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Lifestyle - Liban Pop

Aline Lahoud, équilibriste

Placer ses pas dans ceux de Salwa al-Katrib, tout en creusant ses propres empreintes. Un jeu de funambule auquel la blonde va se livrer dès samedi soir en reprenant le rôle de sa mère dans la pièce populaire « Bint el-Jabal ».

« Je veux casser le personnage que Salwa avait créé et le reconstruire avec mes propres émotions », confie Aline Lahoud.

L'équation n'est pas simple à résoudre, l'exercice est risqué, mais la jeune femme n'a pas d'alternative. Son oncle Roméo Lahoud lui avait proposé à plusieurs reprises de reprendre le rôle de Lisa dans sa pièce Bint el-Jabal (La fille de la montagne), sans pour autant que cela n'aboutisse. Cette adaptation libanaise de la comédie musicale américaine My Fair Lady, écrite en 1977, était au départ destinée à sa mère. L'actrice et chanteuse Salwa al-Katrib a triomphé alors sur les planches aux côtés d'Antoine Kerbage. En 1988, elle endossera à nouveau ce même rôle au Casino du Liban. 27 ans plus tard, il est temps de reprendre le flambeau – sans se brûler ? – pour Aline Lahoud.
En plus du trac habituel d'avant-représentation, l'actrice s'avoue émue d'interpréter ce rôle. « C'est une immense responsabilité que je porte, car toute une génération a déjà assisté à la pièce originale, donc la comparaison va être forcément présente », confie l'artiste à la veille de deux jours de promotion sur les plateaux de télévision et de radio. Pourtant, la chanteuse et comédienne à la voix assurée se sent en confiance. Roméo Lahoud estime qu'elle a les épaules assez solides pour s'en sortir avec les honneurs. « Lorsqu'on est au théâtre, je ne suis plus sa nièce. Nous sommes tous des acteurs face à un metteur en scène très exigeant et avec qui nous ne pouvons pas plaisanter », assure-t-elle.
Aussi, la jeune femme tient-elle à éviter de regarder des images de Salwa sur scène, de peur de la caricaturer. « J'étais enfant lorsqu'elle jouait en 1988, donc je me rappelle de ses tenues, de sa manière de se déplacer sur scène et de son jeu théâtral. Mais je veux faire oublier tout cela aux spectateurs », se justifie l'artiste. « Je veux casser le personnage qu'elle avait créée, et le reconstruire avec mes propres émotions. J'essaie de travailler comme si c'était une pièce que je n'avais jamais vue auparavant. Comme si je découvrais le texte pour la première fois », confie-t-elle.

Inévitable comparaison
Grandir dans l'ombre de sa mère, une légende, baignée dans cette frénésie du monde du spectacle (que ce soit avec son oncle metteur en scène, une de ses tantes styliste, l'autre qui était une grande journaliste et la troisième chorégraphe, son père producteur, ses cousins...), cela la poursuit depuis le début de sa carrière. La blonde aux yeux verts souffre encore aujourd'hui de l'inévitable comparaison des médias ou du public, mais son aplomb lui permet d'éviter les complexes. « Avant de vouloir appartenir au monde du spectacle, je souhaitais, à 17 ans, être traductrice. Mes parents m'ont toujours soutenue, même lorsque j'ai décidé d'avoir un chemin différent du leur », raconte celle qui a finalement troqué la faculté des lettres pour l'audiovisuel à la dernière minute. Comme si être en représentation était plus fort que tout chez les Lahoud. D'ailleurs, elle ne cache pas qu'elle a pu s'appuyer sur l'héritage artistique de sa famille. Pourtant, la chanteuse dit avoir toujours « voulu créer un chemin indépendant ». « Le challenge est d'autant plus important, si ma famille a déjà fait ses preuves, à moi de faire les miennes. Le moindre faux pas me coûtera beaucoup plus cher qu'un artiste quelconque », se défend-elle.
Aline ne part pas de zéro. Son père aurait décelé son oreille musicale dès ses trois ans, selon la légende familiale. Alors, à la chorale de l'école dans laquelle elle est soliste, la petite fille se fait la main. Deux décennies plus tard, elle enchaîne les comédies musicales sous la direction d'Élias Rahbani en 2008 ou encore Ghadi Rahbani en 2012. Elle tourne pour la télévision dans une dizaine de feuilletons dont Al-ta'er el-maksour et Docteur Hala en 2008, Auberge en 2011, ou encore Zahab wa aawda l'été dernier. En 2014, elle est sélectionnée pour le télécrochet The Voice France et y fait une apparition remarquée, même si elle est trop rapidement évincée. La jeune femme estime néanmoins que cette « expérience hyperpositive » lui a servi de nouvel accélérateur à sa carrière, au Liban comme à l'étranger. « Cela m'a permis de me découvrir face à un nouveau public et de lui présenter ma culture orientale. La musique, même si la langue n'est pas comprise, permet de faire tomber les barrières. » Aline n'avait pas choisi sa chanson par hasard, elle avait repris le tube de Salwa, Khedni Maak.

Toujours rationaliser
Après avoir refusé le rôle plusieurs fois, pour cause d'agenda incompatible ou par peur de n'être pas à la hauteur, cela fait quatre mois que la chanteuse est plongée dans les répétitions de Bint el-Jabal. Initialement, la pièce devait être présentée en janvier 2015, mais l'équipe ne satisfaisait pas pleinement le metteur en scène, exigeant comme toujours. Un nouveau casting a alors eu lieu avant que la troupe se remette en marche. C'est alors que l'acteur Badih Abou Chakra, ami et complice d'Aline Lahoud, a intégré la troupe. « Il y a une alchimie assez exemplaire avec Badih. Nous avons beaucoup de points communs, nous nous comprenons facilement sans avoir besoin de nous parler. En un seul regard, nous savons ce que pense l'autre », se réjouit la trentenaire.
Mais la fille de Salwa al-Katrib ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Récemment, elle a enregistré deux singles – dont la version arabe de My Way – prévus pour le début de l'année 2016. « Une fois les représentations de Bint el-Jabal terminées, en février prochain, j'aurai cette passion de revenir sur scène », s'emballe déjà la chanteuse qui écrit aussi actuellement les scénarios d'une série télévisée et d'un film. Avant de rationaliser immédiatement : « Mais je veux me focaliser sur un seul objectif par période. » Conseil averti, de famille, probablement.

*Bint el-Jabal, théâtre des Arts, Jounieh, représentations du jeudi au dimanche à 17h ou 20h30. Avant-première samedi 14 novembre à 20h30.
Réservations au 09-933833 ou 01-999666 ou au Virgin ticketing.

 

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L'équation n'est pas simple à résoudre, l'exercice est risqué, mais la jeune femme n'a pas d'alternative. Son oncle Roméo Lahoud lui avait proposé à plusieurs reprises de reprendre le rôle de Lisa dans sa pièce Bint el-Jabal (La fille de la montagne), sans pour autant que cela n'aboutisse. Cette adaptation libanaise de la comédie musicale américaine My Fair Lady, écrite en 1977, était au départ destinée à sa mère. L'actrice et chanteuse Salwa al-Katrib a triomphé alors sur les planches aux côtés d'Antoine Kerbage. En 1988, elle endossera à nouveau ce même rôle au Casino du Liban. 27 ans plus tard, il est temps de reprendre le flambeau – sans se brûler ? – pour Aline Lahoud.En plus du trac habituel d'avant-représentation, l'actrice s'avoue émue d'interpréter ce rôle. « C'est une immense responsabilité...
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Ou, "hâwlitélhésséne" !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

19 h 21, le 13 novembre 2015

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Commentaires (1)

  • Ou, "hâwlitélhésséne" !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    19 h 21, le 13 novembre 2015

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