Le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, s'est entretenu hier avec des représentants des agriculteurs, des routiers, des transporteurs maritimes et des exportateurs de produits agricoles afin de décider des modalités d'utilisation de l'enveloppe débloquée par le gouvernement pour soutenir les exportations libanaises vers les pays arabes. Fixée pour une période de 7 mois, celle-ci s'élève à 21 milliards de livres – et non 21 millions de dollars comme l'avait précédemment indiqué l'Agence nationale d'information. Cette somme est destinée à couvrir le surcoût lié aux exportations des marchandises par voie maritime, vraisemblablement à bord de rouliers (navire pouvant transporter des camions) loués par les exportateurs pour contourner la Syrie et la Jordanie. Si aucun choix définitif n'a été encore arrêté, la solution envisagée par le gouvernement semble exclure la location directe de navires par l'État, selon une source proche du ministère.
M. Chehayeb a assuré « qu'une décision viable et économique serait adoptée dans les plus brefs délais ». Selon un rapport produit en juin par l'Autorité de développement des investissements au Liban (Idal) à la demande du ministère de l'Industrie, les agriculteurs exportent la majeure partie de leur production annuelle, essentiellement périssable, entre les mois de juillet et d'octobre. « Entre 900 et 1 000 tonnes de produits agricoles doivent quitter le Liban chaque jour », a martelé le ministre, avant de rappeler que pour « pouvoir répondre efficacement aux besoins des agriculteurs, le pays devrait être en mesure d'envoyer deux rouliers par semaine ». « Les exportations libanaises accusent déjà un déficit de 500 milliards de livres par rapport à la même période en 2014 », a-t-il enfin déclaré.
Le ministre a également affirmé avoir demandé au gouvernement égyptien de faciliter le transit des marchandises libanaises par camion entre Port-Saïd et Safaga, entre autres mesures motivées par les circonstances exceptionnelles auxquelles le Liban doit faire face, suite à la fermeture du poste frontière syro-jordanien de Nassib. De là les ports saoudiens d'Aqaba, de Djeddah ou de Duba pourront servir de voie de transit pour les produits libanais vers les pays du Golfe.
P.H.B.
Économie - Commerce
Subventions aux exportations : la formule définitive bientôt adoptée
OLJ / Par P.H.B., le 07 juillet 2015 à 00h00

