Une Palestinienne encagoulée d’un keffieh attaque le mur de séparation, qui coupe Abou Dis de Jérusalem, à la hache...Ahmad Gharabli/AFP
Quatre Israéliens ont été blessés, hier, près de Tel-Aviv, dans deux attaques au couteau menées par des Palestiniens qui se sont ajoutées aux dizaines d'autres commises depuis un mois à Jérusalem, en Israël et en Cisjordanie occupée.
Un Palestinien de 19 ans, originaire de Hébron en Cisjordanie, a ainsi poignardé trois Israéliens, apparemment au hasard, dans les rues de Richon Le Zion, au sud de Tel-Aviv, selon la police israélienne. L'une de ses victimes est grièvement blessée. Le jeune homme a été arrêté par les policiers après avoir été enfermé dans un magasin, où il avait poignardé sa troisième victime. Un autre Palestinien de 22 ans de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, a à son tour poignardé et gravement blessé un Israélien d'environ 70 ans à Netanya, au nord de Tel-Aviv, avant d'être « neutralisé » par les tirs d'un policier, a dit la police israélienne sans préciser l'état de l'agresseur.
Ces attentats sont les premiers en dehors de Jérusalem et de Cisjordanie depuis le 22 octobre, selon une liste officielle israélienne. Plus tôt, un Palestinien avait été abattu lors d'une tentative d'attaque au couteau contre un soldat israélien à un point de passage entre la Cisjordanie et le nord d'Israël, a indiqué la police israélienne. Le caractère aléatoire de ces agressions et le fait qu'elles sont difficiles à arrêter maintiennent le climat de nervosité en Israël. Les Affaires étrangères israéliennes font état de 58 agressions au couteau, de six attaques à la voiture bélier et de cinq autres par armes à feu contre des Israéliens depuis début octobre.
Les armes blanches sont, avec les pierres lancées contre les forces israéliennes, les armes utilisées par les Palestiniens dans cette nouvelle vague de violences qui a débuté le 1er octobre après des mois de tensions et réveillé le spectre d'une nouvelle intifada. Depuis lors, les heurts, les agressions mutuelles entre Palestiniens et colons, et les attentats anti-israéliens ont fait 69 morts parmi les Palestiniens, dont un Arabe israélien, et neuf parmi les Israéliens. La moitié des Palestiniens tués l'ont été en commettant ou tentant de commettre des attentats.
Les étudiants à la pointe de la mobilisation
Les attaques ont débuté dans la Vieille Ville de Jérusalem, mais la tension s'est déplacée ces derniers jours vers le sud de la Cisjordanie, autour de Hébron. La police israélienne a ainsi indiqué avoir arrêté cinq Palestiniens de Hébron à Ezaria, une localité de Cisjordanie près de Jérusalem, avec un engin explosif à bord de leur voiture. L'engin devait « apparemment » être utilisé pour un attentat dans le secteur de Hébron, a dit la police.
Les heurts entre jeunes Palestiniens et forces israéliennes sont quotidiens. Hier, les gardes-frontières israéliens ont forcé les portes de l'Université al-Qods à Abou Dis, en Cisjordanie, pour affronter des étudiants palestiniens retranchés qui leur jetaient des pierres. Restés à l'écart d'une manifestation contre le mur de séparation israélien qui coupe Abou Dis de Jérusalem et représente l'un des symboles les plus honnis de l'occupation pour les Palestiniens, les gardes-frontières ont essuyé une pluie de pierres quand ils ont approché plus tard l'université, qui fait face au mur de séparation. Les policiers israéliens ont riposté à coups de balles caoutchoutées, de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes tirées à travers les grilles du campus, derrière lesquelles des étudiants au visage couvert du keffieh – apparemment des dizaines – leur jetaient des cailloux. Les policiers ont ensuite forcé les grilles pour continuer à tirer à l'intérieur du campus.
Cette intrusion des forces israéliennes est l'une des toutes premières dans une université palestinienne depuis début octobre. Les étudiants sont à la pointe de la mobilisation des jeunes ces dernières semaines. Les secouristes palestiniens, qui ont soigné les blessés dans l'infirmerie du campus, ont fait état de plusieurs personnes atteintes par des balles caoutchoutées ainsi que de nombreuses intoxications au gaz lacrymogène.
(Source : AFP)


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