Cinquante États ont signé hier à Pékin l'accord entérinant les statuts de la Banque asiatique de développement (AIIB) lancée à l'initiative de la Chine, qui disposera d'un poids prédominant dans l'institution.
Ces 50 États auront le statut de membres fondateurs. Dotée d'un capital de 100 milliards de dollars, elle doit être opérationnelle d'ici à décembre et contribuer à financer des infrastructures en Asie.
C'est un succès diplomatique pour Pékin, qui a réussi, au-delà de l'Asie et des pays émergents, à rallier une vingtaine de pays occidentaux. Mais pas les États-Unis, ni le Japon, respectivement 1re et 3e économies mondiales.
La nouvelle structure constitue de facto un contrepoids au contrôle exercé par les États-Unis sur la Banque mondiale (BM) et – aux côtés du Japon – sur la Banque asiatique de développement (BAD). Et Pékin ne cache pas son intention d'en faire un instrument de « soft power », dont profiteront ses entreprises en quête de débouchés internationaux.
Le fonctionnement de la AIIB, basée à Pékin, accorde à la Chine un rôle prédominant, du fait même qu'elle en est, de très loin, le plus important contributeur, avec environ 30 % des parts permettant à Pékin d'obtenir 26 % des droits de vote, selon le gouvernement. Or, la majorité qualifiée des trois quarts des voix des membres étant exigée pour certaines décisions structurelles, la Chine disposera ponctuellement d'une minorité de blocage. Pékin « recommandera un solide et puissant candidat » pour la présidence de la banque, a-t-il indiqué.
L'Inde est le deuxième contributeur de l'institution (8,4 %), devant la Russie (6,5 %). Parmi les États non asiatiques, l'Allemagne est le principal contributeur (4,5 %), suivie de la France (3,4 %).
(Source : AFP)

