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Économie

US : des profits sous pression

Le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits renseigne utilement sur l'état du cycle économique. Le cycle des profits amplifie en général le mouvement plus général de l'économie (il est permis de penser qu'il l'anticipe quelque peu). Après la crise de 2008, la coexistence d'un taux de profit et d'un taux de chômage, tous deux élevés, signalait une période de reconstitution des marges, d'où une pression sur les salaires. La situation a beaucoup évolué en deux ans. Le chômage est revenu à la normale et les profits des entreprises sont en baisse. Sur la base des 51 sociétés du S&P 500 ayant publié leurs résultats au T3 2015, le profit par action recule de 6.4 % sur un an. Cet indicateur est bien corrélé à la mesure plus générale des profits des comptes nationaux. Cette baisse traduit surtout deux phénomènes. D'une part, le dollar fort pèse sur les revenus générés hors États-Unis, d'autre part, la chute des prix du pétrole chamboule les marges dans le secteur extractif. À cela s'ajoute une évolution moins remarquée, l'accélération des salaires, certes modeste mais suffisante pour que leur croissance dépasse un peu celle de la valeur ajoutée. En niveau absolu, la part des salaires dans la valeur ajoutée reste proche de ses points bas historiques, à 58.2 %, vs une moyenne longue de 62.7 %. Le rattrapage des deux dernières années se fait à un rythme lent, voire très lent, et ne semble pas de nature à bouleverser l'équilibre financier des entreprises. Néanmoins, cette dynamique est à surveiller. En moyenne, les phases où le partage de la valeur ajoutée bénéficie aux salaires ne sont pas associées à une croissance du PIB moins forte que celle où ce partage avantage les entreprises. Mais ce sont des périodes de deuxième moitié de cycle d'expansion. On ne peut pas en conclure qu'une récession est imminente, mais il est sûr que désormais les marges sont plus vulnérables aux chocs non anticipés. Dans ce contexte, la hausse récente des spreads corporate est un signal qu'il faut suivre de près. Pour contenir les salaires, le remède usuel est d'avoir une politique monétaire moins accommodante. En se focalisant sur des mesures très étroites de salaires et d'inflation, la Fed pose-t-elle le bon diagnostic sur l'économie US ?

Cet article est réalisé par Fidus

Le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits renseigne utilement sur l'état du cycle économique. Le cycle des profits amplifie en général le mouvement plus général de l'économie (il est permis de penser qu'il l'anticipe quelque peu). Après la crise de 2008, la coexistence d'un taux de profit et d'un taux de chômage, tous deux élevés, signalait une période de reconstitution des marges, d'où une pression sur les salaires. La situation a beaucoup évolué en deux ans. Le chômage est revenu à la normale et les profits des entreprises sont en baisse. Sur la base des 51 sociétés du S&P 500 ayant publié leurs résultats au T3 2015, le profit par action recule de 6.4 % sur un an. Cet indicateur est bien corrélé à la mesure plus générale des profits des comptes nationaux. Cette baisse traduit surtout...
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