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Économie - Finance

Les services numériques, nouvelle frontière de la banque de détail au Liban

L'innovation technologique constitue désormais un point de passage obligé pour permettre aux banques commerciales de continuer à croître dans un marché très concurrentiel. Telle était la principale conclusion de la première édition du sommet international de la banque de détail, organisé hier à Beyrouth.

« Le futur est désormais au paiement mobile », expose le responsable de la banque de détail à la Fransabank, Philippe el-Hajj. Photo : DR

Pour son premier évènement au Liban, l'association bancaire internationale Efma a réuni plus d'une centaine de professionnels de la banque de détail à l'hôtel Radisson de Beyrouth. « Ce sommet international s'inscrit dans une initiative régionale destinée à permettre aux acteurs du secteur de partager leurs points de vue et de discuter des évolutions à venir », affirme à L'Orient-Le Jour le directeur de la région Moyen-Orient d'Efma, Fahim uz Zaman.
Malgré une croissance économique en berne et les troubles politico-sécuritaires qui affectent le pays, la banque de détail n'a, à l'instar de l'ensemble du secteur, cessé de croître depuis l'ouverture des premiers départements dédiés à cette activité en 1995. Selon la Banque du Liban (BDL), le volume des crédits aux particuliers a par exemple connu une hausse de 12,1 % entre 2013 et 2014, pour représenter 34,78 % du PIB cette année là.

Mais pas question pour les professionnels de se reposer sur leurs lauriers : « L'immense compétitivité de ce secteur peut être qualifiée de spécificité libanaise. Il y a une soixantaine de banques au Liban, toutes sont très réactives et proposent les mêmes produits. La différenciation repose surtout dans la présentation du produit au client et l'utilisation des canaux de distribution adéquats », explique le responsable de la banque de détail à la Fransabank, Philippe el-Hajj. Une approche globale qu'ils repensent tous à l'aune de l'intégration des nouvelles technologies dans la distribution de leurs services bancaires, et notamment dans la téléphonie mobile. « Il est aujourd'hui très difficile de créer un nouveau produit et une multitude de produits bancaires entraînent une baisse de la qualité du service. Ce ne sont donc plus sur les produits qui sont vecteurs d'innovation mais leurs canaux de distribution, et notamment le smartphone », renchérit Élias Aractingi, responsable de la banque de détail de la BLOM Bank.

Réputation ou innovation ?
Et cette conversion technologique permettrait également, selon la plupart des intervenants, de répondre à d'autres défis de taille. D'abord, un cadre réglementaire toujours plus strict et abondant. Par exemple, la BDL a émis fin août 2014 une circulaire intermédiaire (n°369) pour limiter les risques de surendettement et réglementer l'octroi des crédits à la consommation. Celle-ci définit des plafonds à l'allocation de crédits et des normes plus strictes en matière de modalités de remboursement des prêts aux particuliers (prêts au logement, crédits automobiles, prêts étudiants et crédits renouvelables). S'il est difficile de déterminer exactement l'impact de cette circulaire sur l'activité de crédit à la consommation, la croissance de cette dernière a connu un léger infléchissement (- 0,88 %) au début de l'année.
Surtout, les professionnels craignent que cette inflation normative constitue un frein pour l'innovation. « Le développement des activités bancaires est encore tributaire de très nombreuses procédures administratives. Pour les réduire, la BDL doit jouer un rôle moteur à la numérisation des services. Mais cela dépend aussi du législateur qui doit adopter en temps voulu les lois permettant de le faire, comme celle sur la signature électronique », rappelle Élias Aractingi. Une invitation déjà saisie par la Banque centrale qui a autorisé, début juillet, les transferts de fonds interbancaires via les appareils mobiles. Pour autant, Najib Anwar Choucair, directeur du département bancaire au sein de la BDL, tient à rappeler à l'audience que « si la réputation du système bancaire n'est plus à faire, nous ne voulons pas risquer de la compromettre avec de nouveaux services mobiles qui ne seraient pas assez sécurisés. »

Survie
Enfin, la numérisation des services permettrait de mieux répondre aux changements démographiques qui caractérisent la demande : « Les jeunes d'aujourd'hui sont nos clients de demain et il faut donc maximiser l'utilisation de nouvelles technologies pour les fidéliser à la banque », souligne Élias Aractingi.
Toutefois, le principal défi à relever à travers la numérisation des services reste encore à venir. « Les Fintech sont les véritables menaces de la banque de détail aujourd'hui ; ce sont des start-up qui utilisent la technologie pour repenser les services bancaires, de la gestion d'épargne aux prêts pour les particuliers, en passant par le financement des entreprises ou le paiement en ligne. Pour l'instant, nous n'en comptons pas au Liban mais cela ne saurait tarder », présage Élie Abou Khalil, directeur du département développement des produits de détail à la Byblos Bank. « Aujourd'hui le monde a changé, et pour survivre, les banques ne peuvent pas passer à côté de ces canaux de distribution numérique. Nous avons déjà développé la banque en ligne, les services bancaires via mobile, le futur est désormais au paiement mobile, que ce soit pour les transferts d'argent ou même l'achat via mobile », ajoute Philippe el-Hajj.

 

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