Dans la montée de La Pierre-Saint-Martin, une station des Pyrénées-Atlantiques, Chris Froome (en tête sur la photo) a assuré son maillot jaune dans une échappée au rythme effréné. Ses poursuivants n’ont pu que constater les dégâts... Lionel Bonaventure/AFP
Le coureur britannique Chris Froome a assommé le Tour de France cycliste dès la première arrivée au sommet, hier, dans la 10e étape de la Grande Boucle, qu'il a dominée outrageusement dans la montée de La Pierre-Saint-Martin. Froome, qui a assuré son maillot jaune, a distancé de plus d'une minute le cycliste colombien Nairo Quintana, devancé pour la deuxième place par un... coéquipier de Froome, le coureur australien Richie Porte.
Le premier col hors catégorie du Tour 2015 a provoqué de très gros dégâts, surtout après le démarrage de Froome à 6,5 kilomètres du sommet en conclusion du travail de son équipe Sky, très supérieure à ses rivales. Le champion d'Italie, Vincenzo Nibali, vainqueur sortant, a été débordé très tôt dans l'ascension finale (15,3 km à 7,4 % de pente moyenne), à plus de 10 kilomètres de la ligne. Il a perdu pour finir près de quatre minutes et demie et toute chance, sauf coup de théâtre, d'arriver en jaune à Paris. Le cycliste espagnol Alberto Contador, autre favori, a cédé près de trois minutes au sommet, dans l'écrin de roches de calcaire blanchâtre qui enserre la station des Pyrénées-Atlantiques. Quintana, le dernier à tenir la roue du Britannique, a été asphyxié par le rythme effréné du vainqueur du Tour 2013 malgré la pente. Le grimpeur andin pointe désormais à 3'09'' de Froome au classement général et à 17'' du cycliste américain Tejay Van Garderen, toujours 2e.
Sur la partie haute de la montée, plus roulante pour rejoindre l'altitude de 1 610 m, tout près de la frontière franco-espagnole, Froome a creusé sensiblement l'écart pour enlever son premier succès depuis le départ d'Utrecht (Pays-Bas). Et Porte a assuré le doublé à la formation Sky. Dans un chamboulement complet de la hiérarchie par rapport à l'année passée, les trois coureurs présents sur le podium final de 2014 ont perdu pied dès la première étape de montagne, sous le soleil des Pyrénées.
Plus loin encore que Nibali, Jean-Christophe Péraud (2e en 2014) a lâché plus de cinq minutes et demie. Quant à Thibaut Pinot (3e l'an passé), il a franchi la ligne en roue libre dix minutes après l'intenable « Kényan blanc ».
(Source : AFP)
« Je suis fier d'être propre »
Chris Froome s'est dit, hier, « fier d'être arrivé à ce niveau en étant propre ». « J'ai essayé de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour être le porte-parole d'un cyclisme propre », a déclaré le Britannique après la course. « J'ai parlé avec la commission d'enquête (sur le dopage des années passées), j'ai fait des suggestions au gouvernement du cyclisme pour qu'on ait des contrôles la nuit (...). Ce serait différent si j'avais quelque chose à cacher (...). Mais il faut me respecter, j'ai travaillé dur pour être là où je suis », a-t-il ajouté. Lors de sa première victoire dans le Tour, en 2013, Froome avait dû affronter la suspicion, notamment après sa performance sur les pentes du mont Ventoux.


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