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Économie - Automobile

Paris met la pression sur Ghosn pour une fusion Renault-Nissan

L'État français pousserait les deux constructeurs à accélérer leur rapprochement et à fusionner, en respectant certains termes fixés par le gouvernement.

Emmanuel Macron exhorte depuis plusieurs mois Carlos Ghosn à mettre sur pied un groupe de travail conjoint avec les représentants du gouvernement pour explorer les scénarios de fusion permettant de sauvegarder usines et emplois en France, selon plusieurs sources gouvernementales et d’autres proches de l’alliance Renault-Nissan. Charly Triballeau / AFP

Le ministre français de l'Économie, Emmanuel Macron, met actuellement la pression sur le PDG de Renault Carlos Ghosn pour qu'il concrétise une fusion complète avec son partenaire Nissan mais selon des termes fixés par le gouvernement, ont déclaré à Reuters des sources au fait du dossier. Cette ambition du ministre éclaire sous un jour nouveau le bras de fer qui a éclaté au grand jour en avril quand l'État français, principal actionnaire de Renault, est monté au capital du groupe pour s'assurer les droits de vote doubles prévus par la loi Florange. Elle marque aussi un changement de position du gouvernement, plutôt réservé par le passé sur un tel approfondissement de l'alliance entre les deux constructeurs, de peur que le pouvoir de l'État sur l'évolution future de la nouvelle entité s'en trouve dilué.
Emmanuel Macron exhorte ainsi depuis plusieurs mois Carlos Ghosn à mettre sur pied un groupe de travail conjoint avec les représentants du gouvernement pour explorer les scénarios de fusion permettant de sauvegarder usines et emplois en France, ont dit à Reuters plusieurs sources gouvernementales et proches de l'alliance Renault-Nissan. Selon elles, Carlos Ghosn a ignoré ces demandes et pourrait se trouver contraint, en lieu et place, de « réactiver » ses propres options en matière de consolidation. Parmi elles pourrait figurer le scénario d'une fusion complète avec une moindre influence de l'État français, déjà échafaudé en 2013 avec l'assistance de la banque Goldman Sachs puis mis de côté.

« Ne jamais sous-estimer Ghosn »
« Voilà qui le contraint à aller plus vite que ce qu'il prévoyait », a dit une source proche de l'alliance. « Je pense qu'il ne faut jamais sous-estimer Ghosn. » Des porte-parole de Renault-Nissan et du gouvernement français ont refusé de faire un commentaire sur les scénarios étudiés et les discussions entre les deux parties.
L'action Renault a fait un bond à la Bourse de Paris à la diffusion de l'information de Reuters, pour toucher un plus haut de séance à 95,19 euros (103,38 dollars). Elle gagnait encore plus de 1 % à 91,18 euros (99,03 dollars) à une demi-heure de la clôture du marché.
Ce bras de fer a exposé des visions concurrentes de l'avenir de Renault-Nissan, alliance fondée en 1999 sur la base de participations croisées. Renault détient 43,4 % de Nissan, tandis que le groupe japonais détient 15 % de son partenaire français, mais aucun droit de vote.
Nissan a répondu à Emmanuel Macron en proposant de mettre fin au contrôle de l'État sur Renault avec des participations croisées plus équilibrées, entre 25 % et 35 % chacune. Des sources ont dit que Carlos Ghosn avait le soutien du conseil d'administration pour réduire la participation du groupe français dans son partenaire japonais. Renault a convoqué pour demain un conseil d'administration extraordinaire, alimentant ainsi les spéculations voulant que les deux constructeurs puissent commencer à ajuster leurs participations d'ici à quelques jours ou semaines. « Cela fait un moment maintenant qu'Emmanuel Macron propose cela à Carlos Ghosn », indique une source proche du gouvernement, ajoutant que le ministre est déterminé à ce qu'une opération voie le jour avant 2017, année électorale importante en France avec la prochaine présidentielle.

Deux visions de la fusion
Emmanuel Macron a commencé au même moment à demander à Carlos Ghosn de discuter d'une fusion qui « préserve les intérêts stratégiques français », notamment les emplois industriels, avec une nouvelle entité idéalement basée en France, ajoute cette source. « Mais le groupe n'a jamais vu le jour. » Le gouvernement a également fixé comme condition que l'État français demeure le principal actionnaire du nouveau groupe.
Mais les projets de fusion Renault-Nissan étudiés auparavant par Carlos Ghosn paraissent bien différents. Un groupe de travail a planché sur une nouvelle combinaison basée dans un pays tiers et cotée à la fois à Paris et Tokyo, selon des sources, et fait appel en cours de route à la banque Goldman Sachs pour le conseiller sur certains aspects.
Depuis que le sujet est revenu sur le devant de la scène, les banques d'investissement ont ressorti des tiroirs les scénarios sur lesquels elles ont travaillé. Les changements envisagés dans le niveau des participations pourraient ouvrir la voie à une fusion totale dans des termes acceptables par les deux parties. « Ce n'est pas du tout pour influer ou avoir un droit de vote au board de Renault », déclare un haut responsable de l'alliance. « C'est plus par rapport à des évolutions futures, pour mieux équilibrer les positions de chacun si quelque chose se prépare. »
(Source : Reuters)

Le ministre français de l'Économie, Emmanuel Macron, met actuellement la pression sur le PDG de Renault Carlos Ghosn pour qu'il concrétise une fusion complète avec son partenaire Nissan mais selon des termes fixés par le gouvernement, ont déclaré à Reuters des sources au fait du dossier. Cette ambition du ministre éclaire sous un jour nouveau le bras de fer qui a éclaté au grand jour en avril quand l'État français, principal actionnaire de Renault, est monté au capital du groupe pour s'assurer les droits de vote doubles prévus par la loi Florange. Elle marque aussi un changement de position du gouvernement, plutôt réservé par le passé sur un tel approfondissement de l'alliance entre les deux constructeurs, de peur que le pouvoir de l'État sur l'évolution future de la nouvelle entité s'en trouve dilué.Emmanuel...
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