Le président iranien Hassan Rohani et le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, le 20 septembre, à Téhéran. Photo AFP
Des « progrès significatifs » ont été réalisés dans l'enquête sur le nucléaire iranien, a estimé hier le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), au lendemain de sa première visite en Iran depuis l'accord historique entre Téhéran et les grandes puissances.
Cependant, il reste « beaucoup de travail » à accomplir « au cours des semaines à venir » avant de pouvoir conclure le rapport, a indiqué à Vienne Yukia Amano.
Cette enquête vise à déterminer si l'Iran avait cherché ou non à développer un programme nucléaire militaire par le passé.
Pour rappel, M. Amano s'est rendu dimanche sur le site de Parchin où il « a visité certains ateliers à propos desquels il y avait de fausses informations », avait déclaré Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).
La presse américaine a récemment affirmé que des travaux suspects se déroulaient dans le secteur du site de Parchin.
Mais, selon le porte-parole de l'OIEA, il s'agissait de travaux de « réfection d'une route » inondée sur laquelle a pu se rendre M. Amano.
Le directeur général de l'AIEA a précisé qu'il avait également pu visiter un bâtiment sur le site de Parchin où des « travaux de rénovation récents » ont été menés, mais à l'intérieur duquel il n'y avait « aucun équipement ». « Jusque-là, nous pouvions seulement l'observer à l'aide d'images satellitaires », a précisé M. Amano. Mais, a-t-il ajouté, « les gros travaux qui ont été menés à cet endroit depuis 2012 sapent la capacité de l'Agence d'y mener une vérification effective ».
L'Iran refusait jusqu'alors à l'AIEA l'accès à cette base, mettant en avant sa nature militaire et soulignant que l'agence onusienne y avait déjà conduit des inspections en 2005 qui n'avaient rien donné.
Faire la lumière
Parallèlement, l'Iran a annoncé avoir remis à l'AIEA des « échantillons prélevés » sur le site militaire suspect de Parchin sans la présence d'inspecteurs de l'AIEA. Situé à l'est de Téhéran, ce site est soupçonné d'avoir abrité des tests d'explosions conventionnelles applicables au nucléaire, ce que Téhéran a toujours démenti. M. Amano a confirmé cette information en affirmant que, « dans le cas de Parchin, la partie iranienne a pris part au prélèvement d'échantillons », tout en ajoutant que l'AIEA peut « confirmer l'intégrité de la procédure du prélèvement et l'authenticité des échantillons ».
Il a ajouté que les inspecteurs de l'agence de l'Onu allaient maintenant les « analyser » et que cela prendrait plusieurs semaines.
L'AIEA et les grandes puissances cherchent à faire la lumière sur la « possible dimension militaire » du programme nucléaire iranien jusqu'en 2003 au moins. Téhéran a toujours nié les allégations en ce sens, affirmant que ces soupçons reposaient sur des documents trafiqués.
L'Iran « a accompli un important pas dans le cadre de la feuille de route avec l'AIEA pour mettre fin au dossier des accusations des pays occidentaux » à propos du programme nucléaire iranien et sa « possible dimension militaire », a écrit sur son compte Instagram l'un des principaux négociateurs iraniens, Hamid Baïdinejad.
(Source : AFP)


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