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La Dernière

Nassif Zeytoun rêve de gloire, pas de célébrité

Festivals

Le chanteur syrien clôturera le concert « Oriental Night » le 4 août au Biel, dans le cadre de Beirut Holidays.

30/07/2015

Nassif Zeytoun n'aime pas faire les choses à moitié. Le chanteur syrien de 26 ans, qui confie avec humour n'avoir jamais été premier en quoi que ce soit, affirme pourtant vouloir l'être sur la scène musicale, sinon ne pas y figurer du tout. Sa devise : « Le second de classe est comme le dernier. » C'est d'ailleurs ce leitmotiv qui l'a incité, en 2010, à remporter la septième saison du télécrochet à succès Star Academy. « Je n'avais jamais savouré la victoire d'une première place avant ma participation à l'émission, raconte-t-il. Il est vrai que j'y suis rentré par hasard, et que je passais la plupart de mon temps au sein de l'académie à dormir loin des caméras, mais je savais que j'étais venu pour gagner ! »

Depuis, cet originaire de Deraa a enchaîné les succès. Révélation musicale de l'année 2013, son premier album Ya Samt, dévoilé la même année, a été unanimement salué par la presse locale et arabe. Il a même suscité l'intérêt des médias coréens et italiens, avec des titres comme Larmik Bbalach, Mich Am Tezbat Ma'i ou encore Sawt Rbaba, tous des tubes. « Je m'étais mis en tête de préparer un album complet et non pas des singles, poursuit ce jeune homme jovial à l'humour léger et à la personnalité naturelle très attachante, sans aucune affectation. Je ne suis pas dans le domaine musical pour être un simple passant, et j'ai minutieusement choisi mes chansons. N'ayant pas la moindre expérience, j'ai travaillé selon mes propres goûts, recherchant une musique et des paroles qui me plaisent. Je ne m'attendais pas à un si grand succès. Les chiffres sur YouYube étaient énormes. »

S'il n'avait pas fait la Star Academy, Nassif – Abou Élias pour les intimes, comme le veut la tradition de désigner ainsi tous les Nassif en Syrie – serait « peut-être devenu professeur de chant ». « J'aime tout simplement chanter, raconte le jeune brun qui fredonne à longueur de journée. C'est pourquoi j'ai appris le chant oriental au conservatoire pendant de nombreuses années, et je fais ce métier aujourd'hui. La célébrité n'a jamais été mon objectif ; celui qui aspire à la gloire diffère de celui qui privilégie la célébrité. » Et d'ajouter : « Je prépare actuellement mon deuxième album prévu pour 2016. Je ne voudrais pas brûler les étapes mais, toujours, présenter un projet plus abouti que le précédent. »

 

Des idoles légendaires
Sur ce plan, Nassif Zeytoun affirme que son prochain album sera plus flirt (ghazal) que triste, comparé au premier, qui était marqué par un titre particulièrement poignant, une magnifique reprise de Achikata el-Wardi de Zaki Nassif. « J'aime beaucoup cette chanson. Je l'ai souvent incluse dans mes concerts, raconte-t-il. Aujourd'hui, j'aimerais bien inclure une autre reprise dans mon nouvel album, mais je prends mes précautions. Je ne veux pas gâcher des titres légendaires. » Une reprise d'un titre de Wadih es-Safi, son idole ? « Pourquoi pas ? répond-il. Il reste quand même le grand maître de la chanson. » Un maître qu'il a pu voir en 2010, lors d'une rencontre organisée par la direction de Star Academy, et au cours de laquelle Wadih es-Safi lui a offert son oud, instrument qu'il pratique depuis 10 ans. « J'avais 20 ans. Le voir en personne était mon plus grand rêve. Je m'en souviendrai toujours. On ne connaît la valeur de ces monuments que quand on les perd », confie Nassif Zeytoun, qui chante le mouwal aussi bien que le chant populaire et le chant classique. « Le oud dédicacé par Wadih es-Safi est précieusement conservé dans la maison de mes parents à Damas. Il me survivra. »

 

 

La maison familiale, il ne l'a plus revue depuis 2012. Malgré de nombreux concerts organisés en Syrie où, selon lui, « le peuple résistant aime bien vivre », son travail le retient ici alors que ses parents ne quitteraient jamais leur pays pour le rejoindre. « Il faut faire la différence entre les sentiments et les obligations. Je ne vivrais pas au Liban si cela n'était pas nécessaire pour ma carrière et, même s'il n'a rien à voir avec le chant et la musique, mon père, qui est aussi mon idole, est un artiste attaché à sa terre. Toute personne qui a des valeurs est artiste. »

« Prendre du plaisir »
Depuis plus de 5 ans, Abou Élias vit donc au Liban. Entre deux tournées en Europe ou aux États-Unis, il y a établi domicile pour mener à bien sa carrière. Dans son emploi du temps plutôt relax : réveil à 11 heures, répétitions, visite au bureau de Music is my life (son label), et PlayStation et séries télévisées avec les copains le soir. Diplomate, il affirme que dans ce pays « à qui il doit beaucoup », rien ne le gêne vraiment. « Mon père est né à Achrafieh et puis nous sommes voisins. Même la géographie de nos deux pays est semblable », ajoute-t-il.

Le 4 août au Biel, Nassif Zeytoun chantera son nouveau tube Adda w Edoud , en clôture du concert « Oriental Night », produit par 2U2C, et qui réunira une vingtaine d'artistes du monde arabe. « Je suis bien sûr heureux de clôturer un événement aussi grand. Qui chante en premier ou à la fin n'est pas vraiment important, souligne-t-il subtilement. L'essentiel est que le public prenne du plaisir. »
Chose sûre, car son public, composé de tous les âges, apprécie Nassif Zeytoun dont la carrière semble bien lancée et partie pour durer. Après avoir concrétisé son rêve, « dont le sommet était de rencontrer Wadih es-Safi il y a 5 ans », il affirme aujourd'hui que ses rêves « n'ont plus de limites ».

 

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