Rechercher
Rechercher

Économie - Dette

Grèce : le jour « G » pour un accord ?

Malgré une semaine de détente affichée entre la Grèce et ses créanciers, les propositions des deux parties restent très éloignées. Pour éviter un défaut de paiement mardi, Athènes doit sans doute arriver à un accord aujourd'hui, le temps pour les Parlements concernés de l'avaliser.

Hier matin, le dirigeant grec M. Tsipras a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande. Le tandem franco-allemand lui a enjoigné de saisir la main tendue. John Thys/AFP

La Grèce et ses créanciers internationaux n'ont toujours pas trouvé d'accord hier et la menace d'un défaut imminent se précise, renforçant le caractère d'urgence de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui se tiendra aujourd'hui.
Les dirigeants européens ont mis une pression maximale sur la Grèce hier pour qu'elle accepte ce week-end un accord qui lui assurerait sous condition une aide de 12 milliards d'euros jusque fin novembre et lui éviterait le défaut de paiement. Mais le gouvernement grec résiste toujours, faisant savoir que ce plan « ne peut être accepté » en l'état, notamment à cause d'un financement jugé « tout à fait insuffisant ».
Les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir aujourd'hui en urgence, pour la cinquième fois en moins de dix jours, pour tenter de trouver une issue. La réunion doit commencer à midi à Bruxelles. La probabilité d'un accord sur la Grèce, « c'est environ du 50-50 », a estimé hier le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, en marge d'un discours à Francfort.
Athènes doit rembourser mardi sans faute quelque 1,5 milliard d'euros (1,7 milliard de dollars) au Fonds monétaire international. Derrière un possible défaut sur cette échéance se profile un possible « Grexit », sortie de la Grèce de la zone euro redoutée de tous.
Mais Athènes ne pourra honorer sa dette sans perfusion financière. Européens et FMI ont ainsi mis sur la table une proposition prévoyant une extension de cinq mois du programme d'aide dont bénéficie la Grèce et qui expire mardi, et un paquet d'au moins 12 milliards d'euros (16,7 milliards de dollars) à verser en quatre temps jusqu'en novembre, selon un document qui a fuité hier. Il ne s'agit pas d'argent frais, insistait-on dans certaines capitales européennes. Les fonds sont déjà alloués dans le cadre du programme actuel et seraient redirigés. L'essentiel viendrait d'une enveloppe de 10,9 milliards d'euros (12,1 milliards de dollars) initialement mise de côté pour les banques hellènes.
La réaction d'Athènes à cette nouvelle offre, qualifiée d'« exceptionnellement généreuse » par la chancelière allemande Angela Merkel, a été sévère. Les principes européens « n'ont pas été fondés sur le chantage et les ultimatums », a d'abord déclaré à Bruxelles le Premier ministre grec Alexis Tsipras, avant que le gouvernement ne publie une note de rejet.
« La proposition des institutions (UE, FMI) (...) au gouvernement grec était de légiférer (immédiatement sur des mesures profondément récessives...) en tant que condition d'un financement sur cinq mois, cependant tout à fait insuffisant », déplore-t-il. Le gouvernement assure que cette proposition, en laissant « un important trou de financement », « mènerait à une nouvelle négociation difficile et un nouveau mémorandum (d'austérité, NDLR) à la fin de l'année », dont il ne veut pas.

Washington s'inquiète
Malgré tout, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a assuré que la proposition des créanciers « n'est pas à prendre ou à laisser », affirmant voir toujours « une possibilité réelle de conclure un accord » dans les temps. « Samedi est une journée cruciale non seulement pour la Grèce, mais aussi pour l'ensemble de la zone euro », a-t-il ajouté.
Dans ce cas, selon la proposition d'accord obtenue par l'AFP, quelque 1,8 milliard d'euros (2 milliards de dollars) pourraient être versés « dès que le Parlement grec aura voté par une résolution l'accord avec les institutions ». Cette somme permettrait à la Grèce d'éviter le défaut de paiement mardi.
Idéalement, si Athènes et ses créanciers se mettaient d'accord aujourd'hui, le Parlement grec pourrait se prononcer dimanche, et lundi ce serait au tour du Bundestag, Chambre basse du parlement allemand, qui doit aussi donner son aval, a suggéré une source européenne au fait des discussions.
Hier matin, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont rencontré M. Tsipras, le tandem franco-allemand enjoignant au dirigeant grec de saisir la main tendue.
La Grèce réclame aussi depuis des mois un aménagement de la dette colossale du pays. Ses partenaires refusent d'en parler pour le moment, mais Athènes a reçu hier l'appui de Washington, où le secrétaire d'État au Trésor Jack Lew a plaidé pour « une forme de restructuration de la dette grecque ». Il s'est inquiété du « risque d'un accident » alors que la date du 30 juin approche, assurant que « l'économie mondiale n'a pas besoin d'un nouveau choc ». Ces incertitudes amèneront les ministres des Finances de la zone euro à discuter aussi aujourd'hui d'un « plan B » si la Grèce refuse d'accepter l'accord, ont indiqué hier des sources européennes, selon lesquelles les créanciers sont un peu « démoralisés ».

La Grèce et ses créanciers internationaux n'ont toujours pas trouvé d'accord hier et la menace d'un défaut imminent se précise, renforçant le caractère d'urgence de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui se tiendra aujourd'hui.Les dirigeants européens ont mis une pression maximale sur la Grèce hier pour qu'elle accepte ce week-end un accord qui lui assurerait sous condition une aide de 12 milliards d'euros jusque fin novembre et lui éviterait le défaut de paiement. Mais le gouvernement grec résiste toujours, faisant savoir que ce plan « ne peut être accepté » en l'état, notamment à cause d'un financement jugé « tout à fait insuffisant ».Les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir aujourd'hui en urgence, pour la cinquième fois en moins de dix jours, pour tenter de trouver...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut