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Liban

Sleiman à « L’OLJ » : Tous nos problèmes sont le résultat du vide présidentiel

Interview

Il a lancé hier un nouveau hashtag en arabe : #badnara'iss (Nous voulons un président). Pour l'ancien chef d'État Michel Sleiman, chef du Rassemblement pour la République, un courant pluricommunautaire en gestation et dont la naissance formelle est prévue pour le mois prochain, la priorité absolue est d'élire un nouveau chef de l'État, à l'heure où cette échéance s'est retrouvée noyée dans un flot de revendications sociales, au demeurant justes et légitimes.

27/08/2015

L'Orient-Le Jour – Pourquoi appeler d'abord à l'élection d'un président de la République, au moment où certains mettent en doute la légalité de la Chambre ?
Michel Sleiman – En tant que président de la République, j'avais déposé un recours en invalidation devant le Conseil constitutionnel contre la prorogation de la Chambre. Le Conseil avait aussitôt répondu. Ce que je dis aujourd'hui, je l'avais déjà dit par le passé : la Chambre après la prorogation est légale, mais non démocratique, parce qu'elle ne s'en est pas remise à la volonté populaire.

Y a-t-il aujourd'hui un moyen réel d'élire un président ?
Oui, à tout moment. À condition d'en finir avec le « moi », au profit de l'intérêt national supérieur.

Votre appel est-il une réponse au retrait des ministres du CPL du Conseil des ministres ?
Certainement pas. J'ai commencé à appeler à l'élection d'un président avant la fin de mon mandat. Depuis, je ne rate pas une occasion de revenir à la charge, parce que cette situation de vide présidentiel ne saurait être normalisée. La preuve que la situation n'est pas normale : tous les problèmes auxquels le gouvernement fait face concernant le mécanisme de prise de décision et le renvoi du passage à la retraite des chefs sécuritaires, sans compter la crise des déchets... Tout cela est dû au fait que nous n'avons toujours pas de président de la République.

Vous étiez commandant en chef de l'armée durant les manifestations de 2005. Pourquoi n'ont-elles pas pris la même tournure violente que celles dont nous sommes témoins aujourd'hui ?
En tant que commandant en chef de l'armée, à l'époque, et en dépit de l'existence d'une décision politique qui interdisait les manifestations, j'avais pris sur moi la responsabilité de préserver la sécurité. C'est cela qui a fait assumer aux jeunes manifestants, à l'époque, une responsabilité importante leur incombant de respecter l'armée et de lui offrir des roses en signe d'affection. L'affection était réciproque entre l'institution militaire et les foules, qui ont maintenu une ligne de conduite pacifiste, ce qui a conduit au grand triomphe. Ce que je souhaite aujourd'hui, c'est que les jeunes préservent leurs revendications justes en s'inspirant des manifestants de 2005. J'appelle également les jeunes des forces armées à pratiquer le plus haut degré de maîtrise de soi. Que tout le monde sache que les revendications des jeunes, forces de l'ordre ou manifestants, sont les mêmes. La douleur est la même. C'est pourquoi ils devraient refuser qu'une partie ou un cas de figure quelconque les entraîne dans la confrontation.

Ce qui se produit dans la rue prépare-t-il un éventuel règlement, tel qu'un régime militaire par exemple ?
Le Liban est très différent des autres pays, du fait de sa diversité et de son pluralisme culturel et religieux. Je ne pense pas qu'un changement de régime soit actuellement possible, quelles que soient les difficultés. Les jours à venir seront meilleurs, une fois naturellement que l'on aura recommencé à respecter la Constitution, qu'un président de la République aura été élu et que la vie constitutionnelle et démocratique aura repris son cours normal.

 

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M.V.

Au final, tout le monde veut plagier deux gaules avec une seule canne à pêche ...ben ca ne marche pas ...même les poissons ont détecté le plagiat....!

Bery tus

Je suis completement d'accord, j'ai aussi comparer le général sleiman a de Gaulle !! Et certainement pas celui qui se prend pour de Gaulle !!! Merci president sleiman pour avoir rendu ne serait ce que 50% du prestige de la présidence ..

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Du "Vide" actuel, ou lors de son passage ?

Honneur et Patrie

Moi qui suit gaulliste depuis le 18 juin 1940, je compare le Président Michel Sleiman au Général de Gaulle pour sa maîtrise de soi et le poids patriotique de ses paroles dépourvues de tout cette fanfaronnade que l'on voit actuellement sur la scène politique du pays.

Gebran Eid

"LÉGALE ET NON DÉMOCRATIQUE". UNE BELLE EXPRESSION ! POUR VOUS C'EST LÉGALE D'AVOIR UN CONSEILLER COMME NAZEM EL KHOURY QUI PASSE SON TEMPS À DÉPRIMER LES JUGES POUR LE COMPTE DE SES AMIS. MAIS NON DÉMOCRATIQUE. LÉGALE QUE LE POSTE DU PRÉSIDENT SOIT OCCUPÉ QUE PAR DES GÉNÉRAUX, AOUN, LAHOUD ET VOUS, COMME SI ON N'AVAIT PERSONNE, UN CIVIL COMPÉTENT ET INTELLIGENT ! . MAIS NON DÉMOCRATIQUE. EST CE POSSIBLE AUJOURD'HUI QU'UN HOMME HONNÊTE QUI REFUSE DE SERVIR LES FAMILLES MAFIEUX QUI NOUS GOUVERNENT, VOIR UN JOUR SON FILS OCCUPÉ LE POSTE DU PRÉSIDENT OU MINISTRE OU DÉPUTÉ OU GÉNÉRAL OU MÊME UN SIMPLE DIRECTEUR DE N,IMPORTE QUOI SANS PASSER PAR CES MÊME FAMILLES ?. LÉGALE ET NON DÉMOCRATIQUE. VOUS AVEZ BIEN PROFITÉ DU SYSTÈME SANS LE CHANGER NI MÊME LE DÉNONCER. ET LES VOILÀ AUJOURD'HUI LES NOUVEAUX ARRIVÉS: TAYMOUR JOUMBLATT, SAMI GEMAYEL, GEBRAN BASSIL ET ROUKOZ, LES HARIRI ET LES LES LES ET LES. MERCI DE M,AVOIR LU MONSIEUR LE GÉNÉRALO-PRÉSIDENT.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA VACANCE PRESIDENTIELLE CERTES EST L,ELEMENT PRINCIPAL DU MAL QUI SEVIT... COMME QUI DIRAIT LE DIABLE...MAIS... BOYCOTTEURS ET PARAVENTS EN SONT L,AME MEME !

SOUS LES PAVÉS LA PLAGE

Quand on a eu le parcours qui est le sien , on se cache , on se s'exhibe pas de la sorte comme si de rien n'était !!!

M.V.

et si c'était un vide intellectuel ...et que personne ne s'en était aperçu...?

TYAN Georges

Monsieur le président, vous ne pensez pas que quelque part quand même, vous portez une grande responsabilité du vide que vous dénoncez???

Halim Abou Chacra

L'ancien président a pleinement raison. Vide présidentiel = cancer du Liban.

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