Toute société moderne repose sur deux principes. Le premier, c'est l'égale liberté qui règle la distribution des droits civiques et politiques, ceux qui définissent la citoyenneté. Il indique que tous les membres de la société doivent voir leurs libertés de base également garanties. Le second principe se base sur l'égalité démocratique, qui règle l'organisation économique et sociale, et considère que la règle de justice n'exclut pas a priori certaines inégalités, lorsqu'elles peuvent être considérées comme étant préférables à une répartition strictement égalitaire. Partant de ces deux principes, on arrive à mieux comprendre la raison de ce cercle vicieux dans lequel tournent ces dix-huit confessions libanaises qui, malgré le pacte de 1943 et l'accord de Taëf, ont échoué à créer un pays démocratique et, le comble, l'impossibilité d'élire dans ce cadre un président de la république ; car les talents requis pour y accéder à ce poste relèvent de la loterie naturelle de notre politique tribale : un ancien chef de l'armée, un chef de milice ou rien.
De cet entêtement, la pratique sociale elle aussi s'accompagne ou engendre un certain nombre d'inégalités. Les écarts dans les richesses sont actuellement trop importants entre les individus. Et quand on a, face à face, la plus extrême pauvreté et la plus grande richesse, ne peut-on pas dire que l'idéal de justice est bafoué ? Et en l'espèce, à titre d'exemple, quand un jeune citoyen avec ses diplômes n'arrive pas malgré son travail à bâtir une maison et fonder son foyer, comment voulez-vous qu'il puisse comprendre la politique et ses lois. Et quand les lois à leur tour deviennent ridiculement inopérantes comme l'interdiction de fumer en public, ou celle, inappliquée, sur la violence contre la femme, ou la grande mascarade de la nouvelle loi sur les loyers, comment croire encore à une société moderne alors que la plupart de nos responsables sont vendus au diable.
Messieurs les citoyens, à nous de bouger et de se révolter pour changer les choses avant qu'il ne soit trop tard.
Nos lecteurs ont la parole - Antoine Sabbagha
Nous et la société moderne
OLJ / le 29 juillet 2015 à 00h42


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