« Ève » (1961).
Dix ans après sa mort (survenue le 1er janvier 2006), la mémoire d'Alfred Basbous est encore vivace. Ardemment préservée dans la pierre, le marbre, le bois ou encore les bronzes qu'il a sculptés avec ferveur, harmonie et sensualité sa vie durant.
Des œuvres que l'on peut découvrir à Rachana, sur les hauteurs de Batroun. Dans ce petit village qu'il aura contribué, avec ses frères Michel et Youssef, à transformer en musée de la sculpture à ciel ouvert. Mais aussi à travers les expositions que lui organise régulièrement son fils, Fadi, dans les galeries du pays (en parallèle aux diverses foires internationales), la dernière en date chez Mark Hachem ne remontant pas plus loin que mars 2015.
(Pour mémoire : Les rêves en pierre et en bronze d’Alfred Basbous)
Sauf que cette fois, Fadi Basbous a eu envie de « libérer les sculptures de (son) père, de les sortir des salles fermées pour les présenter dans des espaces moins traditionnels », dit-il. Et, en l'occurrence, il a choisi le très beau cadre d'Ixsir, qui se trouve, justement, à quelques kilomètres au-dessus de Rachana. Dans ce domaine viticole situé donc dans la même région – et la même nature – chère à Alfred Basbous, il présente une sélection d'une vingtaine d'œuvres représentatives des différentes périodes de l'artiste. Du classicisme de ses débuts, avec une Ève (1961) soigneusement taillée dans la pierre locale, à ses Femme(s), Couple(s), Acrobate(s), thèmes de prédilection qui le menèrent progressivement sur la voie de l'abstraction, en passant par un très figuratif moderne Nu féminin (1970) qui semble, dans la présente exposition, conduire des colonnes de vignes... Une vingtaine de pièces, donc. Dont seulement 3 de grandes dimensions sont exposées à l'extérieur. Les 17 autres, de petites et moyennes dimensions, ponctuent d'une note artistique les couloirs intérieurs reliant les cuves de fermentation et la salle d'entreposage des barriques en sous-sol.
S'il y a là de belles œuvres mettant l'accent sur le travail tout en courbes, rondeurs, passages subtils d'un plan à l'autre de ce grand sculpteur, il est toutefois regrettable qu'elles ne soient pas mieux mises en valeur dans l'espace de cette cave à l'architecture contemporaine d'un esthétisme aussi épuré qu'omniprésent. Des sculptures plus volumineuses, ou alors plus nombreuses, auraient eu plus de force et d'impact dans ce lieu à la visite intéressante en elle-même.
(Pour mémoire : Alfred Basbous, ou quand la matière se fait chair)
Certaines réussissent néanmoins à se démarquer. À imposer leurs lignes et volumes qui invitent, irrésistiblement, à la caresse... À l'instar de ce grand taureau (50 x 70 cm ; bronze noir à patine verte) hissé en solitaire sur un socle. Fascinant de souplesse et de puissance. Ou, même, ces trois figurines féminines, en pierre jaune libanaise, pierre verte de Jordanie et bronze qui, par leur sobre alignement sur une longue table du second sous-sol, mettent tout simplement en évidence la constante quête d'harmonie, aussi bien formelle que spirituelle, d'Alfred Basbous.
Alors, visite d'une cave à vin ou d'une exposition ? Les deux, assurément ! Et pourquoi pas, si ce panachage offre l'occasion de faire découvrir l'art de l'un des maîtres de la sculpture moderne libanaise à un plus large public. Familial, notamment. Jusqu'au 11 octobre.
Pour mémoire
(Pour mémoire : Les rêves en pierre et en bronze d’Alfred Basbous)
Sauf que cette fois, Fadi Basbous a eu envie de...


une expo Michel Basbous c'est toujours intéressant à voir mais quel est l'intérêt à cette époque dans un tel endroit ?? à moins qu'il y est un soutien médiatique important et un flot de touristes et de visiteurs et des cars entiers qui se déversent pour une ""RETROSPECTIVE"""" . sinon ça reste ludique et décoratif. Dommage !!
14 h 06, le 18 septembre 2015