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Liban - Fady Noun

L’encyclique « Laudato si » est désormais disponible en version arabe

« Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l'homme, mais l'homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même ».

L'encyclique « Laudato si » du pape François sur l'environnement et la question sociale est désormais disponible en version arabe. Elle a été présentée au public au cours d'une conférence de presse au Centre catholique d'information, où l'on peut passer commande de l'ouvrage. On a beaucoup parlé de ce document, mais sa lecture ne déçoit pas l'attente. Son texte évoque de façon particulièrement frappante notre mode de vie. Pour un citadin, il réserve une dénonciation des concentrations urbaines de la plus haute pertinence.
« Aujourd'hui, dit-il, nous observons la croissance démesurée et désordonnée de beaucoup de villes qui sont devenues insalubres à vivre, non seulement du fait de la pollution causée par les émissions toxiques, mais aussi à cause du chaos urbain, des problèmes de transport et de la pollution visuelle ainsi que sonore. » On se croirait presque pris dans un embouteillage de Beyrouth. « Les habitants de cette planète, ajoute le passage cité, ne sont pas faits pour vivre en étant toujours plus envahis par le ciment, l'asphalte, le verre, les métaux, privés de contact physique avec la nature. »


Le premier chapitre de l'encyclique, en particulier, est saisissant de rigueur, au point que l'on se demande si le texte n'est pas rédigé par l'équipe de travail du pape. « Parmi les composantes sociales du changement global figurent les effets de certaines innovations technologiques sur le travail, l'exclusion sociale, l'inégalité dans la disponibilité et la consommation d'énergie et d'autres services, la fragmentation sociale, l'augmentation de la violence et l'émergence de nouvelles formes d'agression sociale, le narcotrafic et la consommation croissante de drogues chez les plus jeunes, la perte d'identité. »
Cette fois, ce sont les cas d'inégalité d'accès à l'eau et à l'électricité qui surgissent : routes coupées par des populations excédées par les pénuries, armes à feu utilisées aux États-Unis par des jeunes fanatisés et rendus fous par la solitude et l'exclusion.
Au passage suivant, c'est l'image de nos prostrations devant le poste de télévision qui s'offrent spontanément. « À cela s'ajoutent les dynamiques des moyens de communication sociale et du monde digital qui, en devenant omniprésentes, ne favorisent pas le développement d'une capacité de vivre avec sagesse, de penser en profondeur, d'aimer avec générosité. Les grands sages du passé, dans ce contexte, auraient couru le risque de voir s'éteindre leur sagesse au milieu du bruit de l'information qui devient divertissement.

 

Encyclique sociale
L'encyclique, présentée au monde comme une « encyclique écologique », est également une encyclique sociale par excellence. « Mais aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu'une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l'environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres », dit le texte. Ce que le pape préconise, c'est une nouvelle approche de l'usage dont nous faisons de la planète. Penant la parole, lors de la 70e Assemblée générale de l'Onu, Mgr Bernardito Auza, l'observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies à New York, a souligné le besoin d'un réel développement durable qui ne traite pas les personnes comme des moyens de production.
Prenant appui sur l'encyclique du pape, Mgr Auza a réclamé un changement du « processus insoutenable de développement qui appartient au passé ».


« Pendant trop longtemps, a-t-il dit, nous avons vu le développement seulement en termes de croissance économique et d'accumulation des richesses. » Ce modèle, selon l'observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, se révèle « insoutenable, dans la mesure où il réduit les êtres humains à des moyens de production » et menace la terre en raison « d'une exploitation insoutenable de ses ressources. » « Ni les personnes ni la planète ne peuvent y survivre longtemps », affirme t-il, avec force, dénonçant la « culture du gaspillage » et la « crise écologique » qui pèsent de façon disproportionnée sur les plus pauvres.
Sait-on par exemple que l'on gaspille approximativement le tiers des aliments qui sont produits ? Qui ne s'est pas étonné, un jour ou l'autre, de l'énorme quantité de nourriture abandonnée sur place par les convives d'un mariage, et peut-être jetée ? Pour le pape, le modèle de consommation d'une minorité « serait impossible à généraliser, parce que la planète ne pourrait même pas contenir les déchets d'une telle consommation ». Irrésistiblement, c'est l'image des déchets ménagers qui s'amoncèlent à Beyrouth et dans le Mont-Liban, qui s'impose à l'esprit.
« Laudato si » ne s'adresse non pas aux seuls croyants, mais à tous les hommes conscients que nos modèles de conduites hérités d'un temps où des continents n'avaient pas encore été découverts, ni les ressources surexploitées, ne sont plus praticables. Car « non seulement la terre a été donnée par Dieu à l'homme (...), mais l'homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté ».
L'encyclique est facilement disponible sur Internet. Mais pour ceux qui aiment souligner des passages, l'édition papier, format livre, est encore la plus pratique.

 

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L'encyclique « Laudato si » du pape François sur l'environnement et la question sociale est désormais disponible en version arabe. Elle a été présentée au public au cours d'une conférence de presse au Centre catholique d'information, où l'on peut passer commande de l'ouvrage. On a beaucoup parlé de ce document, mais sa lecture ne déçoit pas l'attente. Son texte évoque de façon particulièrement frappante notre mode de vie. Pour un citadin, il réserve une dénonciation des concentrations urbaines de la plus haute pertinence.« Aujourd'hui, dit-il, nous observons la croissance démesurée et désordonnée de beaucoup de villes qui sont devenues insalubres à vivre, non seulement du fait de la pollution causée par les émissions toxiques, mais aussi à cause du chaos urbain, des problèmes de transport et de la pollution...
commentaires (1)

"Pendant longtemps nous avons vu le développement seulement en termes de croissance économique et (d'accumulation des richesses). Ce modèle se révèle insoutenable, dans la mesure où il réduit les êtres humains à (des moyens de production) et menace la terre en raison (d'une exploitation insoutenable de ses ressources.) Ni les personnes ni la planète ne peuvent y survivre longtemps, dénonçant la (culture du gaspillage et la crise écologique) qui pèsent de façon disproportionnée sur les plus pauvres. Le modèle de (consommation d'une minorité) serait impossible à généraliser, parce que la planète ne pourrait même pas contenir les déchets d'une telle consommation. « Laudato si » ne s'adresse non pas aux seuls croyants, mais à tous les hommes conscients que nos modèles de conduites hérités d'un temps où (des continents n'avaient pas encore été découverts, ni les ressources surexploitées), ne sont + praticables. Car l'homme, lui, doit respecter (la structure naturelle) et morale dont il a été doté." ! On dirait du Karl Marx.... Il est pas mal ce Cardinal "jésuite" !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

04 h 02, le 24 octobre 2015

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Commentaires (1)

  • "Pendant longtemps nous avons vu le développement seulement en termes de croissance économique et (d'accumulation des richesses). Ce modèle se révèle insoutenable, dans la mesure où il réduit les êtres humains à (des moyens de production) et menace la terre en raison (d'une exploitation insoutenable de ses ressources.) Ni les personnes ni la planète ne peuvent y survivre longtemps, dénonçant la (culture du gaspillage et la crise écologique) qui pèsent de façon disproportionnée sur les plus pauvres. Le modèle de (consommation d'une minorité) serait impossible à généraliser, parce que la planète ne pourrait même pas contenir les déchets d'une telle consommation. « Laudato si » ne s'adresse non pas aux seuls croyants, mais à tous les hommes conscients que nos modèles de conduites hérités d'un temps où (des continents n'avaient pas encore été découverts, ni les ressources surexploitées), ne sont + praticables. Car l'homme, lui, doit respecter (la structure naturelle) et morale dont il a été doté." ! On dirait du Karl Marx.... Il est pas mal ce Cardinal "jésuite" !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 02, le 24 octobre 2015

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