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Liban

Ibrahim Najjar dans l’ordre espagnol d’Isabelle la Catholique : Pas de démocratie sans abolition de la peine de mort

L’ambassadrice d’Espagne remettant la décoration à Ibrahim Najjar. Photo Marwan Assaf

L'ancien ministre de la Justice Ibrahim Najjar a rappelé hier, lors d'une réception donnée en son honneur au palais Chéhab, résidence de l'ambassadeur d'Espagne, que le Liban n'a pas appliqué la peine de mort une seule fois depuis 2004. « Nous sommes sortis du tunnel qui nous rangeait parmi les nations barbares, a-t-il souligné. C'est-à-dire que nous sommes entrés de plain-pied dans le cercle des nations qui, par le passé, avaient réussi à abolir l'esclavage, rien de moins », s'est-il félicité. Et c'est pour son engagement en faveur de l'abolition de la peine de mort au Liban que M. Najjar a reçu, de la part de l'ambassadrice d'Espagne Milagros Hernando Echevarria, la décoration de commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique.
Soutenu dans son attitude par l'Espagne, à l'époque où il était encore ministre de la Justice, M. Najjar avait été invité à rejoindre la Commission internationale pour l'abolition de la peine de mort dont il est aujourd'hui un membre actif. « Je n'avais pas imaginé que ce serait l'Espagne qui sanctionnerait quelques-uns de mes engagements », a-t-il déclaré hier sur ce pan. « En fait, cela me fait chaud au cœur », a-t-il indiqué, suite à sa décoration, tout en confiant avoir « essuyé plusieurs refus » de la part des politiques libanais.
Toutefois, il se félicite aujourd'hui des avancées de la justice libanaise en la matière, même si la peine de mort n'a toujours pas été abolie. « En 2011, lorsque le Parlement libanais a accepté le principe de la réduction des peines, même pour ceux qui sont condamnés à mort, il a accepté indirectement, et par-delà les clivages religieux et politiques, d'instaurer au Liban une sorte de moratoire de fait. Cet engagement dans cette partie du monde est très important », a-t-il estimé.
Reprenant l'un des dix commandement de la Bible, « Tu ne tueras point », M. Najjar précise que la peine de mort n'est pas la solution. « Comment punir, sanctionner par la peine capitale un jihadiste pour qui la mort est exactement ce qu'il recherche ? Pourquoi punir par la peine de mort les trafiquants de drogue parce que le système policier a échoué ? » s'est-il demandé.
Pour l'ancien ministre de la Justice, cette problématique de la peine de mort pose plus généralement celle du respect de la personne humaine, de la lutte contre le trafic des êtres humains, contre les violences familiales et contre les excès de l'intrusion des renseignements dans les enquêtes sécuritaires, comme de l'intrusion de la politique dans les affaires de la justice. « Il faut que la politique s'éloigne de la justice, a souligné M. Najjar. Les droits de l'homme doivent être respectés dans une région ravagée, meurtrie, déboussolée, honteuse des maux qui l'habitent », a-t-il dit.
Il a finalement invité le Liban à « rester un phare pour les idées et les libertés dans ce monde ». « Il n'y a pas de démocratie sans abolition de la peine de mort au même titre que le fut en son temps, encore une fois, l'abolition de l'esclavage », a-t-il conclu.

L'ancien ministre de la Justice Ibrahim Najjar a rappelé hier, lors d'une réception donnée en son honneur au palais Chéhab, résidence de l'ambassadeur d'Espagne, que le Liban n'a pas appliqué la peine de mort une seule fois depuis 2004. « Nous sommes sortis du tunnel qui nous rangeait parmi les nations barbares, a-t-il souligné. C'est-à-dire que nous sommes entrés de plain-pied dans le...
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Félicitations et Chapeau à Monsieur Najjar. Et bravo à Samir Geagea pour savoir si bien choisir parmi ses amis afin de donner ainsi, grâce au choix de Monsieur Najjar, cette fière et bonne image du pays.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

12 h 57, le 28 novembre 2015

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Commentaires (1)

  • Félicitations et Chapeau à Monsieur Najjar. Et bravo à Samir Geagea pour savoir si bien choisir parmi ses amis afin de donner ainsi, grâce au choix de Monsieur Najjar, cette fière et bonne image du pays.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 57, le 28 novembre 2015

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