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Économie - Portrait

Pascal Saint-Amans, l’art de prendre la vague fiscale

Pascal Saint-Amans, directeur de la fiscalité de l’OCDE. Mikhail Kireev/AFP

De l'art de prendre les vagues... Surfeur émérite, le Français Pascal Saint-Amans s'est imposé comme le pilote de la lutte internationale contre l'évasion fiscale, une prise de pouvoir qui agace parfois.
À Antalya (Turquie), les chefs d'État et de gouvernement du G20 viennent de consacrer son travail sur la fiscalité des multinationales. Mais il préférerait être à Paris, avec sa femme, enseignante, et ses deux enfants, alors que la capitale française est encore sous le choc d'attentats meurtriers.
L'ambiance était bien plus légère à Lima (Pérou), le 9 octobre : les ministres des Finances du G20 avaient alors validé, avec force louanges, le plan d'action élaboré en un temps record par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour empêcher la fuite fiscale des Apple et autres Starbucks. Pascal Saint-Amans, directeur de la fiscalité de l'OCDE, était allé fêter l'événement sur une planche de surf, photo Twitter à l'appui.
Barbe de trois jours, mèches poivre et sel, et lunettes rectangulaires, le quadragénaire (47 ans) fait un parfait « bobo » parisien, qui circule en vélo, habite face à Notre-Dame et sort dîner en jean et tee-shirt après un sommet financier compassé. « C'est quelqu'un de brillant, qui sait parfaitement où il va » et qui est passé maître dans l'art de « personnaliser » les dossiers, juge Manon Aubry, son interlocutrice pour le compte de l'ONG britannique Oxfam. Cet habile communicant a su s'imposer au niveau international malgré un CV propre à hérisser tout financier anglo-saxon : français, haut fonctionnaire et ancien candidat socialiste à une élection locale. À sa sortie de l'Ena en 1996, il entre au ministère des Finances et s'occupe de fiscalité, mais aussi de régulation de l'énergie. Il publie même une diatribe contre la libéralisation du marché de l'électricité, sous le pseudonyme d'un maréchal d'Empire. Recruté à l'OCDE en 2007, il est aux premières loges quand l'entreprenant chef de l'organisation Angel Gurria arrache aux États du G20 le mandat d'organiser la lutte contre l'évasion fiscale.

« Renard argenté »
Juste après la crise financière, Pascal Saint-Amans s'engouffre dans la fenêtre de tir politique qui vient de s'ouvrir. « PSA » commence par clamer la « mort du secret bancaire » en généralisant l'échange automatique entre administrations fiscales sur les avoirs des particuliers, initié par les États-Unis. Puis il siffle « la fin de la récréation », en théorie, pour Apple, Amazon et autres multinationales expertes en évitement fiscal.
Ce lecteur passionné séduit jusqu'à la Suisse, ancien bastion du secret bancaire : le quotidien Le Temps s'enflamme pour le « stakhanoviste » qui « déplace des montagnes ».
Mais le « renard argenté », comme l'appellent celles et ceux que son aisance médiatique agace, ne fait pas l'unanimité. Au-delà de l'hostilité des gestionnaires de fonds des paradis fiscaux, il est critiqué par les ONG. Elles reprochent à cet envoyé des États riches, exempté d'impôt sur le revenu comme tous les fonctionnaires internationaux, de négliger les pays pauvres et de laisser trop de mou aux multinationales. Piqué au vif, il les accuse dans une interview récente aux Échos de « faire la fine bouche ». Ce ton acerbe a surpris ses interlocuteurs du monde associatif, dont l'un estime qu'après avoir accompli « un travail colossal », il est « peut-être temps (pour Pascal Saint-Amans) de laisser le bébé ».
Le fonctionnaire international veut encore « descendre dans les soutes » pour superviser la mise en œuvre des grandes annonces, mais sans s'éterniser à son poste.

Aurélia END/AFP

De l'art de prendre les vagues... Surfeur émérite, le Français Pascal Saint-Amans s'est imposé comme le pilote de la lutte internationale contre l'évasion fiscale, une prise de pouvoir qui agace parfois.À Antalya (Turquie), les chefs d'État et de gouvernement du G20 viennent de consacrer son travail sur la fiscalité des multinationales. Mais il préférerait être à Paris, avec sa femme, enseignante, et ses deux enfants, alors que la capitale française est encore sous le choc d'attentats meurtriers.L'ambiance était bien plus légère à Lima (Pérou), le 9 octobre : les ministres des Finances du G20 avaient alors validé, avec force louanges, le plan d'action élaboré en un temps record par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour empêcher la fuite fiscale des Apple et autres Starbucks....
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