Les banques grecques auront également besoin d’une recapitalisation qui devrait intervenir d’ici à la fin de l’année, a indiqué le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos en commission parlementaire. Louisa Gouliamaki/AFP
Le Parlement grec s'apprêtait hier à adopter un deuxième train de mesures controversées, réclamées par les créanciers du pays, qui risque d'aggraver la crise au sein du parti de la gauche radicale Syriza d'Alexis Tsipras et de fragiliser la majorité de son gouvernement.
Les 300 députés grecs ont entamé vers 22h00 (heure de Beyrouth) l'examen des projets de loi présentés en procédure d'urgence, alors qu'à l'extérieur du Parlement s'achevait un rassemblement d'opposants au nouveau plan d'aide conclu entre la Grèce et ses créanciers.
Une poignée de manifestants a lancé à la fin de la manifestation quelques projectiles et un cocktail Molotov en direction des forces de l'ordre qui n'ont pas répliqué. La place du Parlement a ensuite retrouvé son calme. Des échauffourées avec la police avaient émaillé la semaine dernière la manifestation contre le premier train de mesures dont le vote avait été exigé par les créanciers deux jours après l'accord à l'arraché conclu le 13 juillet sur un troisième plan à la Grèce.
« Le gouvernement n'entend plus le peuple », sont venus dire en début de soirée, parmi 6 000 manifestants, Katerina Sergidou et Georges Kokkinavis, deux trentenaires membres du courant le plus à gauche du parti Syriza du Premier ministre Alexis Tsipras. Ils dénonçaient « le pire mémorandum jamais vu », du nom donné en Grèce aux programmes internationaux d'assistance financière octroyés à la Grèce depuis 2010.
C'est contre ces contestataires de l'intérieur qu'Alexis Tsipras va de nouveau batailler au cours des débats précédant le vote.
Comme mercredi dernier, le second paquet attendu par les créanciers devait être adopté à une large majorité. Il porte cette fois sur une réforme de la justice civile et la transposition d'une directive européenne sur les banques et la coalition gouvernementale comprenant la gauche radicale Syriza ainsi que les députés du petit parti souverainiste Grecs indépendants (Anel) pourra encore compter sur les votes de l'opposition.
Les premières mesures – hausse de taxes et de cotisations – exigées par les partenaires européens avaient été adoptées la semaine dernière par 229 voix sur les 300 de l'Assemblée. Mais la défection de plus d'un cinquième des députés du Syriza a fait passer la majorité gouvernementale de 162 députés – 149 du Syriza et 13 d'Anel – à 123 voix.
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Objectif mi-août
Alexis Tsipras a haussé le ton contre les frondeurs. Six mois après son arrivée au pouvoir, il a exclu du gouvernement les ministres qui avaient refusé de valider des mesures de rigueur allant à l'encontre de toutes les promesses faites par Syriza. Mardi, il leur a reproché de n'avoir « aucune proposition alternative ». La porte-parole du gouvernement s'est voulue rassurante mercredi, estimant que « le climat était meilleur que la semaine dernière », au sein de la majorité.
Fort d'une grande popularité dans les sondages, Alexis Tsipras sera contraint de trancher face aux frondeurs, jugent les analystes, tablant sur la tenue de législatives anticipées.
La priorité du Premier ministre est cependant la finalisation du troisième plan d'aide à la Grèce d'environ 80 milliards d'euros. Dans la foulée du vote de mercredi, Athènes et ses créanciers vont reprendre leurs discussions. Le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Pierre Moscovici, a dit mercredi que Bruxelles visait une mise en forme du plan d'ici à « la deuxième quinzaine d'août ».
La Grèce a quasiment le même calendrier en tête car le pays, dont les caisses sont vides, doit rembourser 3,19 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 août, avant 1,5 milliard au FMI en septembre.
Ses banques, qui ont rouvert lundi après trois semaines de fermeture, auront également besoin d'une recapitalisation qui devrait intervenir d'ici à la fin de l'année, a indiqué le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos en commission parlementaire. Les retraits et les virements vers l'étranger restent soumis à de strictes mesures de contrôle des capitaux, en vigueur depuis fin juin.
La Banque centrale européenne a relevé hier le plafond des prêts d'urgence (ELA) accordés aux banques grecques, leur dernière source de financement réactivée après l'accord du 13 juillet.
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