La Fed, présidée par Janet Yellen, a notamment souligné la croissance « solide » des dépenses des consommateurs et des investissements des entreprises. Jonathan Ernst/Reuters
Le Comité monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu hier ses taux d'intérêt inchangés proches de zéro, comme s'y attendaient les marchés, mais la porte reste entrouverte à un relèvement des taux en décembre.
Notant que l'activité économique continuait de croître à un rythme modéré, la Banque centrale a reconnu que le rythme de créations d'emplois avait ralenti. Mais la Fed a souligné la croissance « solide » des dépenses des consommateurs et des investissements des entreprises. Contrairement à son communiqué de septembre, la Réserve fédérale a enlevé sa référence à l'environnement économique et financier mondial qui pouvait freiner l'activité économique aux États-Unis.
En septembre, la Banque centrale s'était montrée inquiète de l'affaiblissement de l'économie chinoise et des turbulences sur les marchés financiers. Elle avait choisi de maintenir le statu quo monétaire, alors que les taux d'intérêt à court terme sont proches de zéro depuis fin 2008 pour soutenir la reprise après la crise financière.
Hormis la suppression de cette référence claire à l'impact de l'environnement international sur l'économie américaine et le bémol apporté sur le rythme des créations d'emplois plus lentes après les chiffres décevants de septembre, le communiqué du Comité monétaire (FOMC) est très similaire au précédent.
Il paraît toutefois clair que le FOMC n'exclut pas une hausse des taux d'intérêt dès la prochaine réunion de décembre, la dernière de l'année, comme l'ont souhaité à plusieurs reprises Janet Yellen, la présidente, et Stanley Fischer, le vice-président. « Afin de déterminer s'il sera approprié de relever le niveau du taux de l'argent lors de sa prochaine réunion, le comité examinera les progrès à la fois réalisés et attendus vers ses objectifs d'emploi maximum et de 2 % d'inflation », dit le communiqué, évoquant clairement la réunion des 15 et 16 décembre.
Les membres du Comité monétaire s'étaient montrés divisés ces dernières semaines sur la nécessité de relever les taux à court terme « avant la fin de l'année » vu la faiblesse de l'inflation et la morosité de l'économie mondiale.
Le Fonds monétaire international a, lui, appelé plusieurs fois à patienter jusqu'au début de l'année prochaine et les probabilités estimées à partir des produits dérivés sur les marchés misent davantage sur un relèvement des taux en 2016 que dès la mi-décembre.
Nombreuses données d'ici à décembre
D'ici là, les responsables de la Banque centrale auront de nombreuses données économiques sur lesquelles s'appuyer.
Aujourd'hui les chiffres du PIB (produit intérieur brut) du 3e trimestre publiés par le département du Commerce devraient montrer un net tassement de l'expansion, à 1,6 % en rythme annualisé contre un bond de 3,9 % du 2e trimestre à la suite du long hiver rigoureux du début de l'année.
Deux nouveaux rapports sur l'emploi seront également révélés ainsi que les chiffres des ventes au détail pour octobre et novembre, indicateurs cruciaux étant donné que les dépenses de consommation sont le moteur de l'économie américaine.
Les membres de la Fed restent confiants dans le fait que l'inflation, qui va rester « à court terme » à son très bas niveau actuel, remonte « graduellement » vers l'objectif de 2 % à moyen terme, objectif que la Banque centrale juge sain pour l'économie. L'inflation ne devrait pas dépasser 0,1 % sur un an en septembre, selon les prévisions des analystes sur l'indice PCE.
« La Fed est moins inquiète que les risques financiers mondiaux n'infiltrent l'économie américaine », soulignait Ian Shepherdson, l'économiste en chef pour Pantheon Macro Economics. « Une hausse des taux en décembre est désormais suspendue aux deux prochains rapports sur l'emploi », affirme cet expert pour qui un relèvement du crédit, qui serait le premier en près de dix ans, « reste à l'ordre du jour même si ce n'est pas une affaire entendue ».
Un membre du Comité monétaire, Jeffrey Lacker, de l'antenne de Richmond, a voté contre la décision hier. Comme en septembre, il est partisan d'une hausse des taux d'un quart de point dès maintenant.
(Source : AFP)

