La France va aider la Grèce à gérer ses actifs publics pour éviter des privatisations à prix cassés et mettre en place un service pour les fraudeurs fiscaux voulant régulariser leur situation.
Un protocole d'assistance signé hier par les ministres français et grec des Finances, à l'occasion de la visite du président français, François Hollande, à Athènes, prévoit que la France accompagnera la mise en place du fonds d'actifs prévu par l'accord du 13 juillet entre la Grèce et ses créditeurs internationaux. L'objectif pour la Grèce est d'éviter tout « bradage » de ces actifs, une situation qui s'est produite dans le passé, dans des conditions qui plus est opaques, a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, à des journalistes.
La taille de ce fonds avait été estimée à 50 milliards d'euros (55 milliards de dollars), correspondant à la valeur des actifs sur le long terme. Le service de régularisation des fraudeurs fiscaux détenant des comptes à l'étranger doit, quant à lui, s'inspirer du service de traitement des déclarations rectificatives (STDR) mis en place en France et qui permet aujourd'hui de drainer plus de 2 milliards d'euros (2,2 milliards de dollars) supplémentaires en rythme annuel.
Le protocole signé hier porte également sur l'aide de la France à la Grèce pour réformer son administration et piloter ses finances publiques.
Un partenariat stratégique signé par François Hollande et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, prévoit en outre d'accentuer la mobilisation des investisseurs avec la désignation de deux coordinateurs. Ils seront chargés « d'identifier les secteurs d'intérêt commun et les opportunités de partenariats économiques, en vue de l'organisation, au premier semestre 2016, d'une réunion stratégique sur l'investissement en Grèce », précise le texte. « Dans le cadre des privatisations de la période à venir, les deux parties aspirent à des propositions françaises d'investissement, au bénéfice des deux économies », poursuit-il. L'assistance et l'expertise françaises porteront aussi sur « la coopération éducative, linguistique et universitaire ». « La France doit être aux côtés de la Grèce », a déclaré François Hollande à l'issue d'un entretien avec Alexis Tsipras.
Le chef d'État français a également souligné que la question « de la sortie de la Grèce de la zone euro était derrière nous », tant que la Grèce respecte ses engagements vis-à-vis de ses partenaires européens.
La visite de François Hollande intervient alors que les représentants des créanciers sont à Athènes depuis mercredi pour évaluer les progrès de la Grèce dans les réformes avant de donner le feu vert pour le versement d'une tranche des prêts au pays.
(Source : agences)
Économie - Grèce
La France aidera Athènes pour la gestion de ses actifs
OLJ / le 24 octobre 2015 à 00h00

