«Leda», la femme en marbre. (DR)
Un hommage est donc rendu dans cette galerie à celui qui a débuté sa carrière comme maçon et apprenti dans le bâtiment, avant de se convertir, début des années soixante, à la sculpture, marchant ainsi sur les traces de ses frères, Michel et Youssef. Une occasion de plonger son regard dans ces œuvres sculpturales avant qu'elles ne reprennent leur place dans le musée à Rachana, qui sera à nouveau réaménagé et restauré.
Plus d'une trentaine d'œuvres sculptées sont installées dans cet espace. Là, le bois s'harmonie avec la pierre rugueuse ou lisse, et le marbre décline ses différentes facettes. Rosé, gris, beige, blanc ou à rainures, il est multiple. Le matériau dompté, apprivoisé se fait forme. Chair.
Dans le creux de la main du maître, le bois tend souvent son cou vers le ciel et épouse des silhouettes graciles, tandis que la pierre dure se love, s'arrondit, pour devenir maternelle. Mais quelle que soit la texture, tous deux, devenus désormais épidermiques, affleurant ainsi toutes les sensations, parlent et racontent des histoires de couple, d'amour et de maternité.
Élégantes et épurées, mais aussi charnelles, sensuelles et somptueuses, les formes féminines, polies et lissées, dévoilent pudiquement leurs blessures. Mères ou épouses, avec pour seul compagnon une sculpture masculine, aux rebords bien carrés, elles sont à l'honneur dans cette ode à la femme. Par ailleurs, des acrobates en bronze et des figurines petit format, épars, illustrent le caractère pluridimensionnel du travail de l'artiste.
Alfred Basbous n'est pas à présenter, mais rappelons que ce natif de Rachana est devenu, grâce à une bourse du gouvernement français en 1960, l'élève de Collamarini à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Ses premières expositions individuelles se tiennent dès 1958 à Beyrouth, puis au Koweït et à Washington. Lesquelles seront vite suivies par une reconnaissance internationale.
Lauréat du prix de l'Orient en 1963 et de la Biennale d'Alexandrie en 1974, Basbous organise, en 1994, le premier Symposium de sculpture dans son village natal, devenu depuis un événement annuel international. C'est ainsi, en plein air, que des sculpteurs de tous pays pouvaient se rencontrer et travailler. Peu importe la texture du matériau, il fallait seulement qu'il soit issu du sol libanais. Ce premier atelier international en est actuellement à sa 11e édition. C'est également dans le but de ranimer ses activités que l'exposition à la Galerie 6 a lieu.
Rappelons aussi que les sculptures, dont une bonne partie longe le chemin conduisant à la demeure des Basbous, ont permis à Rachana de devenir un emblème culturel sur le plan international, surtout après que l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) l'ait consacré en 1997 village international de la sculpture en plein air.
Galerie 6 : ouverte du mardi au vendredi de 10h00 à 13h00 et de 15h00 à 18h00. Ainsi que le samedi de 10h00 à 13h00 et sur rendez-vous. Tél. : 01/202281.

