. Nous avons créé les Journées canadiennes de la jeunesse maronite, que nous avons appelées "la Convention maronite". Nous essayons aussi de réunir régulièrement les jeunes des scouts maronites de différentes paroisses de Montréal. »

Des comités interparoissiaux
Au niveau administratif, l'évêque a veillé à ce que les bureaux soient rénovés et l'éparchie réorganisée. Une chancellerie a ainsi été créée. « Par ailleurs, après deux séminaires organisationnels, qui ont impliqué tout le clergé maronite du Canada avec leurs associés laïques (présidents de conseils paroissiaux), nous avons conclu à la nécessité de créer une meilleure collaboration entre les paroisses, surtout dans les endroits où nous en avons plusieurs, comme à Montréal par exemple, où nous avons six lieux de culte (paroisses et missions), poursuit-il. C'est la raison pour laquelle nous avons créé des comités interparoissiaux qui se réunissent pour assurer cette collaboration. Ce fut une réussite, notamment à Toronto et à Windsor. L'éparchie compte dorénavant onze comités et deux bureaux (vocations et liturgie) pour une gestion au niveau canadien. Enfin, nous avons renforcé notre coopération avec la Fondation maronite qui gère les dossiers des maronites nés à l'étranger en vue de récupération de la nationalité. »
À la question de savoir s'il y a de nouvelles vocations au Canada, Mgr Tabet précise qu'un bureau a été mis en place pour accompagner les vocations. « Au Canada, nous avons actuellement cinq nouvelles vocations dont deux séminaristes, et trois candidats pour la prêtrise (ayant fini les études en théologie), indique-t-il. Après leur formation, les candidats font des stages dans les paroisses. On forme même des laïcs pour devenir des diacres et des sous-diacres. Ils ont le choix d'aller au grand séminaire de Montréal, ou bien de faire les études chez nous. Nous avons créé en effet depuis deux ans l'Institut maronite de théologie et d'études chrétiennes (Imtec) en partenariat avec l'Université Laval dans la ville de Québec, qui délivre des diplômes après des études de cinq ans en théologie. »

En 1982, le saint pape Jean-Paul II décrète la création d'une éparchie (évêché) pour les maronites du Canada, qui porte le nom de Saint-Maron et dont le siège est à Montréal. Le quatrième évêque à la tête de cette éparchie est Mgr Paul-Marwan Tabet, membre de la Congrégation des missionnaires maronites libanais et ancien secrétaire général des Écoles catholiques au Liban. Il a pris ses fonctions le 24 février 2013.Mgr Tabet est né à Bhamdoun le 20 juillet 1961. « J'étais paroissien de l'église Saint-Élie dans cette même ville, se souvient-il. Cette église a été démolie pendant la guerre, puis rebâtie avec la même architecture. Notre curé était le père Youssef Assaf. »Pour son premier contact avec la Congrégation des missionnaires maronites, il fallait attendre l'école, notamment celle de la...