Sur les dernières semaines, les prix de l'essence sont à peu près stabilisés et leur contribution négative à l'inflation pourrait commencer à s'amenuiser. En octobre, le CPI a évolué au même rythme que le CPI sous-jacent, soit +0,2 % m/m. Sur un an, l'inflation est restée très faible, à peine au-dessus du zéro (+0,2 %), mais, à partir du mois prochain, les effets de base sur les prix de l'énergie vont disparaître. D'ici à janvier, elle va gagner de 150 à 200 bp, soit de l'ordre de 40-50 bp en novembre, autant en décembre, puis 80-100 bp en janvier. Cet ajustement est « technique », et, à ce titre, on peut espérer qu'il soit parfaitement anticipé. Pour autant, le risque est de voir le débat changer de polarité. On ne parlera plus de déflation mais du retour de l'inflation. En fait, l'inflation n'avait jamais totalement disparu. L'indice CPI-core évolue depuis 2013 entre 1,6 % et 1,9 % sur un an (rappel : la Fed préfère regarder le déflateur de la consommation, qui est un peu moins dynamique). Désormais, avec un taux de chômage tombé à 5 % et des taux directeurs toujours à zéro, on peut attendre quelques pressions haussières, même si un dérapage violent n'est pas à l'ordre du jour. Un redressement de l'inflation tendancielle permettrait à la Fed de présenter ses hausses de taux comme une simple normalisation, puisque le taux réel (taux nominal moins inflation) pourrait alors rester stable, voire baisser.
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