Le député Robert Fadel.
Pour la 26e fois hier, le président de la Chambre, Nabih Berry, a ajourné, faute de quorum, la session parlementaire consacrée à l'élection d'un président de la République. La prochaine séance a été fixée au mercredi 12 août.
Le premier député est arrivé hier à 11h30, place de l'Étoile. La session a été retardée d'une demi-heure pour attendre l'arrivée d'autres députés dont le nombre final était de 45 parlementaires, alors que le quorum requis est de 86 députés, soit le deux tiers des membres du Parlement, pour pouvoir tenir une session consacrée à l'élection présidentielle
Faute de pouvoir élire un président, les députés qui se sont déplacés jusqu'à la place de l'Étoile ont tenu des réunions entre eux. L'une d'elles a rassemblé le chef du bloc parlementaire du Futur et ancien Premier ministre Fouad Siniora, le vice-président de la Chambre Farid Makari, le député et ministre Boutros Harb, le vice-président des Forces libanaises Georges Adwan et la députée Sethrida Geagea.
MM. Siniora, Adwan et Robert Fadel ont par ailleurs tenu des conférences de presse.
M. Siniora a regretté le fait que « l'on ne soit pas parvenu jusqu'à présent à élire un chef de l'État. L'élection présidentielle est la clé pour parvenir à débloquer la situation au Liban », a-t-il dit, mettant l'accent sur « la nécessité de libaniser l'échéance présidentielle ».
« Le Liban est influencé bien sûr par les événements dans la région et dans le monde, mais il faut aussi que les Libanais trouvent un terrain d'entente et parviennent à un consensus pour élire un chef de l'État. Jusqu'à présent, nous avons échoué dans l'élection d'un président de la République qui, selon la Constitution, joue un rôle de pivot pour rassembler un Libanais », a-t-il dit.
M. Siniora a évoqué l'accord nucléaire iranien, notant que « chaque État devrait avoir accès au nucléaire pour des buts pacifistes », dénonçant le fait « que l'on permette à Israël de développer ce genre d'armements ainsi que des armes de destruction massive ».
M. Adwan a, pour sa part, souligné la nécessité « d'ouvrir une session extraordinaire du Parlement et de donner la priorité à l'adoption d'une loi électorale ».
Se penchant sur l'élection d'un nouveau président, il a noté qu'il « existe deux points de vue, l'un stipule que les Libanais doivent être adultes et responsables et élire leur président, et l'autre invite à attendre des événements qui pourraient survenir à l'étranger, notamment en Irak ou en Syrie, ou encore les répercussions de l'accord nucléaire iranien ».
« Nous avons décidé en tant que libanais d'œuvrer dans l'intérêt du Liban », a-t-il dit, estimant que l' « alliance entre les Forces libanaises et le courant du Futur concrétise le fait de placer les intérêts du pays en tête des priorités ».
De son côté, Robert Fadel, député de Tripoli, a réaffirmé son « engagement en faveur de l'appel du 25 juin visant à mettre un terme au suicide collectif ». « J'ai déjà annoncé, il a y a deux mois, à partir du Parlement, que les parties politiques en conflit sont incapables de trouver des solutions, et pourtant le Liban demeure aujourd'hui dans l'œil du cyclone dans l'attente d'une solution qui viendrait de l'étranger. » M. Fadel a rappelé son initiative lancée le 25 juin dernier dans laquelle il invite « le patronat, les ouvriers, les syndicats, les professions libérales et les associations civiles à agir afin de sauver le pays ». « Malheureusement, ce message n'est pas parvenu aux hommes politiques. Preuve en est les choses qui n'ont pas changé dans le pays depuis », a-t-il souligné en conclusion.



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