Les représentants de 57 pays réunis, hier, à Paris pour les discussions informelles, 3 mois avant le début de la 21e Conférence des Nations unies sur le changement climatique. Photo AFP/Jacky Naegelen
Les représentants de 57 pays ont répondu à l'invitation de la France et se sont retrouvés, hier, à Paris pour deux jours de consultations informelles, destinées à accélérer le rythme des négociations en vue d'un accord contre le réchauffement mondial, espéré en décembre.
Trente-sept ministres de l'Environnement ou des Affaires étrangères sont présents. Le financement des politiques climatiques et les transferts de technologies, sujets-clés pour les pays pauvres, seront au cœur de leurs échanges. « Nous devrions mettre sur la table, en discussion, un signal politique très fort concernant la finance climat », a déclaré hier Manuel Pulgar Vidal, le ministre de l'Environnement du Pérou, président de la dernière Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP). Des discussions vont d'ailleurs avoir lieu à ce sujet début octobre à Lima, en marge de la réunion FMI-Banque mondiale. Autre chapitre à l'agenda de la session parisienne, les mesures d'adaptation au changement climatique et les pertes et dommages subis par les États. « Il nous reste moins de trois mois avant le début de la COP » (la Conférence de Paris sur le climat, censée aboutir à un accord mondial contre le dérèglement climatique), a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, en ouvrant la réunion. « Nous devons tirer le maximum de ces deux jours de consultation », a-t-il dit, appelant à « des échanges constructifs tournés vers la recherche de compromis ». Selon M. Fabius, « la direction est la bonne, mais le rythme est encore jugé insuffisant ». « Aujourd'hui et demain, nous allons aborder des sujets pouvant permettre de faciliter la discussion », précise-t-il.
Vers un accord universel
Cette session se tient en marge des pourparlers officiels dans le cadre de l'Onu, dont un nouveau round s'est achevé vendredi à Bonn sans avancée réelle sur le texte de négociation, laissant toujours un large éventail d'options sur la table. En 2009, les pays riches se sont engagés à leur fournir 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, pour leur permettre d'affronter les impacts du dérèglement climatique, mais aussi de se développer de manière plus propre. Mais cette promesse n'est toujours pas formalisée. La prochaine session de négociation officielle aura lieu à Bonn du 19 au 23 octobre, la dernière avant la COP qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre au Bourget, près de Paris. La communauté internationale s'est fixé en 2009 l'objectif de limiter à +2° le réchauffement mondial par rapport au niveau d'avant la Révolution industrielle, faute de quoi la science prévoit des impacts dévastateurs et irréversibles sur les écosystèmes comme sur les sociétés.
Des divergences majeures restent à résoudre sur le chemin du tout premier accord universel sur le climat, qu'il s'agisse de finances, de répartition de l'effort entre pays développés et en développement, de la place des mesures d'adaptation ou de la forme légale du futur accord.
En vue de cet accord, les États sont invités à remettre chacun leurs contributions pour réduire leurs émissions nationales. À ce stade, 56 pays l'ont fait, sans toutefois permettre encore au monde de tenir son objectif de 2°, à en juger par les premières analyses réalisées par des instituts de recherche.
(Source : AFP)

