L'ayatollah Ali Sistani, la plus haute autorité de l'islam chiite en Irak, a averti hier le Parlement de ne pas utiliser de mécanismes constitutionnels ou législatifs pour contourner les réformes anticorruption décidées par le Premier ministre.
Cet appel intervient quelques jours après le vote au Parlement d'une résolution non contraignante appelant le gouvernement à ne pas appliquer ses réformes sans accord préalable du corps législatif. Ces élus ont appelé « toutes les autorités à se soumettre à leur avis en respectant la Constitution », sans désigner nommément le Premier ministre Haider al-Abadi. Ils s'élèvent contre les projets de M. Abadi pour lutter contre la corruption, décidés unilatéralement selon eux.
« Le pouvoir législatif et d'autres autorités ne doivent pas utiliser la Constitution pour contourner les mesures de réformes », a cependant prévenu hier M. Sistani dans un prêche lu en son nom par son représentant lors de la prière hebdomadaire à Kerbala (Sud).
L'ayatollah Sistani, révéré par des millions de chiites, avait appuyé les réformes prises par M. Abadi cet été sous la pression de la rue et avait averti que si ces réformes n'étaient pas mises en œuvre, l'Irak pourrait être conduit à la partition.
M. Abadi, qui peine à mettre en œuvre des réformes pour améliorer la gouvernance du pays, a réfuté les récentes critiques des parlementaires, affirmant que leur rôle n'avait pas été usurpé et qu'ils avaient approuvé ses projets. Le Parlement avait en effet adopté début août le programme de réformes gouvernementales.
(Source : AFP)


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