Lucien Bou Rjeily et les membres du collectif « Vous puez ! » (Tol3et Ri7etkoum) annoncent une nouvelle manifestation, le 9 septembre à 18h, à Beyrouth. Photo Sami Ayad
Les forces de l'ordre vont se déployer mercredi prochain autour du Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth, et ce pour éviter que les manifestants, qui auront répondu aux appels du collectif « Vous puez ! », du nouveau collectif « Le tribunal du peuple » et du Comité de coordination syndicale (CCS), ne s'en prennent aux personnalités conviées par le président de la Chambre, Nabih Berry, à la première séance de dialogue prévue le même jour, a annoncé le quotidien an-Nahar.
C'est au cours du week-end dernier que le principal collectif citoyen, à la tête des manifestations contre la classe politique organisées depuis deux semaines à Beyrouth, « Vous puez ! », a appelé à une « mobilisation pacifique » le 9 septembre en face de la place de l'Étoile, dans le centre-ville de Beyrouth. Une mobilisation sur le thème « Septembre, le citoyen d'abord ». « Nous appelons les citoyens à descendre en masse mercredi à partir de 18 heures au centre-ville de Beyrouth », ont annoncé les représentants du mouvement, parmi lesquels Lucien Bou Rjeily. La manifestation se déplacera ensuite, à 19 heures, vers les bureaux du ministère de l'Environnement pour rejoindre les grévistes de la faim. Le nombre de grévistes s'élève désormais depuis mercredi dernier à 14, en majorité des étudiants universitaires. Le collectif « Vous puez ! » accuse Nabih Berry de ne pas prendre en considération les demandes des manifestants, qualifiant l'appel au dialogue lancé par ce dernier de « tentative visant à unifier la classe politique contre les citoyens ».
Un nouveau collectif d'activistes de la société civile, baptisé « Le tribunal du peuple », a également appelé à manifester le 9 septembre lors d'une conférence de presse consacrée à la crise des déchets, organisée place des Martyrs. Ce collectif a de plus affirmé avoir engagé des poursuites pénales contre le ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk.
Les deux appels coïncident avec l'appel à la grève et à manifester le 9 septembre également, lancé mercredi dernier par le Comité de coordination syndicale (CCS). L'organisme qui représente les fonctionnaires et les enseignants du secteur public souhaite que la grille des salaires soit placée à l'ordre du jour de la conférence de dialogue convoquée par le président du Parlement.
C'est aussi pour dénoncer la corruption de la classe politique libanaise, pour une solution à la crise des ordures et pour protester contre les coupures d'électricité que se sont déroulées samedi plusieurs manifestations à travers le Liban, et ce à l'appel du principal collectif « Vous puez ! », aussitôt relayé par d'autres mouvements de la société civile, parmi lesquels « Le mouvement du 29-Août » ou « Nous réclamons des comptes » (Badna n7asib). Des appels qui ont toutefois été peu suivis, n'ayant rassemblé que quelques centaines de personnes. De Chtaura à Nabatiyeh, en passant par Baakline, des dizaines de manifestants ont coupé les routes, appelant aussi pour certains à la chute du régime. Les protestataires ont également appelé le ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk, à la démission pour sa « mauvaise gestion » de la crise des déchets qui dure depuis plus d'un mois.
Signalons enfin qu'un activiste en grève de la faim depuis quatre jours devant le siège du ministère de l'Environnement a été transporté hier soir à l'hôpital par la Croix-Rouge, rapporte la chaîne LBCI. Youssef el-Jurdi fait partie d'une dizaine d'activistes du collectif « Vous puez ! » qui s'abstiennent de manger afin de réclamer la démission du ministre Mohammad Machnouk. Samedi, il avait été brièvement arrêté par la police qui l'a interrogé avant de le relâcher.
Nouhad Machnouk
Parallèlement, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, assurait samedi via son compte Twitter que les forces de l'ordre empêcheront le sang de couler au Liban. « Quelles que soient sa légitimité et ses raisons, le mouvement de protestation qui s'est déclenché dernièrement coïncide avec une grande bataille régionale et internationale au Liban autour de la présidence de la République », a relevé M. Machnouk. « Les forces de l'ordre se donnent pour mission d'empêcher que le sang coule dans le pays », a-t-il ajouté.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Non Samir geagea a eu raison de ne pas y participer, mais à tort d'avoir permis à la chute du gouvernement si c'est avant d'élire un président de la république !!
13 h 58, le 07 septembre 2015