Les réactions de satisfaction au lendemain de l'arrestation de cheikh Ahmad al-Assir, le prédicateur islamiste de Abra, se sont poursuivies hier.
Dans une déclaration à partir du Liban-Sud, le président du comité législatif du Hezbollah, cheikh Mohammad Yazbeck, a salué « les réalisations des forces de l'ordre pour ce qui est notamment de l'arrestation des patrons du terrorisme, d'où la nécessité d'apporter le soutien aux services sécuritaires à qui incombe le devoir de protéger les Libanais sans couverture aucune pour les hors-la-loi ».
Le dignitaire chiite a ajouté : « Nous disons à tous ceux qui dénoncent l'existence d'îlots sécuritaires où sont retranchées les personnes recherchées par la justice et bénéficiant de couverture politique que de tels îlots n'existent pas. »
Cheikh Yazbeck faisait allusion aux critiques adressées hier, notamment, par le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, qui avait fait part de son étonnement de voir les forces de l'ordre impuissantes dès qu'il s'agit d'arrêter des hors-la-loi dans les régions chiites.
De son côté, le secrétaire général de l'Organisation populaire nassérienne, Oussama Saad, a salué la « réussite » de la Sûreté générale à mettre sous les verrous le prédicateur islamiste, rendant hommage par la même occasion à l'ensemble des institutions sécuritaires et à leur tête l'armée.
« Le soulagement ressenti par l'opinion publique à l'égard de l'arrestation de cheikh al-Assir exprime la refus des Libanais des organisations terroristes et de leurs pratiques. Il illustre en outre la dénonciation de ses actes criminels et ceux de ses partisans visant l'armée et la population civile », a souligné M. Saad.
Comparant le « terrorisme obscurantiste au terrorisme israélien », il a assuré que les deux phénomènes ne servent en aucun cas l'intérêt du peuple libanais.
(Pour mémoire : Ahmed el-Assir, émir de l'EI au Liban ?)
Par ailleurs, l'enquête préliminaire avec Ahmad al-Assir se poursuit. Pour le moment, c'est la Sûreté générale, le service qui a arrêté le prédicateur sunnite, qui est en charge de l'interrogatoire qui devrait en principe se terminer demain. Le dossier devrait être ensuite déféré au commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, qui décidera soit de transférer le dossier à la Direction générale des services de renseignements de l'armée pour complément d'enquête, soit directement au tribunal militaire dans le cas où le témoignage de cheikh al-Assir n'aurait rien ajouté de neuf au dossier des incidents de Abra. Il pourra également engager de nouvelles poursuites contre lui pour les crimes additionnels qui auraient été révélés au cours de l'interrogatoire, avant de déférer le dossier devant le juge d'instruction.
Sur un autre plan, le juge d'instruction près le tribunal militaire, Fadi Sawan, a fait paraître hier 8 actes d'accusation dans des dossiers de crimes et d'organisation de bandes armées en vue de commettre des actes terroristes visant notamment des militaires en service à Tripoli. L'acte d'accusation évoque en outre les crimes de port d'armes et d'explosifs. Les sanctions qui pourraient être requises peuvent aller jusqu'à la peine de mort. Sont accusés dans le cadre de ce dossier Amir Mansour, le frère d'Oussama, Mohammad Gibaoui, Walid Ahmad Youssef, Hadi Mohammad Youssef (libanais) et Oudaï Houriyé, Ahmad et Mohammad Khattab, Mohammad Hassoun et Anwar Diab, Khaled Assad, Ibrahim Snoubar, Ahmad Adel, Sarif et Ali Bermaoui, ressortissants syriens.
Ibrahim félicite ses officiers
Le directeur de la Sûreté, le général Abbas Ibrahim, s'est rendu hier au bureau des services de renseignements de la Sûreté générale pour s'enquérir de la suite de l'enquête effectuée avec le prévenu, Ahmad al-Assir, sous la supervision du parquet.
L'officier s'est ensuite rendu à l'aéroport Rafic Hariri. Il a effectué une tournée auprès des officiers qui ont arrêté le prédicateur islamiste et les a félicités pour la réalisation accomplie qui, a-t-il dit, contribue à renforcer le prestige de l'État. Il salué les efforts déployés au cours des deux dernières années qui se sont couronnés par la découverte de 1 663 documents de travail et visas falsifiés.
(Pour mémoire : Fadl Chaker « en désaccord avec Ahmad el-Assir depuis deux mois »)
Assir à Aïn el-Héloué
À Saïda, et suite aux informations selon lesquelles les responsables palestiniens étaient au courant qu'Ahmad al-Assir se cachait dans le camp palestinien de Aïn el-Héloué, une source du camp a démenti ces allégations, affirmant avoir eu vent de cette information après que les services sécuritaires l'ont arrêté. Selon la source, le prédicateur islamiste bénéficiait de la protection du « terroriste Bilal Badr, dans le quartier Tawaré' qui regroupe plusieurs hors-la-loi recherchés par l'État, notamment pour avoir tué des soldats de l'armée à Abra ». La source a toutefois souligné que les forces islamistes dans le camp étaient au courant de la cachette du cheikh al-Assir, « dont Jamal Khattab et Abou Tarek Saadi (de Ousbet el-Ansar) qui continuent de démentir cela ».
La source a indiqué par ailleurs qu'après l'arrestation du prédicateur islamiste, son allié et compagnon de route, le chanteur Fadl Chaker, a disparu du quartier Tawaré' où il résidait et « s'est trouvé une nouvelle cachette, probablement avec l'aide et la protection de Bilal Badr et du groupe radical Jund el-Cham ». À noter que la Sûreté générale a arrêté hier l'un des partisans de cheikh al-Assir, le troisième à ce jour, le dénommé Hussam Rifaï.
De son côté, l'armée libanaise a arrêté hier à Saïda Mossaab Kaddoura, le frère de Moutassem Kaddoura, l'un des principaux partisans recherchés d'Ahmad al-Assir.
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Une nouvelle phase a commencé...





Mohammad Yazbeck : Pas d'îlots sécuritaires dans les zones chiites. Où sont cachés les assassins de Rafic Hariri, de Gébran Tuéni, de Wissam Hassan, du mufti Hassan Lhaled, de Wissam Eid, d'Antoine Ghanem, de Walid Eido, de Pierre Gemayel, de Samir Qassir, de Mohamed Chatah etc. ? Pour ne citer d'eux. Seraient-ils envolés vers la planète Mars ?
20 h 07, le 18 août 2015