À la Journée mondiale de la jeunesse, le 12 août 2015, qui avait pour thème cette année « l'engagement civique », une initiative a été conjointement lancée par les ONG arcenciel et Lebanese Transparency Association (LTA) afin d'encourager les jeunes à se mobiliser et à participer à la campagne de réduction des déchets solides. Les jeunes étaient invités à collecter des rebuts de plastique, de carton, de papier, etc., et se diriger vers le centre de déchets d'arcenciel à Baabda afin d'assister à une démonstration sur le processus de triage et de traitement de ces « produits jetables » qui s'avèrent être des « matières premières » lesquelles, après transformation, peuvent prendre la forme d'un panier, d'une chaise, d'une table, etc. Les participants ont ainsi eu la possibilité d'assister à l'opération et découvrir la valeur de ce qui est considéré faussement comme du « rebut ».
Après la séance de démonstration, fort instructive, le responsable du programme jeunesse d'arcenciel, M. Nadim Abdo, a annoncé le lancement d'un projet environnemental, en partenariat avec « l'Association libanaise pour la transparence », destiné aux jeunes de 15 à 25 ans et intitulé « La balle est dans notre camp ». Cette initiative consiste à recevoir les avant-projets les plus innovants et réalisables en matière de réduction et de recyclage des déchets, à en choisir les cinq meilleurs et à développer les capacités de leurs concepteurs par des ateliers de formation qui permettront aux participants de peaufiner leur idée et finaliser leur projet. À l'issue de ces ateliers, les projets mis au point seront soumis à l'évaluation d'un jury qui désignera le projet gagnant, lequel fera l'objet d'un financement pour son implantation. Le responsable du programme jeunesse a cependant pris soin de faire primer l'esprit de changement et d'engagement des jeunes, que ce projet vise à développer, sur l'esprit de compétition. Il a aussi insisté sur la nécessité pour le citoyen de s'interpeller lui-même plutôt que d'interpeller les responsables politiques, et de considérer dans quelle mesure il peut faire la différence au milieu de tant d'insuffisances, par sa participation et sa mobilisation dans le cadre d'une action collective citoyenne, impliquant toutes les forces vives de la société civile.
Prenant à son tour la parole, la présidente de « l'Association libanaise pour la transparence », l'avocate Nada Abdel-Sater Abou Samra, a renchéri en admettant qu'en effet, cette « balle est dans notre camp » puisque « les déchets sont dans notre camp », ainsi que les risques d'épidémie et les dangers environnementaux. La balle est d'autant plus dans notre camp que cette crise a l'air de devoir perdurer, au vu de la confusion qui règne au niveau du pouvoir, du flou qui entoure le plan national de gestion des déchets et du manque flagrant d'accès à l'information relativement à cette affaire scandaleuse. Elle a appelé les citoyens, et surtout les jeunes, à recourir à « la participation civile plutôt qu'à la désobéissance civile », à retrousser leurs manches, à se mobiliser, et entreprendre une action citoyenne commune et pluricommunautaire en vue de prouver au monde, ainsi qu'aux responsables politiques toujours impuissants à résoudre cette crise, qu'ils peuvent prendre en main leur destin et faire le travail de leurs dirigeants en commençant par opérer le tri à la source : à domicile, dans le lieu de travail, à l'école, à l'université...
Il ressort du message de la présidente de la LTA que l'éducation et l'engagement civiques, qui se traduisent, en la circonstance, par le tri et le souci de recyclage des déchets ménagers par le citoyen, sont seuls susceptibles de résoudre radicalement cette crise – et toute autre crise à l'avenir – et de prévenir sa résurgence grâce au changement de mentalités, préalable à tout changement d'ordre politique ou social.
La bonne gouvernance étant tributaire de la bonne pratique, il incombe au citoyen, et surtout au jeune qui n'est pas encore désabusé, d'en offrir le bon exemple dans les moindres détails de la vie en société, étant donné que ce sont, comme dit le dicton, les petits ruisseaux (les bonnes pratiques) qui font la grande rivière (la bonne gouvernance).
Ronald BARAKAT

