Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

Les relations entre les composantes du 8 Mars sont au plus mal

Quoique indisposé par les dernières positions en flèche de son allié aouniste, le Hezbollah s'efforce de rétablir les ponts coupés depuis plusieurs mois entre Rabieh et Aïn el-Tiné. Ces efforts se sont jusque-là soldés par un échec et des retrouvailles entre le président de la Chambre, Nabih Berry, et le chef du Courant patriotique libre (CPL), Michel Aoun, ne sont pas prévues pour bientôt.
Pour le parti chiite, ces retrouvailles sont pourtant importantes, voire capitales, dans la mesure où elles peuvent raviver la cohésion perdue au sein du camp du 8 Mars. Le Hezbollah mise sur une rencontre Berry-Aoun pour pouvoir organiser une réunion élargie entre les leaders de cette alliance, à savoir Hassan Nasrallah (Hezbollah), Nabih Berry (Amal), Michel Aoun (CPL) et Sleimane Frangié (Marada) au cours de laquelle une entente devrait être scellée autour d'une série de dossiers d'actualité.


Mais on n'en est pas encore là, surtout que les divergences entre les composantes du 8 Mars ne cessent de s'accentuer à mesure que le courant aouniste multiplie les revendications, rendant encore plus difficile la réunion quadripartite souhaitée. On raconte ainsi que la dernière exigence du général Aoun a fait hérisser Nabih Berry, ennuyé Hassan Nasrallah et agacé Sleimane Frangié. Le chef du CPL, rappelle-t-on, avait proposé, il y a deux semaines, dans une conférence de presse après la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire, une sorte de feuille de route qui permettrait, selon lui, de résoudre la crise politique : dans un premier temps, il avait donc proposé que le Parlement approuve une nouvelle loi électorale qui garantirait une représentation authentique des chrétiens. Les législatives seront organisées sur base de cette loi et la Chambre issue de ces élections élira ensuite le président de la République parmi les candidats les plus forts et les plus représentatifs et non pas en fonction d'une entente entre les principales forces politiques.
Pour M. Berry, un tel scénario est cependant hors de question. Même si une nouvelle loi électorale est votée, le président du Parlement assure devant qui veut l'entendre qu'il la gardera dans les tiroirs du Parlement jusqu'à ce qu'un nouveau président soit élu. Il part du principe que la Constitution accorde au chef de l'État le droit de renvoyer à l'Assemblée un texte de loi qu'il conteste et que cette prérogative ne peut pas être assumée par le Conseil des ministres. Passer outre cette compétence reviendrait à porter atteinte aux prérogatives présidentielles, estime le président de la Chambre. Un point de vue que défend également le Rassemblement consultatif de Michel Sleiman. S'il faut établir un ordre des priorités, les alliés de Michel Aoun préfèrent ainsi commencer par la présidentielle.


Dans certains milieux politiques, on reconnaît que les relations entre les composantes du 8 Mars se sont dégradées au point qu'une tension prévaut entre elles surtout depuis l'esclandre du chef de la diplomatie, Gebran Bassil, en Conseil des ministres et le recours du CPL à la rue, qu'il a voulu utiliser comme moyen de pression face à un Tammam Salam inébranlable.
Les critiques directes ou indirectes adressées par les responsables du Hezbollah et le chef des Marada, Sleimane Frangié, aux aounistes au lendemain de la minimanifestation aouniste devant le Sérail reflètent la tension qui prévaut au sein de cette alliance.
Selon certains observateurs, si un effort de rabibochage n'est pas fourni, la tension entre Michel Aoun et ses alliés risque de s'accentuer surtout au moment d'examiner le dossier des nominations sécuritaires. De mêmes sources, on n'exclut pas à ce moment-là des complications qui pousseraient le courant aouniste à réviser son positionnement, un repositionnement que faciliterait la signature de la déclaration d'intentions entre le CPL et les Forces libanaises, étant donné l'impact positif qu'elle a eu sur la rue chrétienne et son écho positif à Bkerké et même au Vatican.


D'aucuns estiment aussi que l'absence d'une position chrétienne unifiée par rapport à l'organisation d'une réunion parlementaire sur base du principe de la nécessité législative retarde elle aussi une éventuelle rencontre Aoun-Berry, le CPL faisant front avec les FL pour que la nouvelle loi électorale et la loi permettant aux émigrés libanais de récupérer leur nationalité d'origine soient votées.

 

Lire aussi

Le coup de gueule du mufti jaafari : Il n'y a plus d'hommes au Liban

Jreige et Chaptini chez Salam : Le mandat donné au gouvernement en l'absence d'un président est bien précis

Quoique indisposé par les dernières positions en flèche de son allié aouniste, le Hezbollah s'efforce de rétablir les ponts coupés depuis plusieurs mois entre Rabieh et Aïn el-Tiné. Ces efforts se sont jusque-là soldés par un échec et des retrouvailles entre le président de la Chambre, Nabih Berry, et le chef du Courant patriotique libre (CPL), Michel Aoun, ne sont pas prévues pour bientôt.Pour le parti chiite, ces retrouvailles sont pourtant importantes, voire capitales, dans la mesure où elles peuvent raviver la cohésion perdue au sein du camp du 8 Mars. Le Hezbollah mise sur une rencontre Berry-Aoun pour pouvoir organiser une réunion élargie entre les leaders de cette alliance, à savoir Hassan Nasrallah (Hezbollah), Nabih Berry (Amal), Michel Aoun (CPL) et Sleimane Frangié (Marada) au cours de laquelle une entente...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut