Humer l'air frais, savourer la sensation d'euphorie que provoquent les premières gouttes de pluie sur les peaux brûlées par le soleil écrasant d'août, troquer, non sans exaltation, les sandales pour des bottes en cuir et assister à la mort progressive de la chaleur impitoyable de l'été beyrouthin : tels sont certains des plaisirs indéniables que suggère, presque instantanément, l'arrivée du mois d'octobre.
Pourtant, cette année, les feuilles jaunes s'avèrent être plus menaçantes que jamais. La baisse des températures, bien que graduelle, s'annonce sombre pour le pays du Cèdre. La brise d'automne, alors qu'elle s'installe doucement dans l'air, nous fait trembler de peur. La rentrée nous intimide, nous, écoliers fainéants en été qui avons renoncé, encore une fois, à en finir avec les devoirs de vacances qui jonchent désormais, sans vergogne, les trottoirs de nos villes. Les ordures. Les ordures, emblème incontestable de cet été 2015, sont toujours là, nous fixant béatement. Leur omniprésence en ce début d'automne atteste de notre impuissance. Elle aura des conséquences désastreuses et provoquera sans nul doute des maladies graves attaquant un peuple déjà endolori par des guerres antérieures.
L'idée de ces premières pluies n'a jamais autant épouvanté le peuple libanais.
Bonjour octobre. Bonjour tristesse.
Romy BATROUNY
Étudiante au master 2 en droit privé général à l'USJ

