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Économie - Hydrocarbures

Avec la chute de l’or noir, les majors ont fini de manger leur pain blanc

Total a vu son bénéfice net s’effondrer de 69 % à 1,08 milliard de dollars entre les mois de juillet et septembre. Martin Bureau/AFP

La dégringolade des prix du pétrole a entraîné dans son sillage celle des résultats des majors pétrolières au troisième trimestre qui, pour tenir le choc, appliquent la même recette : couper les coûts et les investissements, mais préserver le dividende à tout prix. « Avec des cours qui ont très lourdement chuté, qui devraient se relever en 2016 mais très faiblement, il n'y a pas de surprise à cet égard », souligne Christopher Dembik, économiste chez Saxo Bank.
Pas de surprise, mais les chiffres sont éloquents. Le géant français Total a vu son bénéfice net s'effondrer de 69 % à 1,08 milliard de dollars entre les mois de juillet et septembre en raison de dépréciations d'actifs, même si son résultat net ajusté, qui exclut les éléments volatils et exceptionnels, a mieux résisté. Le bénéfice net du britannique BP a été quasi réduit à néant, l'italien Eni et le norvégien Statoil ont fini dans le rouge. Mais la palme revient à l'anglo-néerlandais Shell qui a accusé une spectaculaire perte nette de 7,4 milliards de dollars. Les compagnies américaines n'échappent pas à la tendance : les profits d'ExxonMobil ont presque été divisés par deux, et ceux de Chevron ont plongé de 63 %.
Il faut dire qu'entre fin juin 2014 et fin septembre, le baril a lourdement chuté, passant de 90 dollars à moins de 50 dollars. Les cours évoluaient même à plus de 110 dollars en juin de l'an dernier. « Là où il y a le plus déception, c'est sur l'amplitude des dépréciations, due à des révisions des prix du pétrole à long terme ou à des transactions », relève Alexandre Andlauer, analyste chez AlphaValue. Shell, par exemple, a déprécié pour 3,7 milliards de dollars d'actifs, dont 2,3 milliards pour le seul gaz de schiste aux États-Unis.
Paradoxalement, alors que les activités de raffinage pesaient sur les résultats des groupes pétroliers ces dernières années, elles apportent désormais un peu d'oxygène à leurs finances, plombées par l'exploration-production.
Et faute d'entrevoir de réelle embellie en raison d'une demande à la vigueur incertaine dans un marché inondé de barils, les groupes appliquent tous la même recette, car ils ont tous la même contrainte : satisfaire à court terme des actionnaires particulièrement exigeants. Ils ont donc à nouveau taillé drastiquement dans leurs investissements, à hauteur totale de plusieurs dizaines de milliards de dollars. À cela s'ajoutent des milliers de suppressions d'emplois, comme chez Chevron, où une nouvelle coupe claire affectera 6 000 à 7 000 postes. « Les grandes compagnies pétrolières réduisent drastiquement leurs investissements pour pouvoir rentabiliser leurs opérations à environ 60 dollars le baril », constate Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets.
Avec la baisse de la production attendue aux États-Unis, « l'idée est que les prix du pétrole atteindront en moyenne 60 dollars le baril à moyen terme. Cela permet à ces compagnies de préserver leur dividende en augmentant à court terme leur taux d'endettement grâce aux faibles taux d'intérêt », précise-t-il. Cette approche a un revers : elle pénalise les revenus futurs des compagnies pétrolières en baissant leur production.

Martine PAUWELS/AFP

La dégringolade des prix du pétrole a entraîné dans son sillage celle des résultats des majors pétrolières au troisième trimestre qui, pour tenir le choc, appliquent la même recette : couper les coûts et les investissements, mais préserver le dividende à tout prix. « Avec des cours qui ont très lourdement chuté, qui devraient se relever en 2016 mais très faiblement, il n'y a pas de surprise à cet égard », souligne Christopher Dembik, économiste chez Saxo Bank.Pas de surprise, mais les chiffres sont éloquents. Le géant français Total a vu son bénéfice net s'effondrer de 69 % à 1,08 milliard de dollars entre les mois de juillet et septembre en raison de dépréciations d'actifs, même si son résultat net ajusté, qui exclut les éléments volatils et exceptionnels, a mieux résisté. Le bénéfice net du...
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