Le grand théâtre d'Oklahoma vous appelle ! Il ne vous appellera qu'aujourd'hui ; c'est la première et la dernière fois ! Rêvez-vous de devenir artiste ? Venez! Nous vous félicitons. Mais hâtez-vous de vous présenter. Avant minuit ! Car à minuit, nous fermerons et nous n'ouvrirons plus jamais.
Franz KAFKA
Qu'est-ce qu'elle est loin, cette année 2009. Qu'est-ce qu'il est loin, ce discours du Caire et, avec lui, ce champ vierge, somptueux, de promesses pas encore clinquantes, ces intentions, bonnes, si bonnes, tellement bonnes qu'elles avaient fait fantasmer des millions de Proche-Orientaux et tant d'autres, tout en encourageant un Noam Chomsky plus psychorigide que jamais, mais parfait dans son rôle de désenchanteur en chef, à centupler ses chomskisations, l'une plus abortive que les autres. Qu'est-ce qu'il est loin, ce Nobel de la paix claironné ex abrupto au monde par un comité norvégien hystérique et midinette, chaviré, à sa décharge, par le charisme infini du récipiendaire, capable à l'époque, nettement moins aujourd'hui, de séduire une table, une laitue, un chameau... Ou un tapis persan.
Roland Barthes avait prévenu : Il ne faut jamais sous-estimer la puissance du hasard à engendrer des monstres.
Même si on ne sait encore furieusement rien de ses mutations et de ses répercussions, l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien reste le seul rejeton, aussi bâtard soit-il, de ce discours du Caire-ADN, et dont pourrait se vanter Barack Obama. Tout le reste n'aura finalement servi qu'à scotcher ad vitam un infini sourire sur le visage triomphant de Condoleezza Rice. Parce que, à part la conjonction astrale Obama-Khamenei/Rohani et les objurgations sourdes et sadiques du dollar, tout ne paraît, six ans après les mots américains alignés dans la capitale égyptienne, que chaos : en enterrant en octobre 2013 le discours du Caire, Susan Rice se doutait-elle un seul instant que cet assassinat, ou ce suicide, peu importe, provoquerait peut-être, un an plus tard, la chute de Mossoul et l'avènement Armageddon de l'État islamique ? Se doutait-elle qu'il provoquerait, deux ans plus tard, une troisième intifada qui recommencerait peut-être à ravager la Cisjordanie et Gaza ? Se doutait-elle, cette zélée conseillère à la Sécurité nationale de ce brave Barack Obama, que deux ans plus tard aussi, le laboratoire ultime du tandem Bush Jr.-Rice, c'est-à-dire le Liban, serait, peut-être, sur le point d'imploser ?
L'histoire est férocement gueuse. Non seulement elle ne repasse pratiquement jamais les plats, mais elle sait, mieux que tout et tout le monde, asséner, avec un magnifique sourire, les plus retentissants doigts d'honneur. Qui aurait dit que ce que George W. Bush n'a pas pu réaliser, c'est Barack Obama qui l'a relancé ? Qui aurait dit que c'est ce même 44e président américain qui aura permis, encouragé même, l'abracadabrantesque, la hollywoodienne résurrection d'un (Ras)poutine shooté à la testostérone, à l'endorphine et à la glutamine, un des plus grands pickpockets politiques de ce début de IIIe millénaire auquel vient d'asséner une somptueuse leçon Mgr Élias Audi, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth ? Qui aurait dit que de Beyrouth, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en serait encore à pérorer sur l'avenir de la région sans la résistance? Qui aurait dit que la haine sunnito-chiite atteindrait une telle envergure, un tel volume, une telle masse ?
Naturellement, tout n'est pas de sa faute, mais jamais ce Proche-Orient n'aura paru aussi dévasté que sous la présidence de Barack Obama. Et ce n'est probablement pas l'accord de Vienne qui apporterait la solution-poudre de perlimpinpin à cette pandémie, même dans les fantasmes les plus guimauves des scénaristes démocrates. Cela, quelqu'un le sait probablement bien. C'est Clinton. Hillary Clinton.
Franz KAFKA
Qu'est-ce qu'elle est loin, cette année 2009. Qu'est-ce qu'il est loin, ce discours du Caire et, avec lui, ce champ vierge, somptueux, de promesses pas encore clinquantes, ces intentions, bonnes, si bonnes, tellement bonnes qu'elles avaient fait fantasmer des millions de Proche-Orientaux et tant d'autres, tout en encourageant un Noam Chomsky plus psychorigide que jamais, mais parfait dans son rôle de désenchanteur en chef, à centupler ses chomskisations, l'une plus abortive que les autres. Qu'est-ce qu'il est loin, ce...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Mais quels ignorants, ces mollâhs Per(s)cés ! Ils n'ont encore RIEN pigé !
02 h 44, le 20 octobre 2015