Triste destin qu'est celui d'un État qui, plus de 70 ans après son indépendance, n'a toujours pas réussi à sortir de sa minorité! Triste tableau qu'est celui de ces peuplades assemblées en nations s'arrachant constamment les parts d'un pouvoir effrité! Triste réalité que celle d'une nation qui peine à se réaliser par peur d'offusquer, de blesser, de dépasser ce pacte de plus en plus caduc entre communautés fragmentées, en faveur de la naissance d'une véritable citoyenneté collective cimentée par une identité commune !
Le Liban n'est pas la France. Non. Il n'y a pas de Libanais-type dans le sens laïque et monoculturel du terme. Il n'est guère demandé à quiconque d'adorer tel dieu plutôt que tel autre, de s'habiller comme ci plutôt que comme cela, de manger ou boire ceci au lieu de cela, pour faire plus « français » (ou « libanais » dans notre cas). Non. Le Libanais est multiple. Il est libre de sa pensée, de sa foi et de ses agissements. Libre oui, mais responsable aussi. Responsable de la préservation de cette diversité. Vivre à la libanaise en somme, c'est vivre sa diversité tout en acceptant celle de l'autre.
Selon le grand philosophe français Pascal, la vie humaine serait divisée en trois ordres : la vie de la chair, celle de la charité et celle de l'esprit. En langage moderne cela donnerait : le matériel, le religieux et le culturel. Notre pays a la particularité (et la chance, surtout au regard de notre région) de permettre à chaque individu de mener une vie qui lui est absolument personnelle à ces trois niveaux-là. Cependant, le problème réside en l'utilisation de ces composantes de l'être à des fins purement politiques. Nous assistons en effet tous les jours à l'empiètement de la sphère politique sur les libertés personnelles les plus fondamentales, et ce en faisant des revendications matérielles, religieuses et culturelles un droit de communauté, alors qu'il s'agit en réalité d'un droit individuel. Aujourd'hui, nul ne peut réfléchir, se mouvoir, se réaliser en dehors de la maison communautaire.
Cette confusion entre droit individuel et droit communautaire se perpétue et s'accentue avec le temps, scindant ainsi la population en individus-confessionnels au lieu de créer des individus tout court ayant des appartenances matérielles, religieuses, culturelles différentes. Les conséquences en sont tout aussi graves que nombreuses. Les crises politiques, économiques et sociétales se succèdent. La machine démocratique tourne mal ou pas du tout. La population éduquée fuit. L'espoir est simplement inexistant. Le futur non plus. Alors que la France se base sur un ensemble de valeurs (liberté, égalité, fraternité), une histoire riche d'événements et courants variés allant de l'universalisme des lumières et la république à la dimension catholique et monarchique, le Liban souffre d'un manque de repères unificateurs et gagnerait à en acquérir.
Or, le pays du Cèdre porte aussi sa part de valeurs
(diversité, respect, neutralité), d'histoire (la Phénicie, les diverses communautés, l'émirat du Mont-Liban, la guerre sanglante, etc.) et de courants de pensées (la renaissance intellectuelle de 1860-1960, le phénicianisme de Charles Corm et Saïd Akl, le panarabisme nassérien, le pansyrianisme, etc.). La dimension intellectuelle et historique de l'homo-libanus est donc bel et bien présente et ancrée dans l'ADN de tout un chacun. Il ne manquerait plus que sa mise en application politique grâce à un remodelage du système éducatif dans un premier temps, entraînant dans un second temps un changement de mentalité global, débouchant enfin sur une métamorphose du système et donc de l'État.
Si toutefois cette entreprise audacieuse essuie un échec, ce devra être l'ultime. Il ne nous restera alors plus que la séparation. Soit le mariage, soit le divorce ! Telle devrait être la formule de notre futur proche. La demi-mesure n'a plus sa place dans ce Moyen-Orient de plus en plus impitoyable et barbare. Il faut trancher, et aujourd'hui avant demain ! Trancher entre une sculpture de l'État hétérogène mais fort et l'éclatement clair et simple en plusieurs sous-entités homogènes mais faibles. L'individu est la mesure de tout en fin de compte.
L'essentiel c'est qu'il se matérialise en toute liberté et sécurité sur la terre de ses ancêtres dont il a le devoir de préserver l'héritage.
Emmanuel RAMIA


Depuis cette catastrophe en ce "Croissant Fertilisé", tous les éléments constitutifs prévisibles et prévus ; i.e. 1 flambée sunnite, des frottements sunnito-chïïtiques, l'implosion d'1 État écartelé entre ses diverses composantes conFessionnelles et encore + largement l'incandescence d'1 Sain Libanais humilié et offensé ; commencent à s'articuler face à des oppresseurs fakkîhàRienisés qui ne pourront jamais les maîtriser. Faut évidemment aider les peuples de ce pays comme du temps des Hariri. Car ce patelin qui saigne, qui suffoque et qui, dans le meilleur des cas, va réussir à se remettre à genoux avant même de songer à se redresser, doit impérativement être défendu comme l’avait fait Rafîk face à ces moult États-Salauds qui, apparemment, n'avaient rien à refuser au (c)hébél-lionceau aSSadiot. Mais il paraît qu'agir de la sorte, c'est 1 décision, yîîîh, stratégique. Soit. Et alors ? Pour l'instant, certains paraissent privilégier, c'est sans doute tac-tîîîc, le fait de regarder ailleurs ! L’aide, façon Hariri, c'est bien. L’aide minime, c'est pas mal non plus ; pour dire que ce bled ré-accablé par ces bääSSdiots et fakkîhdiots depuis le départ de Sääd, risque de devenir le pays le + miséreux de ce croissant fertile. Une entité sectaire et chaotique ingouvernable, 1 presque-nation exsangue et abandonnée par l'espoir ! Bref, 1 pays martyr comme Rafîk, et qui fait penser étrangement à ce Grand-Liban du temps de la guerre civile d’ici entre ces chréti(e)ns et ces musul(ment)ans.
07 h 35, le 16 juillet 2015